De l'Atome à la Puce
✅ Poly de TD · De l'atome à la puce · 2026-2027

Tout le poly de TD, corrigé.

Les 11 TD du livret d'exercices : les exercices « Travaux dirigés » que le poly ne corrige pas, les applications directes dont le corrigé a été revu (erreurs signalées) et les exercices supplémentaires. Pour chacun, tout le raisonnement : ce qu'on cherche, quelle loi s'applique et pourquoi, d'où vient la formule, le calcul complet avec les unités, puis la vérification du résultat, les pièges et le regard d'ingénieur. Les formules sont écrites comme sur une copie (vraies fractions, racines, indices, systèmes).

87
Exercices
23
TD non corrigés dans le poly
11
TD
TD non corrigé dans le poly AD application directe, corrigé du poly revu ES exercice supplémentaire
1 · Chercher d'abordAu moins 10 minutes, schéma recopié, sans rien ouvrir. Bloqué ? Relisez le chapitre du cours (lien en tête de chaque TD).
2 · Ouvrir la méthodeLe bloc 💡 explique la démarche et la physique derrière (quelle loi, quel modèle, pourquoi). Reprenez avec cette seule indication.
3 · ComparerLe bloc ✅ déroule chaque question étape par étape : formule encadrée avec ses symboles, calcul avec unités, contrôle du résultat. Repérez l'endroit exact où vous avez bloqué.
4 · Refaire et cocherRefaites l'exercice seul quelques jours plus tard, puis cliquez « Marquer fait ». La progression reste sur cet appareil.
Sommaire

Onze TD, dans l'ordre du poly

Toutes les valeurs ont été recalculées (plus de 240 contrôles numériques) et les schémas relus sur le PDF. Quand le corrigé du poly contient une erreur, un encadré « Erreur du poly » l'explique et donne la bonne valeur.

TD 1 · Poly \(p\). 5-9

Résistivité et capacité

Tout le TD repose sur trois relations. \(R=\dfrac{\rho\,\ell}{S}\) (résistance d'un conducteur homogène) ; \(j=\sigma E=n\,e\,v\) (loi d'Ohm locale et lien avec les porteurs, où \(v=\mu E\) est la vitesse de dérive) ; \(C=\dfrac{\varepsilon_0\varepsilon_r S}{e}\) (condensateur plan). Le piège \(n\)° 1 est l'homogénéité des unités : on choisit un système (tout en mètres ou tout en centimètres) et on s'y tient. Revoir le cours (ch. 1)

Ex 1.1

Cuivre ou aluminium pour une ligne électrique ?

AD1.1
On relie deux villes distantes de \(\ell\) par une ligne électrique, en limitant au maximum les pertes par effet Joule, avec une masse de métal imposée. Aluminium : masse volumique \(2{,}7\,\mathrm{g}/cm^{3}\), résistivité \(2{,}85\,\mu \Omega \cdot\)cm. Cuivre : \(8{,}96\,\mathrm{g}/cm^{3},\,\allowbreak 1,\,\allowbreak 73\,\mu \Omega \cdot\)cm. Quel métal choisir ?
💡 Méthode et raisonnement

Traduire la question en grandeur physique. « Limiter les pertes Joule » : la puissance perdue dans la ligne est \(P=R\,I^2\). Le courant \(I\) est fixé par ce que la ville consomme, donc il faut minimiser la résistance \(R\) de la ligne.

Repérer ce qui est fixé et ce qui est libre. La longueur \(\ell\) est imposée (distance entre les villes), la masse \(m\) aussi. La seule liberté est la section \(S\) du câble, et c'est la masse qui la fixe : plus le métal est léger, plus on peut faire un câble épais avec la même masse.

Stratégie : exprimer \(S\) en fonction de \(m\), remplacer dans \(R=\dfrac{\rho\ell}{S}\), et voir quelle propriété du matériau reste dans la formule.

✅ Correction détaillée
  1. Relier la section à la masse imposée

    La masse d'un câble est sa masse volumique multipliée par son volume, et le volume d'un cylindre est section \(\times\) longueur :

    \(m=m_0\,V=m_0\,S\,\ell\ \Longrightarrow\ S=\dfrac{m}{m_0\,\ell}\)\(m_0\) : masse volumique (notée \(m_0\) pour ne pas la confondre avec la résistivité \(\rho\))

    À masse fixée, un matériau deux fois plus léger donne donc un câble deux fois plus gros.

  2. Remplacer dans la résistance

    La résistance d'un conducteur homogène de longueur \(\ell\) et de section \(S\) est \(R=\dfrac{\rho\ell}{S}\) : elle augmente avec la longueur (les électrons « frottent » plus longtemps) et diminue avec la section (plus de chemins en parallèle).

    \[\begin{aligned}R &= \frac{\rho\,\ell}{S}\\ &= \frac{\rho\,\ell}{\dfrac{m}{m_0\ell}}\\ &= \frac{\rho\,m_0\,\ell^2}{m}\end{aligned}\]

    \(\ell\) et \(m\) sont les mêmes pour les deux métaux. Il ne reste qu'une grandeur propre au matériau : le produit \(\rho\,m_0\). Le meilleur métal est celui qui a le plus petit \(\rho\,m_0\) (c'est une « figure de mérite »).

  3. Application numérique

    Pas besoin de convertir : on compare deux nombres exprimés dans les mêmes unités \(\left(\mu \Omega \cdot cm\,\times \,\frac{g}{cm^{3}}\right)\).

    \[\begin{aligned}(\rho\,m_0)_{\text{Al}}&=\rho_{\text{Al}}\,m_{0,\text{Al}}=2{,}85\times2{,}7=7{,}7\\(\rho\,m_0)_{\text{Cu}}&=\rho_{\text{Cu}}\,m_{0,\text{Cu}}=1{,}73\times8{,}96=15{,}5\\\frac{R_{\text{Cu}}}{R_{\text{Al}}}&=\frac{(\rho\,m_0)_{\text{Cu}}}{(\rho\,m_0)_{\text{Al}}}=\frac{15{,}5}{7{,}7}\approx2{,}0\end{aligned}\]
  4. Interpréter

    L'aluminium conduit moins bien (\(\rho\) 1,65 fois plus grand), mais il est 3,3 fois plus léger : avec la même masse on lui donne une section 3,3 fois plus grande. Le gain de section l'emporte : \(\tfrac{S_{\text{Al}}/S_{\text{Cu}}}{\rho_{\text{Al}}/\rho_{\text{Cu}}}=\tfrac{3{,}3}{1{,}65}=2\). La ligne en aluminium a une résistance deux fois plus faible, donc deux fois moins de pertes.

RéponseL'aluminium : à masse égale, sa résistance (et ses pertes Joule) est environ deux fois plus faible que celle du cuivre.
PiègeComparer seulement les résistivités (« le cuivre conduit mieux, donc cuivre ») revient à raisonner à section égale. La réponse dépend de la contrainte : à section imposée (câble dans une gaine, piste de circuit imprimé), c'est le cuivre qui gagne.
Culture ingénieurC'est pourquoi les lignes haute tension aériennes sont en aluminium (avec une âme en acier pour la tenue mécanique : on paie le poids des pylônes), alors que le cuivre domine dans les bâtiments et l'électronique, où c'est l'encombrement qui compte.
Ex 1.2

Résistivité d'un cuivre qui contient des impuretés

AD1.2-1.3
Cuivre commercial : Fe 100 ppm, Cr 100 ppm, Ag 400 ppm (ppm atomiques). Conductivité du cuivre pur à \(20^{\circ}\mathrm{C}\) : \(\sigma_0=5{,}97\cdot10^5\ \Omega^{-1}\cdot\text{cm}^{-1}\). La figure 1.1 donne l'augmentation de résistivité \(\Delta\rho\) en fonction de la concentration de chaque impureté. 1) Résistivité \(\rho_{\text{com}}\) du cuivre commercial. 2) Résistance d'un fil de \(100\,\mathrm{m}\) et de \(3\,\mathrm{mm}\) de diamètre.
💡 Méthode et raisonnement

Pourquoi des impuretés augmentent la résistivité ? Dans le modèle de Drude, un électron accélère sous l'effet du champ puis subit un choc qui le « remet à zéro ». Plus les chocs sont fréquents (temps moyen \(\tau\) court), plus la mobilité \(\mu=\dfrac{e\tau}{m}\) est faible et plus la résistivité est grande. Un atome étranger casse la régularité du cristal : c'est un obstacle supplémentaire.

Règle de Matthiessen : les différentes causes de chocs (vibrations du réseau, impuretés, défauts) agissent indépendamment, leurs taux de collision \(\tfrac1\tau\) s'additionnent, donc leurs contributions à la résistivité s'additionnent :

\(\rho=\rho_{\text{pur}}+\sum_i\Delta\rho_i\)règle de Matthiessen

Stratégie : lire chaque \(\Delta\rho\) sur la figure, les additionner, ajouter \(\rho_{\text{pur}}=\tfrac1{\sigma_0}\), puis appliquer \(R=\dfrac{\rho\ell}{S}\).

✅ Correction détaillée
AD1.2 — Résistivité du cuivre commercial
  1. Lire les contributions sur la figure

    Chaque courbe est une droite passant par l'origine : \(\Delta\rho\) est proportionnel à la concentration (tant qu'elle reste faible). On lit la valeur à 500 ppm et on applique une règle de trois (valeurs en \(\mu \Omega \cdot\)cm).

    \[\begin{aligned}\Delta\rho_i&=\Delta\rho_i(500\ \text{ppm})\times\frac{c_i}{500\ \text{ppm}}\\\text{Fe} :&\ \ 0{,}50\times\frac{100}{500}=0{,}10\\\text{Cr} :&\ \ 0{,}25\times\frac{100}{500}=0{,}05\\\text{Ag} :&\ \ 0{,}02\times\frac{400}{500}=0{,}016\approx0{,}02\\\Delta\rho&=\Delta\rho_{\text{Fe}}+\Delta\rho_{\text{Cr}}+\Delta\rho_{\text{Ag}}\\&=0{,}10+0{,}05+0{,}02\approx0{,}17\ \mu\Omega\cdot\text{cm}\end{aligned}\]

    (Le poly arrondit la contribution de l'argent à 0,02.) À concentration égale, le fer perturbe 25 fois plus que l'argent. L'argent a la même structure électronique externe que le cuivre (même colonne) : il déforme peu le cristal.

  2. Résistivité du cuivre pur

    Résistivité et conductivité sont inverses l'une de l'autre :

    \[\begin{aligned}\rho_0 &= \frac1{\sigma_0}\\ &= \frac{1}{5{,}97\cdot10^5}\\ &= 1{,}675\cdot10^{-6}\ \Omega\cdot\text{cm}\\ &= 1{,}675\ \mu\Omega\cdot\text{cm}\end{aligned}\]
  3. Appliquer Matthiessen
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\rho_{\text{com}}&=\rho_0+\Delta\rho\\ &=1{,}675+0{,}17\\ &=1{,}845\ \mu\Omega\cdot\text{cm}\end{aligned}\\[4pt] \frac{\rho_{\text{com}}}{\rho_0}=\frac{1{,}845}{1{,}675}=1{,}10\ \Rightarrow\ +10\,\%\end{gathered}\]

    Quelques centaines de ppm (0,06 % des atomes) suffisent à augmenter la résistivité de 10 % : c'est pourquoi le cuivre des câbles électriques est affiné par électrolyse (cuivre « OFHC » à 99,99 %).

AD1.3 — Résistance d'un fil de \(100\,\mathrm{m}\), diamètre \(3\,\mathrm{mm}\)
  1. Choisir les unités

    \(\rho\) est donné en \(\Omega \cdot\)cm : le plus sûr est de tout exprimer en centimètres. \(\ell=100\ \text{m}=10^4\ \text{cm}\) ; rayon \(r=1{,}5\ \text{mm}=0{,}15\ \text{cm}\).

    \[S=\pi r^2=\pi\times0{,}15^2=7{,}07\cdot10^{-2}\ \text{cm}^2\]
  2. Calculer \(R\)
    \(R=\dfrac{\rho\,\ell}{S}\)\(\Omega \cdot cm\,\times \,cm\,/\,cm^{2}=\Omega\) ✓
    \[\begin{aligned}R &= \frac{\rho_{\text{com}}\,\ell}{S}\\ &= \frac{1{,}845\cdot10^{-6}\times10^4}{7{,}07\cdot10^{-2}}\\ &= 0{,}26\ \Omega\end{aligned}\]

    Ordre de grandeur : un fil de cuivre de \(7\,\mathrm{mm}^{2}\) fait environ \(2{,}6\,\mathrm{m\Omega }\) par mètre, donc \(0{,}26\,\mathrm{\Omega }\) pour \(100\,\mathrm{m}\). Cohérent.

Réponses\(\rho_{\text{com}}\approx1{,}85\ \mu\Omega\cdot\text{cm}\) (+10 % par rapport au cuivre pur) ; \(R\approx0{,}26\ \Omega\).
Piège d'unitésMélanger \(\ell\) en mètres et \(\rho\) en \(\Omega \cdot\)cm donne un résultat faux d'un facteur 100. Écrire l'unité à côté de chaque nombre dans l'application numérique évite l'erreur.
Ex 1.3

Vitesse de dérive dans un thermistor en silicium

AD1.4-1.5
Thermistor en silicium intrinsèque, en forme de disque d'épaisseur \(e=4\ \text{mm}\). On applique \(U=1\ \text{V}\) entre ses deux faces. On rappelle \(\bar v=\mu E\) (mobilité des électrons dans le silicium \(\mu=0{,}14\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\)). 1) Vitesse de dérive des électrons. 2) Temps pour traverser l'épaisseur.
💡 Méthode et raisonnement

Vitesse de dérive. Sans champ, les électrons s'agitent en tous sens (vitesse thermique ~\(10^5\) \(\frac{m}{s}\)) mais leur vitesse moyenne est nulle. Un champ \(E\) ajoute une petite vitesse d'ensemble, proportionnelle au champ : c'est la vitesse de dérive \(\bar v=\mu E\). La mobilité \(\mu\) mesure la « facilité » d'un porteur à se déplacer dans le matériau.

Champ entre deux faces parallèles : comme dans un condensateur plan, le champ est uniforme et vaut \(E=\dfrac Ue\) (tension divisée par la distance).

✅ Correction détaillée
  1. Champ électrique dans le disque

    Le matériau est homogène et les faces parallèles : le potentiel décroît linéairement d'une face à l'autre, le champ est uniforme.

    \[E=\frac Ue=\frac{1\ \text{V}}{0{,}004\ \text{m}}=250\ \text{V/m}\]
  2. AD1.4 — Vitesse de dérive
    \(\bar v=\mu\,E\)\(\frac{m^{2}}{V\cdot s}\,\times \,\frac{V}{m}\Longrightarrow \frac{m}{s}\) ✓
    \[\bar v=\mu\,E=0{,}14\times250=35\ \text{m/s}\]
  3. AD1.5 — Temps de traversée

    Mouvement moyen à vitesse constante : distance = vitesse \(\times\) temps.

    \[\begin{aligned}t &= \frac{e}{\bar v}\\ &= \frac{0{,}004}{35}\\ &= 1{,}14\cdot10^{-4}\ \text{s}\\ &= 0{,}114\ \text{ms}\end{aligned}\]
Réponses\(\bar v=35\ \text{m/s}\) ; \(t\approx0{,}11\ \text{ms}\).
À retenirLa dérive (\(35\,\mathrm{m}/\,\mathrm{s}\) ici, quelques centièmes de \(\frac{mm}{s}\) dans un fil de cuivre) est lente devant l'agitation thermique (~\(10^5\) \(\frac{m}{s}\)). Un signal électrique se propage pourtant presque à la vitesse de la lumière : c'est le champ qui se propage, et tous les électrons du fil se mettent en mouvement presque en même temps.
Ex 1.4

Combien d'électrons traversent un fil de cuivre chaque seconde ?

AD1.6-1.7
Fil de cuivre de \(6\,\mathrm{m}\), diamètre \(5{,}6\,\mathrm{mm}\), résistivité \(\rho_0=1{,}54\cdot10^{-6}\ \Omega\cdot\text{cm}\) à \(0^{\circ}\mathrm{C}\), soumis à \(U=0{,}1\ \text{V}\). 1) Nombre d'électrons traversant une section du fil par seconde. 2) Même question à \(100^{\circ}\mathrm{C}\), où \(\rho_{100}=2{,}22\cdot10^{-6}\ \Omega\cdot\text{cm}\).
💡 Méthode et raisonnement

Définition du courant : \(I\) est la charge qui traverse une section par seconde. Chaque électron porte la charge \(e=1{,}6\cdot10^{-19}\ \text{C}\), donc le nombre d'électrons par seconde est :

\(N=\dfrac Ie=\dfrac{U\,S}{\rho\,\ell\,e}\)avec \(I=\dfrac UR\) et \(R=\dfrac{\rho\ell}{S}\)

Effet de la température : dans un métal, le nombre d'électrons libres ne change pas, mais les vibrations du réseau (phonons) augmentent et multiplient les chocs : \(\rho\) augmente. À \(U\) fixée, \(I=\dfrac UR\) diminue.

✅ Correction détaillée
AD1.6 — À \(0^{\circ}\mathrm{C}\)
  1. Données dans un seul système d'unités (le centimètre)
    \[\begin{gathered}S=\frac{\pi d^2}{4}=\frac{\pi\times0{,}56^2}{4}=0{,}246\ \text{cm}^2\\[4pt] \ell=600\ \text{cm}\end{gathered}\]
  2. Résistance puis courant
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R&=\frac{\rho_0\,\ell}{S}\\ &=\frac{1{,}54\cdot10^{-6}\times600}{0{,}246}\\ &=3{,}75\cdot10^{-3}\ \Omega\end{aligned}\\[4pt] I=\frac UR=\frac{0{,}1}{3{,}75\cdot10^{-3}}=26{,}7\ \text{A}\end{gathered}\]

    Un fil épais et court a une résistance de quelques milliohms : \(0{,}1\,\mathrm{V}\) suffit à faire passer \(27\,\mathrm{A}\).

  3. Nombre d'électrons par seconde
    \[\begin{aligned}N_0 &= \frac Ie\\ &= \frac{26{,}7}{1{,}6\cdot10^{-19}}\\ &= 1{,}66\cdot10^{20}\ \text{électrons/s}\end{aligned}\]
AD1.7 — À \(100^{\circ}\mathrm{C}\)
  1. Raisonner par proportionnalité

    \(N=\dfrac{US}{\rho\ell e}\) : seul \(\rho\) change (on néglige la dilatation du fil). \(N\) est inversement proportionnel à \(\rho\).

    \[\begin{aligned}N_{100} &= N_0\times\frac{\rho_0}{\rho_{100}}\\ &= 1{,}66\cdot10^{20}\times\frac{1{,}54}{2{,}22}\\ &= 1{,}15\cdot10^{20}\ \text{électrons/s}\end{aligned}\]
  2. Contrôle avec le coefficient de température

    Pour un métal, \(\rho(T)\approx\rho_0(1+\alpha\,\Delta T)\). Ici \(\tfrac{\rho_{100}}{\rho_0}=1{,}44\), donc \(\alpha=\tfrac{\rho_{100}/\rho_0-1}{\Delta T}=\tfrac{0{,}44}{100}=4{,}4\cdot10^{-3}\ \text{K}^{-1}\), proche de la valeur tabulée du cuivre (≈ \(4\cdot10^{-3}\ \text{K}^{-1}\)). Les données sont cohérentes.

Réponses\(1{,}66\cdot10^{20}\) électrons/\(s\) à \(0^{\circ}\mathrm{C}\) ; \(1{,}15\cdot10^{20}\) électrons/\(s\) à \(100^{\circ}\mathrm{C}\,(-31\%)\).
Erreur du polyLa ligne d'application numérique de l'AD1.6 écrit \(U=1\) (au lieu de \(0{,}1\,\mathrm{V}\)) et \(\ell=6\) (en \(m\), alors que \(\rho\) est en \(\Omega \cdot\)cm et \(S\) en \(cm^{2}\)). Telle qu'écrite, elle donnerait \(1{,}66\cdot10^{23}\). Le résultat final \(1{,}66\cdot10^{20}\) est juste : c'est la ligne intermédiaire qui est incohérente.
Ex 1.5

Conductivité, densité de courant, champ, vitesse de dérive

Q1.1-1.4 · non corrigé dans le poly
Conducteur cylindrique de rayon \(r=5\ \text{mm}\) et de longueur \(\ell=50\ \text{cm}\), soumis à \(U=12\ \text{V}\) et parcouru par \(i=0{,}1\ \text{A}\). Q1.1 conductivité ; Q1.2 densité de courant ; Q1.3 champ électrique ; Q1.4 vitesse de dérive, sachant que le conducteur contient \(N=10^{24}\) électrons libres.
💡 Méthode et raisonnement

On passe du macroscopique (\(U\), \(i\), \(R\) : ce qu'on mesure avec un multimètre) au local (\(E\), \(j\), \(\sigma\) : ce qui se passe en chaque point du matériau), puis au microscopique (\(n\), \(v\) : les porteurs).

  • Macroscopique → matériau : \(R=\dfrac Ui\), puis \(R=\dfrac{\ell}{\sigma S}\) donne \(\sigma\).
  • Local : dans un conducteur homogène, le courant est réparti uniformément (\(j=\dfrac iS\)) et le champ aussi (\(E=\dfrac U\ell\)). Contrôle : loi d'Ohm locale \(j=\sigma E\).
  • Microscopique : \(j=n\,e\,v\) relie la densité de courant au nombre de porteurs par \(m^{3}\) et à leur vitesse.
✅ Correction détaillée
Données\(r=5\cdot10^{-3}\ \text{m}\) ; \(\ell=0{,}5\ \text{m}\) ; \(U=12\ \text{V}\) ; \(i=0{,}1\ \text{A}\) ; \(N=10^{24}\)
On cherche\(\sigma\) ; \(j\) ; \(E\) ; \(v\)
Q1.1 — Conductivité
  1. Résistance mesurée et section
    \[\begin{gathered}R=\frac Ui=\frac{12}{0{,}1}=120\ \Omega\\[4pt]\begin{aligned}S&=\pi r^2\\ &=\pi\times(5\cdot10^{-3})^2\\ &=7{,}85\cdot10^{-5}\ \text{m}^2\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Conductivité

    \(R=\dfrac{\rho\ell}{S}=\dfrac{\ell}{\sigma S}\) : on isole \(\sigma\).

    \(\sigma=\dfrac{\ell}{R\,S}\)\(m\,/\,(\Omega \cdot m^{2})=\frac{S}{m}\) ✓
    \[\begin{gathered}\sigma=\frac{\ell}{R\,S}=\frac{0{,}5}{120\times7{,}85\cdot10^{-5}}=53\ \text{S/m}\\[4pt] \rho=\frac1\sigma=1{,}9\cdot10^{-2}\ \Omega\cdot\text{m}\end{gathered}\]

    C'est un million de fois moins conducteur que le cuivre (\(\sigma\approx6\cdot10^7\) \(\frac{S}{m}\)) : un mauvais conducteur, du type semi-conducteur dopé ou graphite.

Q1.2 — Densité de courant
  1. Courant par unité de surface

    La densité de courant \(j\) est le courant qui traverse \(1\,\mathrm{m}^{2}\) de section. Dans un conducteur homogène, le courant se répartit uniformément sur la section :

    \[\begin{aligned}j &= \frac iS\\ &= \frac{0{,}1}{7{,}85\cdot10^{-5}}\\ &= 1{,}27\cdot10^3\ \text{A/m}^2\end{aligned}\]
Q1.3 — Champ électrique
  1. Champ uniforme le long du conducteur
    \[E=\frac U\ell=\frac{12}{0{,}5}=24\ \text{V/m}\]

    Contrôle par la loi d'Ohm locale : \(j=\sigma E=53\times24=1{,}27\cdot10^3\ \text{A/m}^2\), on retrouve bien \(j\) ✓. C'est la même loi d'Ohm, écrite à deux échelles.

Q1.4 — Vitesse de dérive
  1. D'où vient \(j=n\,e\,v\) ?

    Pendant \(dt\), les électrons avancent de \(v\,dt\). Tous ceux contenus dans le cylindre de base \(S\) et de longueur \(v\,dt\) traversent la section : il y en a \(n\,S\,v\,dt\), qui portent la charge \(dQ=n\,e\,S\,v\,dt\). Donc \(i=\dfrac{dQ}{dt}=n\,e\,S\,v\), soit \(j=n\,e\,v\).

  2. Densité volumique d'électrons
    \[\begin{gathered}V=S\,\ell=3{,}93\cdot10^{-5}\ \text{m}^3\\[4pt]\begin{aligned}n&=\frac NV\\ &=\frac{10^{24}}{3{,}93\cdot10^{-5}}\\ &=2{,}55\cdot10^{28}\ \text{m}^{-3}\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Vitesse
    \[\begin{aligned}v &= \frac{j}{n\,e}\\ &= \frac{1{,}27\cdot10^3}{2{,}55\cdot10^{28}\times1{,}6\cdot10^{-19}}\\ &= 3{,}1\cdot10^{-7}\ \text{m/s}\end{aligned}\]

    Raccourci : \(v=\dfrac{i\,\ell}{N\,e}\) donne le même résultat. Mobilité correspondante : \(\mu=\dfrac vE=1{,}3\cdot10^{-8}\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\).

Réponses\(\sigma\approx53\ \text{S/m}\) ; \(j\approx1{,}27\cdot10^3\ \text{A/m}^2\) ; \(E=24\ \text{V/m}\) ; \(v\approx3\cdot10^{-7}\ \text{m/s}\).
Regard critiqueLes données sont « fictives » : \(n=2{,}5\cdot10^{28}\ \text{m}^{-3}\) est une densité de métal, mais \(\sigma\) est celle d'un très mauvais conducteur. Il faut donc une mobilité minuscule (\(10^{-8}\) \(\frac{m^{2}}{V\cdot s}\) contre \(4\cdot10^{-3}\) pour le cuivre). L'exercice sert à manipuler les relations, pas à décrire un matériau réel.
Ex 1.6

Condensateur plan : vide, puis diélectrique

Q1.5-1.8 · non corrigé dans le poly
On doit stocker \(Q=3\cdot10^{-10}\ \text{C}\) dans un condensateur plan de surface \(S=900\ \text{mm}^2\) et d'épaisseur \(e=2\ \text{mm}\). Q1.5 tension nécessaire si l'espace est vide ; Q1.6 avec un diélectrique de permittivité relative \(\varepsilon_r=4\) ; Q1.7 capacités dans les deux cas ; Q1.8 densité surfacique de charges \(\left(\frac{\mu C}{m^{2}}\right)\) sur les armatures dans le cas 2.
💡 Méthode et raisonnement

D'où vient \(C=\dfrac{\varepsilon S}{e}\) ? Une armature portant la charge \(Q\) répartie sur \(S\) a une densité \(\sigma=\dfrac QS\). Le théorème de Gauss donne un champ uniforme \(E=\dfrac\sigma\varepsilon\) entre les armatures. La tension est \(U=E\,e=\dfrac{Q\,e}{\varepsilon S}\), et par définition :

\(C=\dfrac QU=\dfrac{\varepsilon_0\,\varepsilon_r\,S}{e}\)\(\varepsilon_0=8{,}85\cdot10^{-12}\) \(\frac{F}{m}\)

Rôle du diélectrique : ses molécules se polarisent et créent un champ opposé qui réduit le champ total d'un facteur \(\varepsilon_r\). Pour la même charge, la tension est donc \(\varepsilon_r\) fois plus faible : la capacité est \(\varepsilon_r\) fois plus grande.

Stratégie : calculer \(C\) (Q1.7) en premier, puis \(U=\dfrac QC\) pour Q1.5 et Q1.6.

✅ Correction détaillée
Conversions\(S=900\ \text{mm}^2=9\cdot10^{-4}\ \text{m}^2\) ; \(e=2\cdot10^{-3}\ \text{m}\)
On cherche\(U_1\), \(U_2\), \(C_1\), \(C_2\), \(\sigma\)
Q1.7 d'abord — Capacités
  1. Dans le vide, puis avec le diélectrique
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}C_1&=\frac{\varepsilon_0\,S}{e}\\ &=\frac{8{,}85\cdot10^{-12}\times9\cdot10^{-4}}{2\cdot10^{-3}}\\ &=3{,}98\ \text{pF}\end{aligned}\\[4pt] C_2=\varepsilon_r\,C_1=4\times3{,}98=15{,}9\ \text{pF}\end{gathered}\]
Q1.5 et Q1.6 — Tensions
  1. Définition de la capacité : \(Q=C\,U\)
    \[\begin{gathered}U_1=\frac Q{C_1}=\frac{3\cdot10^{-10}}{3{,}98\cdot10^{-12}}=75{,}3\ \text{V}\\[4pt] U_2=\frac Q{C_2}=18{,}8\ \text{V}=\frac{U_1}4\end{gathered}\]

    Même charge, tension quatre fois plus faible : le diélectrique permet de stocker la même charge sous une tension plus basse (ou plus de charge sous la même tension).

    Champs correspondants : \(E_1=\dfrac{U_1}e=37{,}6\ \text{kV/m}\) et \(E_2=9{,}4\ \text{kV/m}\).

Q1.8 — Densité surfacique de charges
  1. Charge libre sur les armatures
    \[\begin{aligned}\sigma &= \frac QS\\ &= \frac{3\cdot10^{-10}}{9\cdot10^{-4}}\\ &= 3{,}3\cdot10^{-7}\ \text{C/m}^2\\ &= 0{,}33\ \mu\text{C/m}^2\end{aligned}\]

    C'est la même valeur dans les deux cas (la charge est la même). Cette grandeur est aussi le déplacement électrique \(D=\varepsilon_0\varepsilon_rE\).

  2. Pour aller plus loin : charges de polarisation
    \[\begin{aligned}P &= \sigma\left(1-\frac1{\varepsilon_r}\right)\\ &= 0{,}33\times0{,}75\\ &= 0{,}25\ \mu\text{C/m}^2\end{aligned}\]

    Ces charges liées, de signe opposé, « écrantent » les trois quarts de la charge libre : c'est exactement pourquoi le champ est divisé par 4.

Réponses\(U_1\approx75\ \text{V}\) ; \(U_2\approx18{,}8\ \text{V}\) ; \(C_1\approx3{,}98\ \text{pF}\) ; \(C_2\approx15{,}9\ \text{pF}\) ; \(\sigma\approx0{,}33\ \mu\text{C/m}^2\).
CultureÉnergie stockée \(W=\tfrac12QU\) : \(11\,\mathrm{nJ}\) dans le vide, \(2,\,\allowbreak 8\,\mathrm{nJ}\) avec le diélectrique (pour la même charge). Les condensateurs céramiques des cartes électroniques utilisent des diélectriques à \(\varepsilon_r\) de plusieurs milliers pour gagner en capacité dans un petit volume.
TD 2 · Poly \(p\). 10-18

Les semi-conducteurs

Boîte à outils : \(\sigma=e\,(n\mu_n+p\mu_p)\) (chaque type de porteur apporte sa contribution) ; loi d'action de masse \(n\,p=n_i^2\) ; dopage \(N\) : \(n\approx N_D\), \(p=\dfrac{n_i^2}{N_D}\) ; dopage \(P\) : \(p\approx N_A\), \(n=\dfrac{n_i^2}{N_A}\) ; nombre d'atomes par unité de volume \(=\dfrac{\text{masse volumique}\times\mathcal N_A}{M}\). Revoir le cours (ch. 2)

Ex 2.1

Questions de cours sur le modèle des bandes

AD2.1-2.4
AD2.1 Expliquer la présence d'électrons libres dans les métaux. AD2.\(2\,Y\,a-t\)-il des électrons dans la bande de conduction du silicium à \(T>0\ \text{K}\) ? AD2.3 Justifier le fait que la bande de conduction d'un isolant soit toujours vide. AD2.4 Comment évolue la conductivité des semi-conducteurs en fonction de la température ?
💡 Méthode et raisonnement

Le modèle des bandes en une image. Dans un atome isolé, les électrons occupent des niveaux d'énergie précis. Quand \(N\) atomes s'assemblent en cristal, chaque niveau se dédouble en \(N\) niveaux très proches : ils forment des bandes. Deux bandes comptent :

  • la bande de valence (BV) : électrons engagés dans les liaisons, immobiles ;
  • la bande de conduction (BC) : électrons libres de se déplacer, donc capables de porter un courant.

Entre les deux, la bande interdite (gap), de largeur \(E_g\). Tout se joue sur la comparaison entre \(E_g\) et l'énergie thermique disponible, \(kT\approx26\ \text{meV}\) à \(300\,\mathrm{K}\).

✅ Correction détaillée
AD2.1 — Les métaux
  1. Bandes qui se chevauchent

    Dans un métal, la bande de valence et la bande de conduction se recouvrent (ou la bande de valence est à moitié remplie) : il n'y a pas de gap. Les électrons de valence ont juste au-dessus d'eux des états libres, accessibles sans énergie supplémentaire. Ils se déplacent dans tout le cristal : ce sont les électrons libres (environ un par atome pour le cuivre).

AD2.2 — Le silicium à \(T>0\ \text{K}\)
  1. Oui, mais très peu

    À \(0\,\mathrm{K}\), la BV est pleine et la BC vide. Dès que \(T>0\), l'agitation thermique fournit une énergie de l'ordre de \(kT\). Elle est 40 fois plus petite que le gap \((1{,}12\,\mathrm{eV})\), mais la répartition de l'énergie est statistique : une infime fraction d'électrons reçoit assez d'énergie pour franchir le gap. Chacun laisse derrière lui un trou dans la BV.

    \[\text{à }300\ \text{K} :\ n_i\approx10^{10}\ \text{cm}^{-3}\ \text{pour}\ 5\cdot10^{22}\ \text{atomes/cm}^3\]

    Soit un atome sur 5 000 milliards.

AD2.3 — Les isolants
  1. Un gap trop grand

    La probabilité de franchir le gap varie comme \(e^{-E_g/2kT}\). Pour la silice SiO₂ (\(E_g\approx9\ \text{eV}\)) :

    \[\begin{gathered}\frac{E_g}{2kT}=\frac{9}{0{,}052}\approx170\\[4pt] e^{-170}\approx10^{-74}\end{gathered}\]

    Aucun électron ne passe dans la BC. Il faudrait des champs énormes pour arracher des électrons (claquage du diélectrique).

AD2.4 — Conductivité et température
  1. Deux effets opposés

    \(\sigma=e\,(n\mu_n+p\mu_p)\) dépend du nombre de porteurs et de leur mobilité.

    • Quand \(T\) augmente, plus d'électrons franchissent le gap : \(n_i\propto T^{3/2}\,e^{-E_g/2kT}\) augmente exponentiellement.
    • La mobilité baisse (plus de vibrations du réseau, donc plus de chocs), mais seulement comme une puissance de \(T\).

    Pour un semi-conducteur intrinsèque, l'exponentielle l'emporte : \(\sigma\) augmente très vite avec \(T\). C'est l'inverse d'un métal, où le nombre d'électrons est fixe et où seule la baisse de mobilité joue.

  2. Nuance pour un semi-conducteur dopé

    En régime extrinsèque (températures usuelles), \(n\approx N_D\) est fixé par le dopage : seul l'effet de mobilité joue, \(\sigma\) baisse légèrement quand \(T\) monte (comportement « métallique »). À haute température, \(n_i\) dépasse \(N_D\) et \(\sigma\) remonte : c'est le régime intrinsèque, qui limite la température de fonctionnement des composants (\(\approx 150^{\circ}\mathrm{C}\) pour le silicium).

À retenirMétal : pas de gap, \(\sigma\) baisse quand \(T\) augmente. Semi-conducteur : gap \(\approx 1\,\mathrm{eV}\), \(\sigma\) augmente fortement avec \(T\) (thermistance CTN). Isolant : gap de plusieurs \(eV\), \(\sigma\approx0\).
Ex 2.2

La photorésistance

AD2.5-2.6
Silicium : \(E_g=1{,}12\ \text{eV}\). AD2.5 L'énergie d'un photon visible (\(\lambda\) de 0,4 à \(0{,}8\,\mu m\)) suffit-elle pour qu'un électron franchisse la bande interdite ? AD2.6 La résistance d'une photorésistance diminue quand l'éclairement augmente : comment l'expliquer ?
💡 Méthode et raisonnement

Un photon de longueur d'onde \(\lambda\) transporte l'énergie \(E=h\nu=\dfrac{hc}{\lambda}\) (relation de Planck-Einstein). Il peut faire passer un électron de la BV à la BC s'il apporte au moins \(E_g\) :

\(\dfrac{hc}{\lambda}\geq E_g\iff\lambda\leq\lambda_{\max}=\dfrac{hc}{E_g}\)raccourci : \(\lambda(\mu\text{m})\approx\dfrac{1{,}24}{E(\text{eV})}\)
✅ Correction détaillée
AD2.5 — Seuil d'absorption
  1. Convertir le gap en joules

    \(1\,\mathrm{eV}\) est l'énergie gagnée par un électron sous \(1\,\mathrm{V}\) : \(1\ \text{eV}=1{,}6\cdot10^{-19}\ \text{J}\).

    \[\begin{aligned}E_g[\text{J}] &= E_g[\text{eV}]\times e\\ &= 1{,}12\times1{,}6\cdot10^{-19}\\ &= 1{,}79\cdot10^{-19}\ \text{J}\end{aligned}\]
  2. Longueur d'onde maximale

    Avec \(h=6{,}63\cdot10^{-34}\ \text{J}\cdot\text{s}\) et \(c=3\cdot10^8\ \text{m/s}\) :

    \[\begin{aligned}\lambda_{\max} &= \frac{hc}{E_g}\\ &= \frac{6{,}63\cdot10^{-34}\times3\cdot10^8}{1{,}79\cdot10^{-19}}\\ &= 1{,}11\cdot10^{-6}\ \text{m}\\ &= 1{,}11\ \mu\text{m}\end{aligned}\]

    Contrôle : \(\lambda_s[\mu\text{m}]=\dfrac{1{,}24}{E_g[\text{eV}]}=\dfrac{1{,}24}{1{,}12}=1{,}11\ \mu\text{m}\) ✓.

  3. Comparer au visible

    Le visible s'étend de 0,4 à \(0{,}8\,\mu m\) : toutes ces longueurs d'onde sont inférieures à \(1{,}11\,\mu m\). Dans l'autre sens : un photon à \(0{,}8\,\mu m\) apporte \(E[\text{eV}]=\tfrac{1{,}24}{\lambda[\mu\text{m}]}=\tfrac{1{,}24}{0{,}8}=1{,}55\ \text{eV}>1{,}12\ \text{eV}\). Oui, tout photon visible peut créer une paire électron-trou.

AD2.6 — Pourquoi la résistance baisse
  1. Plus de porteurs, donc plus de conductivité

    Chaque photon absorbé crée un électron dans la BC et un trou dans la BV : \(n\) et \(p\) augmentent tous les deux. D'après \(\sigma=e\,(n\mu_n+p\mu_p)\), la conductivité augmente, donc \(R=\dfrac{\ell}{\sigma S}\) diminue. Plus l'éclairement est intense, plus il y a de photons par seconde, plus il y a de paires : \(R\) baisse.

RemarqueLe poly arrondit \(\tfrac{hc}{E_g}\) à \(1\,\mu m\) (\(6{,}63\times3\approx20\) et \(1{,}12\times1{,}6\approx2\)) ; la valeur exacte est \(1{,}11\,\mu m\), la conclusion ne change pas.
CultureLe silicium absorbe aussi le proche infrarouge jusqu'à \(1{,}1\,\mu m\) : c'est pourquoi un capteur d'appareil photo voit la LED à \(940\,\mathrm{nm}\) d'une télécommande. Les photorésistances du commerce sont plutôt en CdS (\(E_g=2{,}4\ \text{eV}\), seuil \(0{,}52\,\mu m\)), dont la sensibilité ressemble à celle de l'œil.
Ex 2.3

Dopage du germanium à l'antimoine

AD2.7-2.13
Germanium intrinsèque : \(\rho=0{,}44\ \Omega\cdot\text{m}\), \(\mu_n=0{,}40\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\), \(\mu_p=0{,}19\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\), \(n_i=2{,}4\cdot10^{19}\ \text{m}^{-3}\), \(N_{\text{Ge}}=4{,}4\cdot10^{28}\ \text{atomes/m}^3\). On le dope avec de l'antimoine (colonne 15) à raison d'un atome de Sb pour \(10^6\) atomes de Ge ; on suppose tous les atomes de Sb ionisés. AD2.7 type \(N\) ou \(P\) ? AD2.8 sens de l'hypothèse ; AD2.9 \(N_D\) ; AD2.10 vérifier \(n=4{,}4\cdot10^{22}\ \text{m}^{-3}\) ; AD2.11 \(p\) ; AD2.12 expression de la conductivité ; AD2.13 résistivité, conclure.
💡 Méthode et raisonnement

Type de dopage : comparer le nombre d'électrons de valence de l'impureté (sa colonne) à celui du cristal (4 pour Ge et Si). Colonne \(15\to\) un électron en trop → donneur → type \(N\). Colonne \(13\to\) un électron manquant → accepteur → type \(P\).

Concentrations : les majoritaires sont fournis par le dopage (\(n\approx N_D\)), les minoritaires se déduisent de la loi d'action de masse :

\(n\,p=n_i^2\)équilibre entre création thermique de paires et recombinaison

Si on ajoute beaucoup d'électrons, les trous ont plus de chances de se recombiner et leur nombre chute.

✅ Correction détaillée
AD2.7 — Type du matériau
  1. Compter les électrons de valence

    Sb (colonne 15) a 5 électrons de valence. Placé dans le réseau du germanium, il en utilise 4 pour les liaisons avec ses voisins ; le cinquième est très faiblement lié (énergie d'ionisation \(\approx 10\,\mathrm{meV}\) < \(kT\)) et devient libre. Sb donne un électron : c'est un donneur, le matériau est de type \(N\).

AD2.8 — « Tous les atomes sont ionisés »
  1. Sens physique

    Chaque atome de Sb a perdu son cinquième électron (il reste un ion Sb⁺ fixe dans le réseau). Conséquence pratique : un atome donneur = un électron libre, donc \(n\approx N_D\). Hypothèse valable à température ambiante puisque l'énergie d'ionisation est inférieure à \(kT\).

AD2.9 et AD2.10 — Concentration en donneurs et en électrons
  1. Un atome de Sb pour \(10^6\) atomes de Ge
    \[\begin{aligned}N_D &= \frac{N_{\text{Ge}}}{10^6}\\ &= \frac{4{,}4\cdot10^{28}}{10^6}\\ &= 4{,}4\cdot10^{22}\ \text{m}^{-3}\end{aligned}\]
  2. Électrons libres

    Les électrons viennent de deux sources : les donneurs (\(N_D\)) et l'agitation thermique (de l'ordre de \(n_i\)). Or \(\dfrac{N_D}{n_i}=\dfrac{4{,}4\cdot10^{22}}{2{,}4\cdot10^{19}}\approx1800\) : la contribution thermique est négligeable.

    \[n\approx N_D=4{,}4\cdot10^{22}\ \text{m}^{-3}\ ✓\]
AD2.11 — Densité de trous
  1. Loi d'action de masse
    \[\begin{aligned}p &= \frac{n_i^2}{n}\\ &= \frac{(2{,}4\cdot10^{19})^2}{4{,}4\cdot10^{22}}\\ &= \frac{5{,}76\cdot10^{38}}{4{,}4\cdot10^{22}}\\ &= 1{,}3\cdot10^{16}\ \text{m}^{-3}\end{aligned}\]

    Il y a désormais 3,4 millions de fois plus d'électrons que de trous. Les trous sont 1 800 fois moins nombreux que dans le germanium pur.

AD2.12 — Expression de la conductivité
  1. Garder le terme dominant
    \[\begin{gathered}\gamma=e\,(n\mu_n+p\mu_p)\\[4pt] n\mu_n=1{,}8\cdot10^{22}\ \gg\ p\mu_p=2{,}5\cdot10^{15}\\[4pt] \Longrightarrow \gamma\approx N_D\,e\,\mu_n\end{gathered}\]
AD2.13 — Résistivité et conclusion
  1. Application numérique
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\gamma&=N_D\,e\,\mu_n\\ &=4{,}4\cdot10^{22}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times0{,}40\\ &=2{,}8\cdot10^3\ \text{S/m}\end{aligned}\\[4pt] \rho=\frac1\gamma=3{,}6\cdot10^{-4}\ \Omega\cdot\text{m}\end{gathered}\]

    Rapport avec le germanium pur : \(\dfrac{\rho_{\text{pur}}}{\rho}=\dfrac{0{,}44}{3{,}6\cdot10^{-4}}\approx1200\).

  2. Contrôle de l'énoncé

    Pour le germanium pur, \(n=p=n_i\) :

    \[\begin{aligned}\rho_i &= \frac{1}{n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)}\\ &= \frac{1}{2{,}4\cdot10^{19}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times0{,}59}\\ &= 0{,}44\ \Omega\cdot\text{m}\ ✓\end{aligned}\]
ConclusionUne impureté pour un million d'atomes divise la résistivité par \(\approx 1\,200\) et impose le type de porteurs (électrons). C'est le principe de toute l'électronique : on règle les propriétés électriques par le dopage.
Ex 2.4

Silicium dopé à l'indium

Q2.1-2.5 · non corrigé dans le poly
Silicium intrinsèque : \(n_i=10^{10}\ \text{cm}^{-3}\), \(\mu_n=1450\ \text{cm}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\), \(\mu_p=450\ \text{cm}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\), masse molaire \(28{,}1\,\mathrm{g}/\,\mathrm{m}ol\), masse volumique \(2{,}42\,\mathrm{g}/cm^{3}\). Q2.1 Conductivité et résistivité à l'ambiante. On dope avec de l'indium (colonne 13) : 1 atome d'In pour \(10^7\) atomes de Si. Q2.2 Impureté donneuse ou accepteuse ? Q2.3 Type obtenu ? Q2.4 Nouvelles concentrations \(n\) et \(p\) ? Q2.5 Nouvelles conductivité et résistivité ; conclure sur l'intérêt du dopage.
💡 Méthode et raisonnement
  1. Intrinsèque : \(n=p=n_i\), donc \(\sigma_i=n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)\).
  2. Nature du dopant : colonne \(13\to\) accepteur → type \(P\).
  3. Pour avoir \(N_A\), il faut d'abord le nombre d'atomes de Si par \(cm^{3}\) : \(\dfrac{\text{masse volumique}\times\mathcal N_A}{M}\) (moles par \(cm^{3}\,\times\) atomes par mole).
  4. Majoritaires \(p\approx N_A\), minoritaires \(n=\dfrac{n_i^2}{p}\), puis \(\sigma\approx p\,e\,\mu_p\).

Unités : toutes les données sont en cm ; on reste en cm (\(\sigma\) en \(\frac{S}{cm}\)), puis on convertit à la fin \((1\,\mathrm{S}/cm=100\,\mathrm{S}/\,\mathrm{m})\).

✅ Correction détaillée
Q2.1 — Silicium intrinsèque
  1. Les deux types de porteurs conduisent

    Dans le silicium pur, chaque électron passé dans la BC laisse un trou : \(n=p=n_i\). Les deux participent au courant (en sens opposés, mais leurs charges sont opposées, donc leurs courants s'additionnent).

    \(\sigma_i=n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)\)\(cm^{-3}\,\times \,C\,\times \,\frac{cm^{2}}{V\cdot s}=\frac{S}{cm}\)
    \[\begin{aligned}\sigma_i &= n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)\\ &= 10^{10}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times(1450+450)\\ &= 3{,}0\cdot10^{-6}\ \text{S/cm}\\ &= 3{,}0\cdot10^{-4}\ \text{S/m}\end{aligned}\]
    \[\begin{aligned}\rho_i &= \frac1{\sigma_i}\\ &= 3{,}3\cdot10^5\ \Omega\cdot\text{cm}\\ &= 3{,}3\cdot10^3\ \Omega\cdot\text{m}\end{aligned}\]

    C'est presque un isolant : un cube de \(1\,\mathrm{cm}\) de côté aurait une résistance de \(330\,\mathrm{k\Omega }\).

Q2.2 et Q2.3 — Nature du dopage
  1. L'indium accepte un électron

    L'indium n'a que 3 électrons de valence : il ne peut former que 3 des 4 liaisons avec ses voisins de silicium. Un électron d'une liaison voisine vient combler le manque : l'indium accepte un électron (il devient In⁻, fixe) et un trou mobile apparaît dans la BV. C'est un accepteur ; le silicium devient de type \(P\).

Q2.4 — Concentrations \(n\) et \(p\)
  1. Nombre d'atomes de silicium par \(cm^{3}\)

    \(1\,\mathrm{cm}^{3}\) pèse \(2{,}42\,\mathrm{g}\), soit \(\tfrac{2{,}42}{28{,}1}\) mol ; chaque mole contient \(6{,}02\cdot10^{23}\) atomes.

    \[\begin{aligned}N_{\text{Si}} &= \frac{m_v\,\mathcal N_A}{M}\\ &= \frac{2{,}42\times6{,}02\cdot10^{23}}{28{,}1}\\ &= 5{,}18\cdot10^{22}\ \text{atomes/cm}^3\end{aligned}\]
  2. Concentration en accepteurs, puis porteurs
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}N_A&=\frac{N_{\text{Si}}}{10^7}\\ &=\frac{5{,}18\cdot10^{22}}{10^7}\\ &=5{,}2\cdot10^{15}\ \text{cm}^{-3}\\ &\gg\ n_i\end{aligned}\\[3pt] \Longrightarrow\ p\approx N_A=5{,}2\cdot10^{15}\ \text{cm}^{-3}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}n &= \frac{n_i^2}{p}\\ &= \frac{10^{20}}{5{,}2\cdot10^{15}}\\ &= 1{,}9\cdot10^4\ \text{cm}^{-3}\end{aligned}\]
Q2.5 — Conductivité dopée et conclusion
  1. Seuls les trous comptent

    \(n\mu_n=1{,}9\cdot10^4\times1450\approx2{,}8\cdot10^7\), contre \(p\mu_p=5{,}2\cdot10^{15}\times450\approx2{,}3\cdot10^{18}\) : le terme des électrons est totalement négligeable.

    \[\begin{aligned}\sigma\approx p\,e\,\mu_p &= 5{,}2\cdot10^{15}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times450\\ &= 0{,}37\ \text{S/cm}\\ &= 37\ \text{S/m}\end{aligned}\]
    \[\begin{gathered}\rho=\frac1\sigma=2{,}7\ \Omega\cdot\text{cm}\\[4pt] \frac{\sigma}{\sigma_i}=\frac{0{,}37}{3{,}0\cdot10^{-6}}\approx1{,}2\cdot10^5\end{gathered}\]
Conclusion0,1 ppm d'indium multiplie la conductivité par \(\approx 120\,000\) et impose le type des porteurs (trous). Le dopage donne un contrôle précis de la conductivité et du type, qui rend possibles diodes et transistors.
RemarqueLa masse volumique usuelle du silicium est \(2{,}33\,\mathrm{g}/cm^{3}\) (\(5{,}0\cdot10^{22}\) atomes/\(cm^{3}\)) ; avec la valeur du poly, 2,42, on obtient les résultats ci-dessus. L'écart est de 4 %, sans effet sur la conclusion.
Ex 2.5

Résistivité du germanium pur et température

Q2.6-2.12 · non corrigé dans le poly
Germanium : \(M=72{,}6\ \text{g/mol}\), masse volumique \(5{,}36\,\mathrm{g}/cm^{3}\), \(E_g=0{,}67\ \text{eV}\) ; \(\mu_n=3800\left(\tfrac{T}{300}\right)^{-1{,}66}\) et \(\mu_p=1500\left(\tfrac{T}{300}\right)^{-2{,}33}\) \(\frac{cm^{2}}{V\cdot s}\) ; \(n_i=A\,T^{3/2}\,e^{-E_g/2kT}\) avec \(A=1{,}44\cdot10^{21}\) (\(S\).\(I\).). Q2.6 Atomes de Ge par \(cm^{3}\). Q2.7 Unité de \(A\). Q2.8 \(n_i\) à \(T_0=300\ \text{K}\). Q2.9 Proportion d'atomes « ionisés » ; comparer au cuivre et à l'aluminium. Q2.10 Résistivité à \(T_0\). Q2.11 Tout recalculer à \(T_1=200\ \text{°C}\). Q2.12 Retrouver \(n_i\) aux deux températures sur la figure 2.2.
💡 Méthode et raisonnement

Pourquoi \(n_i\) a cette forme ? \(T^{3/2}\) vient du nombre d'états disponibles dans les bandes (densité d'états effective) ; le facteur de Boltzmann \(e^{-E_g/2kT}\) est la probabilité qu'un électron franchisse le gap (le « 2 » vient de ce que l'électron et le trou se partagent l'énergie à partir du milieu du gap).

Organisation du calcul :

  • calculer l'exposant \(\dfrac{E_g}{2kT}\) à part (nombre sans unité, avec \(E_g\) en joules et \(k=1{,}38\cdot10^{-23}\ \text{J/K}\)) ;
  • la formule est en \(S\).\(I\). : \(n_i\) sort en \(m^{-3}\), à convertir en \(cm^{-3}\) (\(\times\) \(10^{-6}\)) pour comparer à \(N_{\text{Ge}}\) ;
  • toujours des kelvins : \(200^{\circ}\mathrm{C}=473\,\mathrm{K}\).
✅ Correction détaillée
Q2.6 — Nombre d'atomes par \(cm^{3}\)
  1. Moles par \(cm^{3}\,\times\) atomes par mole
    \[\begin{aligned}N_{\text{Ge}} &= \frac{m_v\,\mathcal N_A}{M}\\ &= \frac{5{,}36\times6{,}02\cdot10^{23}}{72{,}6}\\ &= 4{,}44\cdot10^{22}\ \text{atomes/cm}^3\end{aligned}\]
Q2.7 — Unité de \(A\)
  1. Analyse dimensionnelle

    L'exponentielle est sans dimension (son argument est un rapport d'énergies). \(n_i\) est une densité (\(m^{-3}\) en \(S\).\(I\).) et \(T^{3/2}\) est en \(K^{\frac{3}{2}}\). Donc \(A=\dfrac{n_i}{T^{3/2}}\) s'exprime en \(m^{-3}\cdot K^{\frac{-3}{2}}\).

Q2.8 — \(n_i\) à \(300\,\mathrm{K}\)
  1. Exposant
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\frac{E_g}{2kT_0}&=\frac{0{,}67\times1{,}6\cdot10^{-19}}{2\times1{,}38\cdot10^{-23}\times300}\\ &=\frac{1{,}072\cdot10^{-19}}{8{,}28\cdot10^{-21}}\\ &=12{,}95\end{aligned}\\[4pt] e^{-12{,}95}=2{,}38\cdot10^{-6}\end{gathered}\]
  2. Concentration intrinsèque
    \[\begin{aligned}n_i &= A\,T_0^{3/2}\,e^{-E_g/2kT_0}\\ &= 1{,}44\cdot10^{21}\times300^{3/2}\times2{,}38\cdot10^{-6}\\ &= 1{,}44\cdot10^{21}\times5196\times2{,}38\cdot10^{-6}\\ &= 1{,}79\cdot10^{19}\ \text{m}^{-3}\end{aligned}\]

    Soit \(1{,}8\cdot10^{13}\ \text{cm}^{-3}\) : trois ordres de grandeur au-dessus du silicium (\(10^{10}\)). Le gap du germanium est plus petit (0,67 contre \(1{,}12\,\mathrm{eV}\)), et l'écart est amplifié par l'exponentielle.

Q2.9 — Proportion d'atomes ionisés
  1. Rapport porteurs / atomes

    Chaque paire électron-trou correspond à un atome qui a « perdu » un électron de liaison :

    \[\begin{aligned}\frac{n_i}{N_{\text{Ge}}} &= \frac{1{,}8\cdot10^{13}}{4{,}44\cdot10^{22}}\\ &= 4\cdot10^{-10}\end{aligned}\]

    Quatre atomes sur 10 milliards. Dans le cuivre, chaque atome libère 1 électron (proportion 1) ; dans l'aluminium, 3. Le germanium a environ 2,5 milliards de fois moins de porteurs par atome qu'un métal : c'est ce qui explique sa grande résistivité.

Q2.10 — Résistivité à \(300\,\mathrm{K}\)
  1. Semi-conducteur intrinsèque

    À \(300\,\mathrm{K}\), \(\mu_n=3800\) et \(\mu_p=1500\) \(\frac{cm^{2}}{V\cdot s}\) :

    \[\begin{aligned}\rho &= \frac{1}{n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)}\\ &= \frac{1}{1{,}8\cdot10^{13}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times5300}\\ &= 66\ \Omega\cdot\text{cm}\\ &= 0{,}66\ \Omega\cdot\text{m}\end{aligned}\]
Q2.11 — À \(T_1=200\ \text{°C}=473\ \text{K}\)
  1. Les mobilités baissent

    \(\dfrac{T_1}{T_0}=\dfrac{473}{300}=1{,}577\) :

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\mu_n&=\mu_n(T_0)\left(\tfrac{T_1}{T_0}\right)^{-1{,}66}\\ &=3800\times1{,}577^{-1{,}66}\\ &=1780\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}\mu_p&=\mu_p(T_0)\left(\tfrac{T_1}{T_0}\right)^{-2{,}33}\\ &=1500\times1{,}577^{-2{,}33}\\ &=520\end{aligned}\\[4pt] \mu_n+\mu_p=2300\ \text{cm}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\end{gathered}\]
  2. \(n_i\) explose
    \[\begin{gathered}\frac{E_g}{2kT_1}=12{,}95\times\frac{300}{473}=8{,}21\\[4pt] e^{-8{,}21}=2{,}72\cdot10^{-4}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}n_i &= A\,T_1^{3/2}\,e^{-E_g/2kT_1}\\ &= 1{,}44\cdot10^{21}\times473^{3/2}\times2{,}72\cdot10^{-4}\\ &= 4{,}0\cdot10^{21}\ \text{m}^{-3}\\ &= 4{,}0\cdot10^{15}\ \text{cm}^{-3}\end{aligned}\]

    \(n_i\) est multiplié par 225. \(N_{\text{Ge}}\) ne change pas (on néglige la dilatation) ; la proportion d'atomes ionisés passe à \(9\cdot10^{-8}\).

  3. Résistivité
    \[\begin{aligned}\rho &= \frac{1}{n_i\,e\,(\mu_n+\mu_p)}\\ &= \frac{1}{4{,}0\cdot10^{15}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times2300}\\ &= 0{,}67\ \Omega\cdot\text{cm}\end{aligned}\]

    La mobilité est divisée par 2,3, mais le nombre de porteurs est multiplié par 225 : la résistivité est divisée par 100. C'est le comportement d'une thermistance CTN (coefficient de température négatif).

Q2.12 — Lecture sur la figure 2.2
  1. Repérer les abscisses

    La figure trace \(\log n_i\) en fonction de \(\dfrac{1000}{T}\) : une exponentielle en \(\tfrac1T\) y devient une droite. Abscisses : \(\tfrac{1000}{T_0}=\tfrac{1000}{300}=3{,}33\) et \(\tfrac{1000}{T_1}=\tfrac{1000}{473}=2{,}11\).

  2. Lire les ordonnées

    La droite du Ge perd environ 2 décades par unité d'abscisse (≈ \(10^{17}\ \text{cm}^{-3}\) à \(1{,}5;\,\allowbreak \approx\) \(10^{15}\) à 2,5). On lit \(n_i\approx2\cdot10^{13}\ \text{cm}^{-3}\) à \(300\,\mathrm{K}\) et ≈ \(6\cdot10^{15}\ \text{cm}^{-3}\) à \(473\,\mathrm{K}\).

    À \(300\,\mathrm{K}\), lecture et calcul concordent. À \(473\,\mathrm{K}\), la lecture est un peu plus élevée : le calcul suppose \(E_g\) constant, alors que le gap diminue en réalité quand \(T\) augmente.

Résultats\(N_{\text{Ge}}=4{,}44\cdot10^{22}\ \text{cm}^{-3}\) ; \(A\) en \(m^{-3}\cdot K^{\frac{-3}{2}}\) ; \(n_i(300\ \text{K})=1{,}8\cdot10^{13}\ \text{cm}^{-3}\) ; proportion \(4\cdot10^{-10}\) ; \(\rho(300\ \text{K})=66\ \Omega\cdot\text{cm}\) ; à \(473\,\mathrm{K}\) : \(n_i=4{,}0\cdot10^{15}\ \text{cm}^{-3}\), \(\rho=0{,}67\ \Omega\cdot\text{cm}\).
Ex 2.6

Photoconduction dans du silicium dopé \(N\)

ES2.1-2.3
À \(27^{\circ}\mathrm{C}\), le silicium intrinsèque a une conductivité \(\gamma_i=4{,}3\cdot10^{-4}\ \text{S/m}\). On le dope avec \(N_D=5\cdot10^{14}\ \text{cm}^{-3}\) ; \(\mu_n=0{,}13\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\), \(\mu_p=0{,}048\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\). ES2.1 Conductivité et résistivité du matériau dopé. On l'éclaire : la lumière crée \(G=5\cdot10^{22}\) paires électron-trou par seconde et par \(cm^{3}\), chaque porteur créé vivant \(\tau=1\ \mu\text{s}\). ES2.2 Nouvelles concentrations \(n\) et \(p\). ES2.3 Conductivité et résistivité sous éclairement, conclure.
💡 Méthode et raisonnement

ES2.1 : semi-conducteur \(N\), donc \(\sigma\approx N_D\,e\,\mu_n\). Attention : \(N_D\) est en \(cm^{-3}\) et \(\mu\) en \(\frac{m^{2}}{V\cdot s}\). Il faut convertir \(N_D\) en \(m^{-3}\) (\(\times\) \(10^6\)) avant de multiplier.

ES2.2 : sous éclairement constant, on atteint un régime stationnaire. La lumière crée \(G\) paires par seconde ; chaque porteur disparaît (recombinaison) en moyenne au bout de \(\tau\). Le stock de porteurs en excès se stabilise quand création = disparition :

\(G=\dfrac{\Delta n}{\tau}\ \Longrightarrow\ \Delta n=\Delta p=G\,\tau\)comme une baignoire : niveau = débit \(\times\) temps de séjour
✅ Correction détaillée
ES2.1 — Silicium dopé, dans le noir
  1. Conversion d'unités

    \(1\,\mathrm{cm}^{3}\) = \(10^{-6}\) \(m^{3}\), donc une densité en \(cm^{-3}\) se multiplie par \(10^6\) pour passer en \(m^{-3}\) : \(N_D=5\cdot10^{20}\ \text{m}^{-3}\).

  2. Conductivité

    Type \(N\) : \(n\approx N_D\), les trous sont négligeables.

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\gamma&=N_D\,e\,\mu_n\\ &=5\cdot10^{20}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times0{,}13\\ &=10{,}4\ \text{S/m}\end{aligned}\\[4pt] \rho=\frac1\gamma=96\ \text{m}\Omega\cdot\text{m}\end{gathered}\]

    Rapport avec le silicium pur : \(\dfrac{\gamma}{\gamma_{\text{pur}}}=\dfrac{10{,}4}{4{,}3\cdot10^{-4}}\approx24\,000\).

ES2.2 — Concentrations sous éclairement
  1. Porteurs en excès
    \[\begin{aligned}\Delta n &= \Delta p\\ &= G\,\tau\\ &= 5\cdot10^{22}\times10^{-6}\\ &= 5\cdot10^{16}\ \text{cm}^{-3}\end{aligned}\]

    C'est 100 fois plus que le dopage : l'éclairement domine.

  2. Concentrations totales
    \[\begin{gathered}n=N_D+\Delta n=5{,}05\cdot10^{16}\ \text{cm}^{-3}\\[4pt] p=p_0+\Delta p\approx5\cdot10^{16}\ \text{cm}^{-3}\end{gathered}\]

    (\(p_0=\tfrac{n_i^2}{N_D}\approx10^5\ \text{cm}^{-3}\) est négligeable.) Attention : sous éclairement, on n'est plus à l'équilibre thermique, donc \(n\,p\neq n_i^2\). La loi d'action de masse ne s'applique plus.

ES2.3 — Conductivité sous éclairement
  1. Les deux porteurs comptent maintenant

    \(n\approx p\approx5\cdot10^{16}\ \text{cm}^{-3}=5\cdot10^{22}\ \text{m}^{-3}\) : on ne peut plus négliger les trous.

    \[\begin{gathered}\gamma=e\,(n\mu_n+p\mu_p)\approx1{,}6\cdot10^{-19}\times5\cdot10^{22}\times(0{,}13+0{,}048)\approx1{,}4\cdot10^3\ \text{S/m}\\[4pt] \rho\approx0{,}7\ \text{m}\Omega\cdot\text{m}\end{gathered}\]

    La conductivité est multipliée par \(\approx 140\) par la lumière : c'est le principe de la photorésistance et du photodétecteur.

Erreurs de forme du polyES2.1 : la ligne « \(5\cdot10^{14}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times13\cdot10^{-2}=10{,}4\) » mélange \(cm^{-3}\) et \(\frac{m^{2}}{V\cdot s}\) (le produit tel qu'écrit vaut \(1{,}04\cdot10^{-5}\)) ; il faut \(N_D=5\cdot10^{20}\ \text{m}^{-3}\). ES2.2 : la formule « \(5\cdot10^{22}\) / (durée de création · durée d'existence) » est à remplacer par \(\Delta n=G\tau\). Les résultats numériques du poly sont justes.
Ex 2.7

Mobilité des électrons dans l'aluminium

ES2.4
L'aluminium a 3 électrons de valence (tous libres), une masse molaire de \(26{,}98\,\mathrm{g}/\,\mathrm{m}ol\), une masse volumique de \(2{,}7\,\mathrm{g}/cm^{3}\) et une résistivité de \(2{,}65\,\mu \Omega \cdot\)cm. Calculer la mobilité \(\mu_n\) de ses électrons.
💡 Méthode et raisonnement

Dans un métal, seuls les électrons conduisent : \(\sigma=n\,e\,\mu\), donc :

\(\mu=\dfrac{1}{n\,e\,\rho}\)1/(\(cm^{-3}\,\times \,C\,\times \,\Omega \cdot\)cm) \(=\frac{cm^{2}}{V\cdot s}\)

Tout le travail consiste à trouver \(n\) : nombre d'atomes par \(cm^{3}\,\times\) nombre d'électrons libres par atome.

✅ Correction détaillée
  1. Atomes, puis électrons libres par \(cm^{3}\)
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}N_{\text{Al}}&=\frac{m_v\,\mathcal N_A}{M}\\ &=\frac{2{,}7\times6{,}02\cdot10^{23}}{26{,}98}\\ &=6{,}0\cdot10^{22}\ \text{atomes/cm}^3\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}n&=3\,N_{\text{Al}}\\ &=3\times6{,}0\cdot10^{22}\\ &=1{,}8\cdot10^{23}\ \text{cm}^{-3}\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Mobilité
    \[\begin{aligned}\mu &= \frac{1}{n\,e\,\rho}\\ &= \frac{1}{1{,}8\cdot10^{23}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times2{,}65\cdot10^{-6}}\\ &= \frac1{0{,}0763}\\ &= 13\ \text{cm}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\end{aligned}\]
Réponse\(\mu_n\approx13\ \text{cm}^2/(\text{V}\cdot\text{s})=1{,}3\cdot10^{-3}\ \text{m}^2/(\text{V}\cdot\text{s})\).
À retenirLes électrons d'un métal sont 100 fois moins mobiles que ceux du silicium \((\approx 1\,400\,\mathrm{cm}^{2}/(V\cdot s))\) : ils subissent beaucoup de collisions. Mais ils sont \(10^{13}\) fois plus nombreux que dans le silicium pur. C'est le nombre de porteurs, pas leur mobilité, qui fait d'un métal un bon conducteur.
Ex 2.8

Plaquette à dopages multiples

ES2.5-2.7
Une plaquette de silicium (zone 1) est dopée \(N_A=10^{13}\ \text{cm}^{-3}\). On y diffuse un caisson (zone 2) dopé \(N_D=10^{15}\ \text{cm}^{-3}\), puis deux zones dopées \(N_A=10^{17}\ \text{cm}^{-3}\) : la zone 3 dans le caisson, la zone 4 directement dans la plaquette. \(n_i=8{,}3\cdot10^9\ \text{cm}^{-3}\). ES2.5 Type de chaque zone. ES2.6 Concentrations en électrons et en trous. ES2.7 Comment calculer les résistivités (mobilités sur la figure 2.4) ?
💡 Méthode et raisonnement

Compensation : quand une zone contient à la fois des donneurs et des accepteurs, les électrons des donneurs vont combler les trous des accepteurs. Seul le dopage net \(|N_D-N_A|\) fournit des porteurs libres, et le type est celui du dopant majoritaire.

Chaque diffusion s'ajoute aux précédentes. Ici chaque nouveau dopage est 100 fois plus fort que le précédent : le dopage net est pratiquement égal au dernier.

Ensuite : majoritaires = dopage net, minoritaires \(=\dfrac{n_i^2}{\text{majoritaires}}\), et \(\rho\approx\dfrac{1}{e\times\text{majoritaires}\times\mu_{\text{maj}}}\).

✅ Correction détaillée
ES2.5 — Types
  1. Dopage net de chaque zone (en \(cm^{-3}\))
    \[\begin{aligned}\text{zone 1} :&\ \ N_A=10^{13}&\Rightarrow\ \text{type P}\\\text{zone 2} :&\ \ 10^{15}-10^{13}\approx10^{15}\ \text{donneurs}&\Rightarrow\ \text{type N}\\\text{zone 3} :&\ \ 10^{17}+10^{13}-10^{15}\approx10^{17}\ \text{accepteurs}&\Rightarrow\ \text{type P}\\\text{zone 4} :&\ \ 10^{17}+10^{13}\approx10^{17}\ \text{accepteurs}&\Rightarrow\ \text{type P}\end{aligned}\]

    On obtient une structure \(P\,/\,N\,/\,P\) : c'est la base d'un transistor bipolaire PNP (ou d'un caisson \(N\) pour un transistor MOS à canal \(P\)).

ES2.6 — Concentrations
  1. Loi d'action de masse dans chaque zone

    \(n_i^2=(8{,}3\cdot10^9)^2=6{,}9\cdot10^{19}\ \text{cm}^{-6}\) :

    \[\begin{aligned}\text{zone 1} :&\ \ p\approx10^{13},&\ n&=\frac{6{,}9\cdot10^{19}}{10^{13}}=6{,}9\cdot10^6\\\text{zone 2} :&\ \ n\approx10^{15},&\ p&=\frac{6{,}9\cdot10^{19}}{10^{15}}=6{,}9\cdot10^4\\\text{zones 3-4} :&\ \ p\approx10^{17},&\ n&=\frac{6{,}9\cdot10^{19}}{10^{17}}=690\end{aligned}\]

    Plus le dopage est fort, plus les minoritaires sont rares : 690 électrons par \(cm^{3}\) dans les zones 3-4, contre \(10^{17}\) trous.

ES2.7 — Résistivités
  1. Formule générale et simplification
    \(\rho=\dfrac{1}{e\,(n\mu_n+p\mu_p)}\approx\dfrac{1}{e\times\text{maj}\times\mu_{\text{maj}}}\)un « + » : les deux courants s'ajoutent

    La mobilité dépend du dopage : plus il y a d'impuretés ionisées, plus les porteurs sont déviés. On la lit sur la figure 2.4 pour chaque dopage.

  2. Application numérique
    \[\begin{aligned}\text{zone 1} :&\ \ \mu_p\approx500,&\ \rho&=\frac{1}{1{,}6\cdot10^{-19}\times10^{13}\times500}\approx1{,}3\cdot10^3\ \Omega\cdot\text{cm}\\\text{zone 2} :&\ \ \mu_n\approx1380,&\ \rho&=\frac{1}{1{,}6\cdot10^{-19}\times10^{15}\times1380}\approx4{,}5\ \Omega\cdot\text{cm}\\\text{zones 3-4} :&\ \ \mu_p\approx340,&\ \rho&=\frac{1}{1{,}6\cdot10^{-19}\times10^{17}\times340}\approx0{,}18\ \Omega\cdot\text{cm}\end{aligned}\]

    Un dopage \(10^4\) fois plus fort donne une résistivité environ 7 000 fois plus faible (et non \(10^4\) fois) car la mobilité baisse avec le dopage.

Erreurs du polyES2.6 : zone 2, il faut \(n\approx N_D\) (et non \(N_A\)), et le dénominateur écrit \(10^{13}\) au lieu de \(10^{15}\) ; zones 3-4, les porteurs sont inversés : c'est \(p\approx N_A=10^{17}\) et \(n=689\ \text{cm}^{-3}\) (le poly écrit \(n\approx N_A\) et \(p=689\)). ES2.7 : \(\rho=\dfrac{1}{e(p\mu_p+n\mu_n)}\), avec un « + » (le poly écrit un « − »). La figure 2.4 est légendée « \(200\,\mathrm{K}\) », mais ses valeurs à faible dopage (1 400 et \(500\,\mathrm{cm}^{2}/(V\cdot s)\)) sont celles du silicium à \(300\,\mathrm{K}\).
Ex 2.9

Si le silicium était un métal…

ES2.8
Si le silicium était un métal (1 électron libre par atome), quel serait le nombre d'électrons libres par \(cm^{3}\) ? Masse volumique \(2{,}33\,\mathrm{g}/cm^{3}\), masse molaire \(28{,}086\,\mathrm{g}/\,\mathrm{m}ol\).
💡 Méthode et raisonnement

Un électron par atome : \(n\) = nombre d'atomes par \(cm^{3}\) \(=\dfrac{\text{masse volumique}\times\mathcal N_A}{M}\). On compare ensuite à \(n_i\) pour mesurer l'écart entre un métal et un semi-conducteur.

✅ Correction détaillée
  1. Nombre d'atomes
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}N&=\frac{m_v\,\mathcal N_A}{M}\\ &=\frac{2{,}33\times6{,}02\cdot10^{23}}{28{,}086}\\ &=5{,}0\cdot10^{22}\ \text{atomes/cm}^3\end{aligned}\\[3pt] \Longrightarrow\ n=5{,}0\cdot10^{22}\ \text{cm}^{-3}\end{gathered}\]
  2. Comparaison avec la réalité
    \[\frac{n}{n_i}=\frac{5\cdot10^{22}}{10^{10}}=5\cdot10^{12}\]

    Le vrai silicium a 5 000 milliards de fois moins d'électrons libres que ce « silicium métallique ». Avec une mobilité de \(1\,400\,\mathrm{cm}^{2}/(V\cdot s)\), sa résistivité serait de \(\rho=\dfrac{1}{n\,e\,\mu}=\dfrac{1}{5\cdot10^{22}\times1{,}6\cdot10^{-19}\times1400}\approx0{,}09\ \mu\Omega\cdot\text{cm}\), vingt fois meilleure que le cuivre.

Réponse\(n=5\cdot10^{22}\) électrons/\(cm^{3}\), soit \(5\cdot10^{12}\) fois plus que \(n_i\).
TD 3 · Poly \(p\). 19-32

La diode à jonction PN

Méthode universelle : faire une hypothèse sur l'état de chaque diode (passante ou bloquée), la remplacer par son modèle, calculer, puis vérifier (courant positif, de l'anode vers la cathode, dans une diode passante ; tension inférieure au seuil aux bornes d'une diode bloquée). Si la vérification échoue, on change d'hypothèse. Modèles : idéale (interrupteur, \(V_S=0\)), parfaite (source \(V_S\approx0{,}7\ \text{V}\)), réelle (\(V_S+r_d\,I\)). Revoir le cours (ch. 3)

Ex 3.1

QCM d'auto-évaluation

AD3.1-3.12
Douze questions de cours ; pour AD3.9 à AD3.12, circuit de la figure 3.1 : source de \(15\,\mathrm{V}\), diode en série, charge de \(1\,\mathrm{k\Omega }\).
💡 Méthode et raisonnement

Pour chaque proposition, se ramener à la caractéristique \(I(V)\) de la diode : quasi nulle en inverse et sous le seuil, puis montée exponentielle (presque verticale) au-delà de \(\approx 0{,}7\,\mathrm{V}\) pour le silicium :

\(I=I_S\left(e^{V/V_T}-1\right)\)\(I_S\) : courant de saturation \((nA)\), \(V_T=\frac{kT}{e}\approx26\ \text{mV}\)

Pour les questions de circuit, remplacer la diode par le modèle demandé et écrire une loi des mailles.

✅ Correction détaillée
Questions de cours (AD3.1 à AD3.8)
  1. AD3.1 — a et \(c\) : polarisé et non linéaire

    Polarisé : l'anode et la cathode ne sont pas interchangeables, le courant ne passe que dans un sens. Non linéaire : le courant n'est pas proportionnel à la tension (loi exponentielle). Une résistance, elle, est linéaire et non polarisée.

  2. AD3.2 — \(b,\,\allowbreak d\) (et \(c\)) : en inverse

    Une diode est bloquée quand elle est polarisée en inverse (« à l'envers » : cathode plus positive que l'anode). Elle est aussi pratiquement bloquée en direct si la tension reste sous le seuil (« faiblement »), car le courant est alors négligeable.

  3. AD3.3 — a : directe

    Un courant important n'est possible que dans la zone exponentielle, au-delà du seuil, donc en polarisation directe.

  4. AD3.4 — \(d\) : sa tension de seuil

    Une fois passante, la tension aux bornes de la diode varie très peu (la courbe est presque verticale) : elle reste voisine de \(V_S\approx0{,}6\) à \(0{,}7\ \text{V}\) pour le silicium. Les tensions de « breakdown » ou de claquage concernent la polarisation inverse.

  5. AD3.5 — \(b\colon 0{,}3\,\mathrm{V}\) pour le germanium

    Le seuil est lié au gap : le germanium a un gap plus petit (\(0{,}67\,\mathrm{eV}\) contre \(1{,}12\,\mathrm{eV}\) pour le silicium), donc un seuil plus bas.

  6. AD3.6 — \(d\) : aucune des réponses

    Le courant inverse (courant de saturation, dû aux porteurs minoritaires) n'est pas nul, mais il est très faible : de l'ordre \(\mathrm{d}u\,nA\) (\(25\,\mathrm{nA}\) pour une 1N4148 sous \(20\,\mathrm{V}\)). \(1\,\mathrm{mA}\) ou \(300\,\mathrm{mA}\) sont beaucoup trop grands.

  7. AD3.7 — \(a\colon 0\,\mathrm{V}\)

    Par définition, la diode idéale est un interrupteur parfait : fermé (tension nulle) en direct, ouvert en inverse.

  8. AD3.8 — \(b\) : verticale

    Au-delà du seuil, la pente de \(I(V)\) vaut \(\tfrac1{r_d}\). Si la résistance série est nulle, la pente est infinie : la courbe est verticale (modèle de la diode parfaite).

Circuit de la figure 3.1 (AD3.9 à AD3.12)
  1. AD3.9 — \(c\colon 15\,\mathrm{mA}\) (diode idéale)

    La diode idéale passante est un fil : toute la tension est aux bornes de la charge.

    \[I=\frac ER=\frac{15\ \text{V}}{1\ \text{k}\Omega}=15\ \text{mA}\]
  2. AD3.10 — \(b\colon 14{,}3\,\mathrm{mA}\) (diode parfaite)

    Loi des mailles avec une source de \(0{,}7\,\mathrm{V}\) à la place de la diode : \(E=V_S+R\,I\).

    \[I=\frac{E-V_S}{R}=\frac{15-0{,}7}{1\ \text{k}\Omega}=14{,}3\ \text{mA}\]
  3. AD3.11 — \(d\colon 15\,\mathrm{V}\)

    Une diode court-circuitée est un fil : la charge reçoit toute la tension de la source.

  4. AD3.12 — \(b\) : la diode est un circuit ouvert

    \(U_R=R\,I=0\) impose \(I=0\) : le circuit est coupé quelque part. La diode « grillée ouverte » est la cause la plus probable. (Un court-circuit donnerait \(15\,\mathrm{V}\), une diode passante \(14{,}3\,\mathrm{V}\).)

Remarques sur le polyÀ l'AD3.2, le poly coche les quatre propositions : « en direct » n'est juste que si la tension directe reste sous le seuil (c'est le sens de « faiblement »). Les AD3.11-3.12 renvoient à la « figure 2.1 » : il s'agit de la figure 3.1, et la proposition « \(0\,\mathrm{A}\) » de l'AD3.11 devrait être « \(0\,\mathrm{V}\) ».
Ex 3.2

Diode en sortie d'un pont diviseur

AD3.13-3.14
\(E=10\ \text{V}\) ; \(R_1=100\ \Omega\) entre \(E\) et le point \(A\) ; \(R_2=40\ \Omega\) entre \(A\) et la masse \(B\) ; la diode est en parallèle sur \(R_2\) (anode en \(A\), cathode en \(B\)). AD3.13 État de la diode. AD3.14 Courant qui la traverse (modèle parfait, \(V_S=0{,}7\ \text{V}\)).
💡 Méthode et raisonnement

Tester une hypothèse. On suppose la diode bloquée (on l'enlève du circuit), on calcule la tension qui apparaîtrait à ses bornes, et on compare au seuil. Si cette tension dépasse \(V_S\), l'hypothèse est absurde : la diode conduit.

Calculer le courant avec Thévenin. Tout ce qui est « vu » par la diode (\(E\), \(R_1\), \(R_2\)) se remplace par une source \(E_{th}\) en série avec \(R_{th}\) :

\(E_{th}=E\,\dfrac{R_2}{R_1+R_2}\qquad R_{th}=R_1\parallel R_2=\dfrac{R_1R_2}{R_1+R_2}\)tension à vide ; résistance vue source éteinte

Il reste une maille simple : \(E_{th}=R_{th}\,i+V_S\).

✅ Correction détaillée
AD3.13 — État de la diode
  1. Hypothèse : diode bloquée

    Aucun courant dans la diode : \(R_1\) et \(R_2\) sont parcourues par le même courant, c'est un pont diviseur.

    \[U_{AB}=E\,\frac{R_2}{R_1+R_2}=10\times\frac{40}{140}=2{,}86\ \text{V}\]
  2. Vérification

    La diode aurait \(2{,}86\,\mathrm{V}\) en direct à ses bornes, bien plus que son seuil de \(0{,}7\,\mathrm{V}\). Une diode ne peut pas rester bloquée dans ces conditions : l'hypothèse est fausse, la diode est passante.

AD3.14 — Courant dans la diode
  1. Générateur de Thévenin vu par la diode
    \[\begin{gathered}E_{th}=2{,}86\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}R_{th}&=R_1\parallel R_2\\ &=\frac{R_1R_2}{R_1+R_2}\\ &=\frac{100\times40}{140}\\ &=28{,}6\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Maille équivalente
    \[\begin{aligned}i &= \frac{E_{th}-V_S}{R_{th}}\\ &= \frac{2{,}86-0{,}7}{28{,}6}\\ &= 75{,}5\ \text{mA}\end{aligned}\]
  3. Vérification par la loi des nœuds

    La diode impose \(V_A=0{,}7\ \text{V}\). Le courant de \(R_1\) se partage entre \(R_2\) et la diode :

    \[\begin{aligned}i&=\frac{E-V_A}{R_1}-\frac{V_A}{R_2}\\&=\frac{10-0{,}7}{100}-\frac{0{,}7}{40}=93-17{,}5=75{,}5\ \text{mA}\ ✓\end{aligned}\]

    \(i>0\) : l'hypothèse « passante » est confirmée.

RéponseDiode passante, \(i\approx75\ \text{mA}\).
Erreur du polyL'application numérique de l'AD3.14 prend \(E=5\ \text{V}\) au lieu de \(10\,\mathrm{V}\) (valeur de la figure 3.2 et de l'AD3.13) : elle trouve \(26\,\mathrm{mA}\). Avec \(E=10\ \text{V}\), le courant est de \(75{,}5\,\mathrm{mA}\).
Ex 3.3

Allumage d'une LED

AD3.15
Une source \(E=5\ \text{V}\) alimente une diode électroluminescente à travers une résistance \(R\). Modèle réel : \(V_S=0{,}7\ \text{V}\) et \(r_d=10\ \Omega\). Quelle valeur de \(R\) donne \(I=20\ \text{mA}\) ?
💡 Méthode et raisonnement

Le rôle de \(R\) est de limiter le courant : sans elle, la diode passante (presque un court-circuit au-delà du seuil) laisserait passer un courant destructeur. On écrit la loi des mailles avec le modèle réel de la diode (source \(V_S\) + résistance \(r_d\)) et on isole \(R\).

✅ Correction détaillée
  1. Loi des mailles
    \(E=R\,I+V_S+r_d\,I\)la tension de la source se répartit entre \(R\), le seuil et \(r_d\)
  2. Isoler \(R\)
    \[\begin{aligned}R&=\frac{E-V_S}{I}-r_d\\ &=\frac{5-0{,}7}{0{,}020}-10\\ &=215-10\\ &=205\ \Omega\end{aligned}\]
  3. Choisir une valeur normalisée

    \(205\,\mathrm{\Omega }\) n'existe pas en série E24. On prend \(200\,\mathrm{\Omega }\) et on vérifie le courant réel :

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}I&=\frac{E-V_S}{R+r_d}\\ &=\frac{5-0{,}7}{200+10}\\ &=20{,}5\ \text{mA}\ \ (+2{,}5\,\%)\end{aligned}\\[4pt] P_R=R\,I^2=200\times0{,}0205^2\approx84\ \text{mW}\end{gathered}\]

    Une résistance \(\frac{1}{4}\,W\) suffit.

Réponse\(R=205\ \Omega\), soit \(200\,\mathrm{\Omega }\) en valeur normalisée.
Réalité des LEDUne vraie LED a un seuil bien plus élevé (\(\approx 1{,}8-2\,\mathrm{V}\) en rouge, \(\approx 3\,\mathrm{V}\) en bleu ou blanc) : avec \(V_S=2\ \text{V}\), il faudrait \(R=\tfrac{E-V_S}{I}-r_d=\tfrac{5-2}{0{,}02}-10=140\ \Omega\). La datasheet donne \(V_F\) au courant nominal.
Ex 3.4

Écrêteur à deux diodes

AD3.16
\(u_e=15\cos\omega t\) \((50\,\mathrm{Hz})\), à travers une résistance série \(r_g\). En parallèle sur la sortie : une branche \(D_1+E_1=10\ \text{V}\) (\(D_1\) conduit quand la sortie dépasse \(E_1\)) et une branche \(D_2\) inversée \(+E_2=5\ \text{V}\) (\(D_2\) conduit quand la sortie descend sous \(-E_2\)). Diodes idéales ; charge \(R_L\gg r_g\). Tracer \(u_s(t)\).
💡 Méthode et raisonnement
  1. Supposer les deux diodes bloquées : aucun courant dans \(r_g\) (\(R_L\) très grande), donc \(u_s=u_e\).
  2. Écrire la tension aux bornes de chaque diode dans cette hypothèse : \(V_{D1}=u_e-E_1\) et \(V_{D2}=-E_2-u_e\). Une diode idéale conduit dès que sa tension devient positive.
  3. Quand une diode conduit, c'est un fil : elle impose la tension de sa branche à la sortie. L'excès de tension tombe dans \(r_g\).
✅ Correction détaillée
  1. Seuils de conduction
    \[\begin{gathered}D_1\ \text{conduit si}\ u_e-E_1>0\iff u_e>10\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}D_2\ \text{conduit si}\ -E_2-u_e&>\ 0\\ &\iff\ u_e\\ &<\ -5\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]

    Les deux ne peuvent pas conduire en même temps.

  2. Trois régimes
    \[u_s=\begin{cases}-E_2=-5\ \text{V}&\text{si }u_e<-5\ \text{V}\ \ (D_2\text{ passante})\\ u_e&\text{si }-5\ \text{V}\leq u_e\leq10\ \text{V}\ \ (\text{les deux bloquées})\\ E_1=10\ \text{V}&\text{si }u_e>10\ \text{V}\ \ (D_1\text{ passante})\end{cases}\]
  3. Instants de basculement (pour le tracé)

    Période \(T=20\ \text{ms}\).

    \[\begin{gathered}\begin{gathered}u_e=10 :\ \cos\omega t=\tfrac23\\[2pt] \Rightarrow\ \omega t=48{,}2^\circ,\ t=2{,}7\ \text{ms}\end{gathered}\\[4pt]\begin{gathered}u_e=-5 :\ \cos\omega t=-\tfrac13\\[2pt] \Rightarrow\ \omega t=109{,}5^\circ,\ t=6{,}1\ \text{ms}\end{gathered}\end{gathered}\]

    Le plateau haut dure de −2,7 à \(+2{,}7\,\mathrm{ms}\) autour de chaque maximum, le plateau bas de 6,1 à \(13{,}9\,\mathrm{ms}\).

RéponseUne sinusoïde d'amplitude \(15\,\mathrm{V}\) écrêtée à \(+10\,\mathrm{V}\) et à \(-5\,\mathrm{V}\).
ApplicationC'est le principe des protections d'entrée (diodes vers \(V_{CC}\) et vers la masse sur les broches d'un microcontrôleur) : la tension est bornée à \([-0{,}6\ \text{V}\,;\,V_{CC}+0{,}6\ \text{V}]\).
Ex 3.5

Point de fonctionnement de deux diodes en parallèle

AD3.17-3.20
\(E=2\ \text{V}\) et \(R=200\ \Omega\) alimentent \(D_1\) et \(D_2\) en parallèle ; caractéristiques de la figure 3.6. AD3.17 Montrer que \(i=3{,}6\ \text{mA}\) pour \(V_D=1\ \text{V}\) et \(7\,\mathrm{mA}\) pour \(V_D=1{,}4\ \text{V}\). AD3.18 Tracer \(i(V_D)\) de l'ensemble. AD3.19 Point de fonctionnement. AD3.20 Courants \(i_1\) et \(i_2\).
💡 Méthode et raisonnement

Association en parallèle : les deux diodes ont la même tension \(V_D\) et leurs courants s'additionnent. La caractéristique de l'ensemble s'obtient en additionnant les courbes verticalement.

Droite de charge : la maille \(E=R\,i+V_D\) donne une droite qui ne dépend que du circuit extérieur :

\(i=\dfrac{E-V_D}{R}\)passe par \((0\,;\,E/R)\) et \((E\,;\,0)\)

Le point de fonctionnement doit satisfaire à la fois la loi du composant et celle du circuit : c'est l'intersection des deux courbes.

✅ Correction détaillée
AD3.17 et AD3.18 — Caractéristique de l'ensemble
  1. Lecture sur la figure 3.6 et addition
    \[\begin{aligned}V_D=1{,}0\ \text{V} :&\ \ i_1\approx1{,}6,\ i_2\approx2{,}0\ \Rightarrow\ i=3{,}6\ \text{mA}\ ✓\\V_D=1{,}4\ \text{V} :&\ \ i_1\approx3{,}0,\ i_2\approx4{,}0\ \Rightarrow\ i=7{,}0\ \text{mA}\ ✓\end{aligned}\]

    On répète l'opération pour quelques tensions et on relie les points : la courbe \(i(V_D)\) est au-dessus des deux courbes individuelles.

AD3.19 — Point de fonctionnement
  1. Tracer la droite de charge
    \[\begin{gathered}i=\frac{2-V_D}{200}\ \ \Longrightarrow\ \ i\,(\text{mA})=10-5\,V_D\\[4pt] (0\,;\,10\ \text{mA})\ \text{et}\ (2\ \text{V}\,;\,0)\end{gathered}\]
  2. Intersection

    Entre 1,0 et \(1{,}2\,\mathrm{V}\), la caractéristique de l'ensemble est à peu près une droite de pente \(9\,\mathrm{mA}/\,\mathrm{V}\) passant par \((1\,\mathrm{V};\,\allowbreak 3{,}6\,\mathrm{mA})\) : \(i\approx3{,}6+9(V_D-1)\).

    \[\begin{gathered}3{,}6+9V_D-9=10-5V_D\\[3pt] \Longrightarrow\ 14V_D=15{,}4\\[3pt] \Longrightarrow\ V_D\approx1{,}1\ \text{V},\quad i\approx4{,}5\ \text{mA}\end{gathered}\]
AD3.20 — Répartition des courants
  1. Relire chaque courbe à \(V_D=1{,}1\ \text{V}\)
    \[\begin{gathered}i_1\approx2{,}0\ \text{mA}\\[4pt] i_2\approx2{,}5\ \text{mA}\\[4pt] i_1+i_2=4{,}5\ \text{mA}\ ✓\end{gathered}\]

    La diode \(D_2\), dont la caractéristique est plus raide, prend un peu plus de courant.

Réponse\(P\approx(1{,}1\ \text{V}\,;\,4{,}5\ \text{mA})\), avec \(i_1\approx2{,}0\ \text{mA}\) et \(i_2\approx2{,}5\ \text{mA}\).
À retenirLa méthode graphique (caractéristique \(\cap\) droite de charge) sert aussi pour le transistor en statique (TD5, TD7) : même geste, autre composant.
Ex 3.6

Quatre circuits « presque simples »

Q3.1-3.4 · non corrigé dans le poly
Diodes parfaites au silicium (\(V_S=0{,}7\ \text{V}\)). Calculer \(i\) et \(S\). (a) \(E=5\ \text{V}\), \(D_1\) et \(D_2\) en série, \(R=1\ \text{k}\Omega\) vers la masse, \(S\) aux bornes de \(R\). \((b)\) \(E=10\ \text{V}\), \(R_1=4\ \text{k}\Omega\), \(D\), \(R_2=3\ \text{k}\Omega\) reliée à \(-5\,\mathrm{V}\), \(S\) aux bornes de \(R_2\). \((c)\) \(E=10\ \text{V}\), \(R=1\ \text{k}\Omega\), puis \(D_1\) et \(D_2\) en parallèle vers la masse, \(S\) aux bornes des diodes. \((d)\) \(E_1=2\ \text{V}\) via \(D_1\) et \(E_2=4\ \text{V}\) via \(D_2\) vers le nœud \(A\) ; \(R=1\ \text{k}\Omega\) de \(A\) vers \(-1\,\mathrm{V}\) ; \(S\) aux bornes de \(R\).
💡 Méthode et raisonnement
  • Chaque diode passante est remplacée par une source de \(0{,}7\,\mathrm{V}\) (orientée de l'anode vers la cathode), puis on écrit la loi des mailles.
  • Si une extrémité du circuit est reliée à un potentiel imposé \((-5\,\mathrm{V},\,\allowbreak -1\,\mathrm{V})\), la tension qui fait circuler le courant est la différence de potentiel entre les deux extrémités, pas seulement \(E\).
  • Deux sources qui alimentent un même nœud à travers des diodes : c'est un OU à diodes. Seule la diode reliée à la tension la plus haute peut conduire ; on le vérifie en testant les hypothèses.
✅ Correction détaillée
(a) Deux diodes en série
  1. Maille

    \(E=5\ \text{V}\) est largement supérieur aux deux seuils cumulés \((1{,}4\,\mathrm{V})\) : les deux diodes conduisent.

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}E&=2V_S+R\,i\\ &\Longrightarrow\ i=\frac{E-2V_S}{R}=\frac{5-1{,}4}{1\ \text{k}\Omega}=3{,}6\ \text{mA}\end{aligned}\\[4pt] S=R\,i=3{,}6\ \text{V}\end{gathered}\]
\((b)\) Maille entre \(+10\,\mathrm{V}\) et \(-5\,\mathrm{V}\)
  1. Tension totale disponible

    Le courant circule \(\mathrm{d}u+10\,\mathrm{V}\) vers le \(-5\,\mathrm{V}\) : la tension totale dans la maille est \(E_1-E_2=10-(-5)=15\ \text{V}\), dont \(0{,}7\,\mathrm{V}\) pour la diode.

    \[\begin{gathered}i=\frac{E_1-E_2-V_S}{R_1+R_2}=\frac{14{,}3}{7\ \text{k}\Omega}=2{,}04\ \text{mA}\\[4pt] S=R_2\,i=6{,}13\ \text{V}\end{gathered}\]

    \(i>0\) : diode passante ✓. Potentiel du nœud entre \(D\) et \(R_2\) : \(V=E_2+R_2\,i=-5+6{,}13=+1{,}13\ \text{V}\).

\((c)\) Deux diodes en parallèle
  1. La tension est fixée par les diodes
    \[\begin{gathered}S=V_S=0{,}7\ \text{V}\\[4pt] i=\frac{E-V_S}{R}=\frac{10-0{,}7}{1\ \text{k}\Omega}=9{,}3\ \text{mA}\\[4pt]\begin{aligned}i_1&=i_2\\ &=4{,}65\ \text{mA}\ \text{(diodes identiques)}\end{aligned}\end{gathered}\]

    Avec des modèles parfaits, la répartition est indéterminée. En réalité, la diode la plus chaude a un seuil plus bas, prend plus de courant, chauffe encore plus (emballement) : on met une petite résistance en série avec chaque diode (« ballast ») pour équilibrer.

\((d)\) OU à diodes
  1. Hypothèse « les deux passantes » : impossible

    \(D_1\) passante imposerait \(V_A=E_1-V_S=2-0{,}7=1{,}3\ \text{V}\) ; \(D_2\) passante imposerait \(V_A=E_2-V_S=4-0{,}7=3{,}3\ \text{V}\). Un nœud ne peut pas avoir deux potentiels.

  2. Hypothèse « \(D_2\) passante, \(D_1\) bloquée »
    \[\begin{gathered}V_A=E_2-V_S=4-0{,}7=3{,}3\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}V_{D1}&=E_1-V_A\\ &=2-3{,}3\\ &=-1{,}3\ \text{V}\\ &<\ 0{,}7\ \text{V}\\ &\Rightarrow\ D_1\ \text{bloquée}\ ✓\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Courant et sortie
    \[\begin{gathered}i=\frac{V_A-(-1)}{R}=\frac{4{,}3}{1\ \text{k}\Omega}=4{,}3\ \text{mA}\\[4pt] S=4{,}3\ \text{V}\\[4pt] i_1=0,\ i_2=4{,}3\ \text{mA}\end{gathered}\]
Réponses\((a)\,3{,}6\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 3,\,\allowbreak 6\,\mathrm{V};\,\allowbreak (b)\,2{,}04\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 6,\,\allowbreak 13\,\mathrm{V};\,\allowbreak (c)\,9{,}3\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 0,\,\allowbreak 7\,\mathrm{V};\,\allowbreak (d)\,4{,}3\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 4,\,\allowbreak 3\,\mathrm{V}\) (seule \(D_2\) conduit).
Ex 3.7

Redresseur simple alternance « de précision » à AOP

Q3.5-3.13 · non corrigé dans le poly
\(u_e=V_0\cos\omega t\) sur l'entrée +. Sortie de l'AOP \((A)\to\) diode idéale (anode \(A\), cathode \(B\)) → \(R\) vers la masse ; \(B\) est relié à l'entrée −, et \(u_s=V_B\). AOP idéal, saturation \(\pm V_{SAT}\). Q3.5-3.6 \(u_s\) et \(V^-\) si la diode est bloquée ; Q3.7 régime de l'AOP ; Q3.8 condition de blocage sur \(V_A\) ; Q3.9 condition sur \(u_e\) ; Q3.10-3.11 diode passante : régime, condition ; Q3.12 \(u_s\) ; Q3.13 chronogrammes.
💡 Méthode et raisonnement

Règle de base de l'AOP : il est en régime linéaire quand une contre-réaction relie sa sortie à son entrée − ; alors \(V^+=V^-\) (le gain énorme de l'AOP ajuste la sortie pour annuler l'écart). Sans contre-réaction, il est saturé :

\(V_{\text{sortie}}=\begin{cases}+V_{SAT}&\text{si }V^+>V^-\\-V_{SAT}&\text{si }V^+<V^-\end{cases}\)fonctionnement en comparateur

Ici, la contre-réaction passe par la diode : elle n'existe que si la diode conduit. On étudie donc séparément les deux états de la diode.

✅ Correction détaillée
Cas 1 : diode bloquée (Q3.5 à Q3.9)
  1. Q3.\(5-Q_{3}\).6 — Sortie et entrée −

    Diode bloquée : aucun courant ne traverse \(R\) (l'entrée − de l'AOP idéal ne consomme rien non plus). Donc \(u_s=R\times0=0\), et comme l'entrée − est reliée à \(B\) : \(V^-=0\).

  2. Q3.7 — Régime de l'AOP

    La sortie \(A\) n'est plus reliée à l'entrée − (la diode est ouverte) : pas de contre-réaction. L'AOP fonctionne en comparateur, sa sortie vaut \(\pm V_{SAT}\).

  3. Q3.8 — Condition de blocage

    La diode est bloquée si son anode est plus basse que sa cathode : \(V_A<V_B=0\). Parmi les deux valeurs possibles, seule \(V_A=-V_{SAT}\) convient.

  4. Q3.9 — Condition sur \(u_e\)

    Le comparateur donne \(-V_{SAT}\) quand \(V^+<V^-\), soit \(u_e<0\). Conclusion : quand \(u_e<0\), la diode est bloquée et \(u_s=0\).

Cas 2 : diode passante (Q3.10 à Q3.12)
  1. Q3.10 — Régime linéaire

    La diode passante relie \(A\) à \(B\), donc la sortie à l'entrée − : il y a contre-réaction, l'AOP est en régime linéaire.

  2. Q3.11 — Quand la diode conduit-elle ?

    Si \(u_e>0\) et qu'on suppose la diode bloquée, le comparateur donnerait \(V_A=+V_{SAT}>0=V_B\) : la diode serait polarisée en direct, ce qui contredit l'hypothèse. Donc dès que \(u_e>0\), la diode conduit.

  3. Q3.12 — Expression de \(u_s\)

    En régime linéaire, \(V^-=V^+\), donc \(u_s=u_e\). La sortie de l'AOP se place automatiquement à \(V_A=u_e+V_{\text{diode}}\) : l'AOP « compense » le seuil de la diode.

Q3.13 — Chronogrammes
  1. Synthèse
    \[u_s=\begin{cases}u_e&\text{si }u_e>0\\0&\text{si }u_e<0\end{cases}\qquad V_A=\begin{cases}\approx u_e+0{,}7\ \text{V}&\text{si }u_e>0\\-V_{SAT}&\text{si }u_e<0\end{cases}\]

    C'est un redressement simple alternance sans perte de \(0{,}7\,\mathrm{V}\), valable même pour des signaux de quelques millivolts.

IntérêtUn redresseur à diode seule ne laisse rien passer sous \(0{,}7\,\mathrm{V}\) : inutilisable pour mesurer un petit signal (capteur, audio). Le montage à AOP (« super-diode ») est la base des voltmètres AC et des détecteurs de crête. Limite pratique : à chaque passage par zéro, l'AOP doit sortir de saturation, ce qui limite la fréquence utilisable.
Ex 3.8

Synthétiser une caractéristique par morceaux

ES3.1
Quatre branches en parallèle sur \(E\), chacune composée d'une diode idéale, d'une résistance \(R_k\) et d'une source \(E_k\). La caractéristique \(i(E)\) est formée de segments de droite passant par \((0;\,\allowbreak 0),\,\allowbreak (1\,\mathrm{V};\,\allowbreak 1\,\mathrm{mA}),\,\allowbreak (2\,\mathrm{V};\,\allowbreak 4\,\mathrm{mA}),\,\allowbreak (3\,\mathrm{V};\,\allowbreak 9\,\mathrm{mA}),\,\allowbreak (4\,\mathrm{V};\,\allowbreak 25\,\mathrm{mA})\). Trouver les \(E_k\) et \(R_k\).
💡 Méthode et raisonnement

Une branche « diode idéale + \(R_k\) + \(E_k\) » ne conduit que si \(E>E_k\) ; ensuite elle ajoute un courant \(\dfrac{E-E_k}{R_k}\), donc une pente \(\dfrac1{R_k}\). Ainsi :

  • chaque cassure de la courbe correspond à une branche qui commence à conduire : \(E_k\) est l'abscisse de la cassure ;
  • sur un segment, la pente est la somme des \(\tfrac1R\) des branches actives, donc :
\(\dfrac1{R_k}=\text{pente après la cassure}-\text{pente avant}\)une branche de plus à chaque cassure
✅ Correction détaillée
  1. Pentes des segments \(\left(\frac{mA}{V}\right)\)
    \[\begin{gathered}\text{pente}=\frac{\Delta I}{\Delta V}\\[4pt] [0\,;1] :\ \frac{1-0}{1}=1\\[4pt] [1\,;2] :\ \frac{4-1}{1}=3\\[4pt] [2\,;3] :\ \frac{9-4}{1}=5\\[4pt] [3\,;4] :\ \frac{25-9}{1}=16\end{gathered}\]
  2. Branches
    \[\begin{aligned}\text{branche 1} :&\ \ E_1=0,&\ \frac1{R_1}&=1\ \text{mA/V}&\Rightarrow R_1&=1\ \text{k}\Omega\\\text{branche 2} :&\ \ E_2=1\ \text{V},&\ \frac1{R_2}&=3-1=2\ \text{mA/V}&\Rightarrow R_2&=500\ \Omega\\\text{branche 3} :&\ \ E_3=2\ \text{V},&\ \frac1{R_3}&=5-3=2\ \text{mA/V}&\Rightarrow R_3&=500\ \Omega\\\text{branche 4} :&\ \ E_4=3\ \text{V},&\ \frac1{R_4}&=16-5=11\ \text{mA/V}&\Rightarrow R_4&=91\ \Omega\end{aligned}\]
  3. Vérification en un point
    \[\begin{aligned}I(E=4\ \text{V}) &= \frac{E}{R_1}+\frac{E-E_2}{R_2}+\frac{E-E_3}{R_3}+\frac{E-E_4}{R_4}\\ &= \frac41+\frac{4-1}{0{,}5}+\frac{4-2}{0{,}5}+\frac{4-3}{0{,}091}\\ &= 4+6+4+11\\ &= 25\ \text{mA}\ ✓\end{aligned}\]
Réponse\(E_1=0\), \(R_1=1\ \text{k}\Omega\) ; \(E_2=1\ \text{V}\), \(R_2=500\ \Omega\) ; \(E_3=2\ \text{V}\), \(R_3=500\ \Omega\) ; \(E_4=3\ \text{V}\), \(R_4=91\ \Omega\).
Erreurs du polyÀ la fin, le poly écrit « \(E_3=3\ \text{V}\) » et « \(R_3=91\ \Omega\) » (et \(\tfrac1{R_3}\) dans l'équation) : il s'agit de \(E_4\) et \(R_4\). Il renvoie aussi à une « figure \(2.9\,(a)\) » au lieu de \(3.9\,(a)\). La méthode des pentes évite de réécrire quatre équations.
IntérêtOn approche ainsi une loi quelconque (ici \(i\approx E^2\), une parabole) par des segments : c'est le principe des générateurs de fonctions analogiques (conformateurs à diodes, qui transforment un triangle en sinus).
Ex 3.9

Écrêteur mixte

ES3.2
\(u_e\) sinusoïdale de \(100\,\mathrm{V}\) crête à crête, \(u_e(0)=-50\ \text{V}\). \(D_1\) de \(A\) (entrée) vers \(B\) ; \(R_1=1\ \text{k}\Omega\) de \(B\) vers un point à \(-30\,\mathrm{V}\) ; \(R_2=1\ \text{k}\Omega\) de \(B\) vers \(C\) ; \(D_2\) de \(C\) vers \(D,\,\allowbreak D\) étant à \(+20\,\mathrm{V}\) ; \(u_s=V_C\). Diodes idéales. Tracer \(u_s(t)\).
💡 Méthode et raisonnement

Découper l'excursion de \(u_e\) (de −50 à \(+50\,\mathrm{V}\)) en intervalles où l'état de chaque diode est fixé. Pour chaque intervalle : faire l'hypothèse, calculer les potentiels, vérifier les tensions aux bornes des diodes. Les seuils de basculement sont \(-30\,\mathrm{V}\) (\(D_1\)) et \(+20\,\mathrm{V}\) (\(D_2\)).

✅ Correction détaillée
  1. \(u_e<-30\ \text{V}\) : \(D_1\) bloquée

    Si \(D_1\) est bloquée, \(B\) n'est relié qu'à \(-30\,\mathrm{V}\) (via \(R_1\)) et à \(C\). Si \(D_2\) est aussi bloquée, aucun courant ne circule : \(V_B=V_C=-30\ \text{V}\). Vérifications : \(D_1\) a \(u_e-(-30)<0\), bloquée ✓ ; \(D_2\) a \(V_B-20=-30-20=-50\ \text{V}\), bloquée ✓. Donc \(u_s=-30\ \text{V}\).

  2. \(-30\ \text{V}<u_e<20\ \text{V}\) : \(D_1\) passante, \(D_2\) bloquée

    \(D_1\) idéale passante : \(V_B=u_e\) (un courant \(\tfrac{u_e+30}{R_1}>0\) circule dans \(R_1\) ✓). \(D_2\) bloquée : pas de courant dans \(R_2\), donc \(V_C=V_B\). Vérification \(D_2\) : \(u_e-20<0\) ✓. Donc \(u_s=u_e\).

  3. \(u_e>20\ \text{V}\) : \(D_2\) passante

    \(D_2\) idéale passante impose \(V_C=20\ \text{V}\) ; l'excès \(u_e-20\) tombe dans \(R_2\). Donc \(u_s=+20\ \text{V}\).

  4. Synthèse
    \[u_s=\begin{cases}-30\ \text{V}&\text{si }u_e<-30\ \text{V}\\u_e&\text{si }-30\ \text{V}\leq u_e\leq20\ \text{V}\\+20\ \text{V}&\text{si }u_e>20\ \text{V}\end{cases}\]
Réponse\(u_e(t)=-50\cos\omega t\), écrêtée en bas à \(-30\,\mathrm{V}\) et en haut à \(+20\,\mathrm{V}\).
RemarqueSur le schéma de synthèse du poly, l'axe porte « \(E_1=-30\ \text{V}\) » : il faut lire \(-E_1=-30\ \text{V}\) (\(E_1=30\ \text{V}\) avec son « + » à la masse).
TD 4 · Poly \(p\). 33-42

La diode Zener

Régulateur Zener : tant que la Zener conduit en inverse avec \(I_{Z,\min}\leq I_Z\leq I_{Z,\max}\), sa tension reste égale à \(V_Z\), donc \(u_L=V_Z\). Deux équations suffisent : \(i=\dfrac{E-V_Z}{R}\) (loi d'Ohm sur \(R\)) et \(i=i_Z+i_L\) (loi des nœuds). Pour savoir si la Zener conduit, on compare \(V_Z\) à la tension à vide (Zener retirée) à ses bornes. Revoir le cours (ch. 3)

Ex 4.1

Zener en régime alternatif

AD4.1-4.2
\(u_e=A\sin\omega t\) → \(R\) → nœud \(N\) ; de \(N\) vers la masse : une résistance \(R\), et une branche \(\tfrac R2\) + diode Zener. AD4.1 Rappeler les modèles de la Zener (direct et inverse). AD4.2 Exprimer le courant \(i\) dans la Zener.
💡 Méthode et raisonnement

La Zener a trois états : passante en direct (comme une diode ordinaire, tension \(V_S\)), bloquée, et passante en inverse (effet Zener/avalanche, tension \(-V_Z\)).

Simplifier avant de calculer : on remplace tout ce qui est à gauche de la branche \(\tfrac R2\) + Zener par son générateur de Thévenin. La source \(u_e\) et les deux résistances \(R\) forment un pont diviseur :

\(E_{th}=u_e\,\dfrac{R}{R+R}=\dfrac{u_e}{2}\qquad R_{th}=R\parallel R=\dfrac R2\)tension à vide en \(N\) ; résistance vue source éteinte
✅ Correction détaillée
AD4.1 — Modèles de la Zener
  1. Trois zones de fonctionnement
    \[u_z=\begin{cases}V_S\ (+\,r_s\,i)&\text{direct},\ i>0\\\text{quelconque},\ i=0&\text{bloquée},\ -V_Z<u_z<V_S\\-V_Z\ (+\,r_z\,i)&\text{inverse},\ i<0\end{cases}\]

    Entre parenthèses, le terme du modèle réel. En inverse, la tension reste presque constante quel que soit le courant : c'est cette propriété qu'on utilise pour réguler.

AD4.2 — Courant dans la Zener
  1. Circuit équivalent

    Après Thévenin, il reste une seule maille : \(E_{th}=\tfrac{u_e}2\), puis \(R_{th}+\tfrac R2=R\), puis la Zener.

    \[\frac{u_e}{2}=R\,i+u_z\ \Longrightarrow\ i=\frac{u_e}{2R}-\frac{u_z}{R}\]
  2. Selon l'état de la diode
    \[i=\begin{cases}\dfrac{A\sin\omega t-2V_S}{2R}&\text{si }A\sin\omega t>2V_S\ \ \text{(direct)}\\[8pt]\dfrac{A\sin\omega t+2V_Z}{2R}&\text{si }A\sin\omega t<-2V_Z\ \ \text{(inverse)}\\[8pt]0&\text{entre les deux (bloquée)}\end{cases}\]

    Le facteur 2 vient du pont diviseur : la diode ne voit que la moitié de \(u_e\). Elle conduit en direct quand \(\tfrac{u_e}2\) dépasse \(V_S\), soit \(u_e>2V_S\).

Complément au polyLe poly donne \(i=\dfrac{A}{2R}\sin\omega t-\dfrac{u_z}{R}\) sans préciser que cette expression n'est valable que lorsque la diode conduit : entre \(-2V_Z\) et \(2V_S\) pour \(A\sin\omega t\), \(i=0\). Il écrit aussi « \(I_{Z,\text{MAX}}=100\) \(mV\) » sur la figure 4.2 : c'est \(100\,\mathrm{mA}\).
Ex 4.2

Stabilisateur : régulation aval puis amont

AD4.3-4.13
\(E\) → \(R=100\ \Omega\) → nœud ; Zener (\(V_Z=6{,}2\ \text{V}\), \(I_{Z,\max}=100\ \text{mA}\), \(I_{Z,\min}=0\)) et charge \(R_L\) en parallèle. Partie 1 (régulation aval) : \(E=24\ \text{V}\) fixe, \(R_L\) varie : plage de \(R_L\) ? Partie 2 (régulation amont) : \(R_L=220\ \Omega\), \(E\) varie : plage de \(E\) ? Que se passe\(-t\)-il si la charge est déconnectée ?
💡 Méthode et raisonnement

Idée clé : tant que la Zener régule, la tension du nœud est fixée à \(V_Z\). Le courant dans \(R\) ne dépend alors que de \(E\), et il se partage entre la Zener et la charge :

\(i=\dfrac{E-V_Z}{R}=i_Z+i_L\)loi d'Ohm sur \(R\) + loi des nœuds

Les limites viennent de la Zener : \(i_Z\geq I_{Z,\min}\) (sinon elle se bloque et ne régule plus) et \(i_Z\leq I_{Z,\max}\) (sinon elle chauffe trop et se détruit). On écrit chaque limite et on en déduit la valeur extrême de la grandeur qui varie.

✅ Correction détaillée
Partie 1 — \(E=24\ \text{V}\) fixe, \(R_L\) variable
  1. Courant dans \(R\) (constant)
    \[i=\frac{E-V_Z}{R}=\frac{24-6{,}2}{100}=178\ \text{mA}\]

    Ce courant ne dépend pas de la charge : la Zener « absorbe » ce que la charge ne prend pas.

  2. Plage du courant de charge
    \[\begin{gathered}i_L=i-i_Z :\\[4pt] i_{L,\min}=i-i_{Z,\max}=178-100=78\ \text{mA}\\[4pt] i_{L,\max}=i-i_{Z,\min}=178-0=178\ \text{mA}\end{gathered}\]
  3. Plage de \(R_L\)

    La charge est sous \(V_Z\) : \(R_L=\dfrac{V_Z}{i_L}\). Un grand courant correspond à une petite résistance.

    \[\begin{gathered}R_{L,\min}=\frac{V_Z}{i_{L,\max}}=\frac{6{,}2}{0{,}178}=34{,}8\ \Omega\\[4pt] R_{L,\max}=\frac{V_Z}{i_{L,\min}}=\frac{6{,}2}{0{,}078}=79{,}5\ \Omega\end{gathered}\]

    Si \(R_L>79{,}5\ \Omega\), la charge prend moins de \(78\,\mathrm{mA}\) et la Zener devrait absorber plus de \(100\,\mathrm{mA}\) : elle serait détruite. Si \(R_L<34{,}8\ \Omega\), la charge demande plus que les \(178\,\mathrm{mA}\) disponibles : la Zener se bloque et \(u_L\) chute sous \(6{,}2\,\mathrm{V}\).

Partie 2 — \(R_L=220\ \Omega\) fixe, \(E\) variable
  1. Courant de charge (constant) et plage de \(i\)
    \[\begin{gathered}i_L=\frac{V_Z}{R_L}=\frac{6{,}2}{220}=28{,}2\ \text{mA}\\[4pt] i_{\min}=i_{Z,\min}+i_L=0+28{,}2=28{,}2\ \text{mA}\\[4pt] i_{\max}=i_{Z,\max}+i_L=100+28{,}2=128{,}2\ \text{mA}\end{gathered}\]
  2. Plage de \(E\)
    \(E=R\,i+V_Z\)maille source → \(R\) → Zener
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}E_{\min}&=R\,i_{\min}+V_Z\\ &=100\times0{,}0282+6{,}2\\ &=9{,}0\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}E_{\max}&=R\,i_{\max}+V_Z\\ &=100\times0{,}1282+6{,}2\\ &=19{,}0\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Charge déconnectée à \(E_{\max}\)

    Si la charge est débranchée, tout le courant passe dans la Zener :

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}i_Z&=\frac{E_{\max}-V_Z}{R}\\ &=\frac{19-6{,}2}{100}\\ &=128\ \text{mA}\\ &>\ 100\ \text{mA}\end{aligned}\\[3pt] \Longrightarrow\ \text{destruction de la Zener}\end{gathered}\]

    Pour que le montage survive à une déconnexion, il faut limiter \(E\) à la valeur qui donne \(I_{Z,\max}\) à vide :

    \[E_{\max}=V_Z+R\,I_{Z,\max}=6{,}2+100\times0{,}1=16{,}2\ \text{V}\]
Réponses\(34{,}8\ \Omega\leq R_L\leq79{,}5\ \Omega\) ; \(9\ \text{V}\leq E\leq19\ \text{V}\) (\(16{,}2\,\mathrm{V}\) au plus pour survivre à une déconnexion).
Remarques sur le polyLe poly arrondit \(i\) à \(180\,\mathrm{mA}\), d'où \(R_{L,\min}=34{,}4\ \Omega\) et \(R_{L,\max}=77{,}5\ \Omega\) ; avec \(178\,\mathrm{mA}\) on trouve \(34{,}8\,\mathrm{\Omega }\) et \(79{,}5\,\mathrm{\Omega }\). À l'AD4.10, la seconde ligne est notée « \(i_{\text{MIN}}\) » alors qu'il s'agit de \(i_{\text{MAX}}=128\ \text{mA}\).
Ex 4.3

Caractéristique de transfert d'un régulateur

AD4.14
\(E\) → \(R=100\ \Omega\) → nœud ; Zener idéale \(V_Z=5{,}6\ \text{V}\) et \(R_L=100\ \Omega\) en parallèle. À partir de quelle valeur de \(E\) y \(a-t\)-il régulation ? Tracer \(u_L(E)\).
💡 Méthode et raisonnement

Tant que la Zener est bloquée, le circuit est un simple pont diviseur. Elle se met à conduire quand la tension de ce pont atteint \(V_Z\). Au-delà, elle bloque la tension à \(V_Z\).

✅ Correction détaillée
  1. Zener bloquée : pont diviseur
    \[u_L=E\,\frac{R_L}{R+R_L}=E\times\frac{100}{200}=\frac E2\]
  2. Début de régulation et caractéristique
    \[\frac E2=V_Z\iff E=2\times5{,}6=11{,}2\ \text{V}\qquad u_L=\begin{cases}\dfrac E2&\text{si }E<11{,}2\ \text{V}\\[6pt]5{,}6\ \text{V}&\text{si }E\geq11{,}2\ \text{V}\end{cases}\]

    La courbe monte avec une pente \(\tfrac12\) puis devient horizontale : c'est la signature d'un régulateur.

RéponseRégulation pour \(E\geq11{,}2\ \text{V}\).
Ex 4.4

Courant dans un régulateur à \(E\) variable

AD4.15-4.16
\(R=820\ \Omega\), \(V_Z=10\ \text{V}\), \(E\) varie de 20 à \(40\,\mathrm{V}\), sortie à vide. AD4.15 Courants minimal et maximal dans la Zener (idéale). AD4.16 Même question avec une résistance dynamique \(r_Z=7\ \Omega\).
💡 Méthode et raisonnement

Sortie à vide : tout le courant de \(R\) passe dans la Zener. Modèle idéal : source \(V_Z\). Modèle réel : source \(V_Z\) en série avec \(r_Z\) ; la tension de sortie varie alors un peu avec le courant, et \(r_Z\) mesure la qualité de la régulation.

✅ Correction détaillée
AD4.15 — Zener idéale
  1. Maille \(E\) → \(R\) → Zener
    \[\begin{gathered}i=\frac{E-V_Z}{R} :\\[4pt] i_{\min}=\frac{E_{\min}-V_Z}{R}=\frac{20-10}{820}=12{,}2\ \text{mA}\\[4pt] i_{\max}=\frac{E_{\max}-V_Z}{R}=\frac{40-10}{820}=36{,}6\ \text{mA}\end{gathered}\]
AD4.16 — Avec \(r_Z=7\ \Omega\)
  1. \(r_Z\) s'ajoute à \(R\) dans la maille
    \[\begin{gathered}i=\frac{E-V_Z}{R+r_Z} :\\[4pt] i_{\min}=\frac{E_{\min}-V_Z}{R+r_Z}=\frac{10}{827}=12{,}1\ \text{mA}\\[4pt] i_{\max}=\frac{E_{\max}-V_Z}{R+r_Z}=\frac{30}{827}=36{,}3\ \text{mA}\end{gathered}\]
  2. Conséquence sur la sortie
    \[\begin{aligned}u_s &= V_Z+r_Z\,i :\quad10+7\times0{,}0121\\ &= 10{,}08\ \text{V}\ \ \longrightarrow\ \ 10+7\times0{,}0363\\ &= 10{,}25\ \text{V}\end{aligned}\]

    Quand \(E\) varie de \(20\,\mathrm{V}\), la sortie ne varie que de \(0{,}17\,\mathrm{V}\) : le coefficient de régulation vaut \(\tfrac{\Delta V_s}{\Delta E}=\tfrac{0{,}17}{20}\approx\tfrac{r_Z}{R+r_Z}\approx0{,}85\,\%\).

Erreur du polyL'A.\(N\). de l'AD4.16 utilise 820 + 8 au lieu de 820 + 7 (\(i_{\max}=36{,}2\) au lieu de \(36{,}3\,\mathrm{mA}\)).
Ex 4.5

Diode classique et diode Zener

Q4.1 · non corrigé dans le poly
\(u_e=\pm10\ \text{V}\) → \(D_1\) (Zener : \(V_S=0{,}6\ \text{V}\) en direct, \(V_Z=3{,}2\ \text{V}\) en inverse) → \(R_1\) → nœud \(N\) ; de \(N\) vers la masse : \(R_2\), et \(D_2\) (diode ordinaire, \(V_S=0{,}6\ \text{V}\), anode à la masse, cathode en \(N\)). Trouver \(R_1\) et \(R_2\) pour que \(|i|=10\ \text{mA}\) dans les deux cas.
💡 Méthode et raisonnement

Deux inconnues (\(R_1\), \(R_2\)), deux situations (\(+10\,\mathrm{V}\) et \(-10\,\mathrm{V}\)) : chaque situation donne une équation. Pour chacune :

  1. déterminer le sens du courant, puis l'état de chaque diode (\(D_2\) ne peut conduire que si \(N\) devient négatif) ;
  2. remplacer les diodes par leurs sources de tension ;
  3. écrire la loi des mailles.
✅ Correction détaillée
Cas \(u_e=+10\ \text{V}\)
  1. États des diodes et maille

    Le courant sort de la source vers \(N\) : \(D_1\) est en direct \((0{,}6\,\mathrm{V})\). \(N\) est à un potentiel positif, donc \(D_2\) est bloquée. Le courant traverse \(R_1\) puis \(R_2\).

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}u_e&=V_S+(R_1+R_2)\,i\ :\ \ 10\\ &=0{,}6+(R_1+R_2)\times0{,}01\end{aligned}\\[3pt] \Longrightarrow\ R_1+R_2=\frac{u_e-V_S}{i}=\frac{9{,}4}{0{,}01}=940\ \Omega\end{gathered}\]
Cas \(u_e=-10\ \text{V}\)
  1. États des diodes

    Le courant circule de la masse vers la source. \(D_2\) est alors en direct : elle conduit et fixe \(V_N=-0{,}6\ \text{V}\). \(D_1\) est traversée à l'envers : c'est une Zener, elle fonctionne en régime Zener avec \(3{,}2\,\mathrm{V}\) à ses bornes. \(R_2\), en parallèle sur \(D_2\), ne voit que \(0{,}6\,\mathrm{V}\).

  2. Maille \(N\to\) \(R_1\) → \(D_1\) → source
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_N-u_e&=R_1\,|i|+V_Z\\ &\Longrightarrow\ -0{,}6+10=0{,}01\,R_1+3{,}2\\ &\Longrightarrow\ R_1=620\ \Omega\end{aligned}\\[4pt] R_2=(R_1+R_2)-R_1=940-620=320\ \Omega\end{gathered}\]
Vérification des hypothèses
  1. Contrôles
    \[\begin{aligned}+10\ \text{V} :&\ \ V_N=R_2\,i=320\times0{,}01=3{,}2\ \text{V}>0\ \Rightarrow\ D_2\ \text{bloquée}\ ✓\\-10\ \text{V} :&\ \ i_{R_2}=\frac{0{,}6}{320}=1{,}9\ \text{mA}\ \Rightarrow\ i_{D_2}=10-1{,}9=8{,}1\ \text{mA}>0\ ✓\end{aligned}\]
Réponse\(R_1=620\ \Omega\), \(R_2=320\ \Omega\) (valeurs normalisées proches : \(620\,\mathrm{\Omega }\) et \(330\,\mathrm{\Omega }\) en E24).
Ex 4.6

Régulation d'une tension redressée (40 à \(60\,\mathrm{V}\))

Q4.2-4.5 · non corrigé dans le poly
\(E\) → \(R\) → nœud ; Zener idéale \(V_Z=45\ \text{V}\) et \(R_L=1{,}8\ \text{k}\Omega\) en parallèle. \(E\) varie de 40 à \(60\,\mathrm{V}\) ; à \(E=40\ \text{V}\), on mesure \(i=20\ \text{mA}\). Q4.2 Valeur de \(R\). Q4.3 Valeur de \(E\) à partir de laquelle la tension est régulée. Q4.4 Tracer \(u_s(E)\). Q4.5 Courant dans la Zener à \(E=60\ \text{V}\).
💡 Méthode et raisonnement

Observation décisive : à \(E=40\ \text{V}\), la Zener de \(45\,\mathrm{V}\) ne peut pas conduire, car la tension à ses bornes est au plus \(E=40\ \text{V}<45\ \text{V}\). Le circuit est alors un simple pont diviseur \(R+R_L\), et la mesure \(i=20\ \text{mA}\) donne \(R\).

Ensuite, même raisonnement qu'à l'Ex 4.3 : la régulation commence quand la tension à vide du pont atteint \(V_Z\).

✅ Correction détaillée
Q4.2 — Valeur de \(R\)
  1. Zener bloquée à \(40\,\mathrm{V}\)
    \[\begin{gathered}R+R_L=\frac Ei=\frac{40}{0{,}02}=2\ \text{k}\Omega\\[3pt]\begin{aligned}\Longrightarrow\ \ R&=(R+R_L)-R_L\\ &=2000-1800\\ &=200\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    Contrôle : \(u_s=R_L\,i=1{,}8\ \text{k}\Omega\times20\ \text{mA}=36\ \text{V}<45\ \text{V}\), Zener bien bloquée ✓.

Q4.3 et Q4.4 — Début de régulation et caractéristique
  1. Tension à vide du pont
    \[u_s=E\,\frac{R_L}{R+R_L}=0{,}9\,E\geq45\ \text{V}\iff E\geq50\ \text{V}\]
    \[u_s=\begin{cases}0{,}9\,E&\text{si }40\ \text{V}\leq E<50\ \text{V}\ \ \text{(de 36 à 45 V)}\\45\ \text{V}&\text{si }50\ \text{V}\leq E\leq60\ \text{V}\end{cases}\]
Q4.5 — Courant Zener à \(60\,\mathrm{V}\)
  1. Loi d'Ohm sur \(R\), puis loi des nœuds
    \[\begin{gathered}i=\frac{E-V_Z}{R}=\frac{60-45}{200}=75\ \text{mA}\\[4pt] i_L=\frac{V_Z}{R_L}=\frac{45}{1800}=25\ \text{mA}\\[4pt] i_Z=i-i_L=50\ \text{mA}\end{gathered}\]

    Puissance dissipée par la Zener : \(P_Z=V_Z\,i_Z=45\times0{,}05=2{,}25\ \text{W}\), il faut un composant de puissance (boîtier \(\ge 3\,\mathrm{W}\)).

Réponses\(R=200\ \Omega\) ; régulation pour \(E\geq50\ \text{V}\) ; \(i_Z=50\ \text{mA}\) à \(60\,\mathrm{V}\).
Conséquence pratiqueEntre 40 et \(50\,\mathrm{V}\) la sortie n'est pas régulée : pour réguler sur toute la plage, il faudrait une Zener de tension plus faible ou une résistance \(R\) plus petite. L'énoncé renvoie à « la figure 3.6 » : il s'agit de la figure 4.6.
Ex 4.7

Deux Zener en série

ES4.1-4.2
\(E=45\ \text{V}\) → \(R\) → nœud ; deux Zener de \(15\,\mathrm{V}\) (\(I_{Z,\max}=200\ \text{mA}\)) en série, et \(R_L=100\ \Omega\) en parallèle sur l'ensemble. ES4.1 Tension régulée. ES4.2 Plage de valeurs de \(R\).
💡 Méthode et raisonnement

Deux Zener en série se comportent comme une seule Zener de \(30\,\mathrm{V}\). Ensuite, \(R\) est encadrée par les deux limites de la Zener : \(R\) trop petite → trop de courant dans la Zener ; \(R\) trop grande → pas assez de courant pour qu'elle conduise.

✅ Correction détaillée
  1. ES4.1 — Tension régulée
    \[\begin{gathered}u_L=V_{Z1}+V_{Z2}=15+15=30\ \text{V}\\[4pt] i_L=\frac{u_L}{R_L}=\frac{30}{100}=0{,}3\ \text{A}\end{gathered}\]
  2. \(R\) minimale : la Zener au maximum
    \[\begin{gathered}i_{\max}=I_{Z,\max}+i_L=0{,}5\ \text{A}\\[3pt] \Longrightarrow\ R_{\min}=\frac{E-u_L}{i_{\max}}=\frac{45-30}{0{,}5}=30\ \Omega\end{gathered}\]
  3. \(R\) maximale : la Zener à la limite de conduction
    \[\begin{gathered}i_{\min}=0+i_L=0{,}3\ \text{A}\\[3pt] \Longrightarrow\ R_{\max}=\frac{E-u_L}{i_{\min}}=\frac{15}{0{,}3}=50\ \Omega\end{gathered}\]

    Contrôle par le pont diviseur : \(u_L=E\,\tfrac{R_L}{R_L+R_{\max}}=45\times\tfrac{100}{100+50}=30\ \text{V}\) ✓.

Réponse\(u_L=30\ \text{V}\) ; \(30\ \Omega\leq R\leq50\ \Omega\).
Ex 4.8

Régulateur \(18\,\mathrm{V}\) pour \(E\) entre 22 et \(28\,\mathrm{V}\)

ES4.3
Zener \(V_Z=18\ \text{V}\), charge \(R_L=18\ \Omega\), courant Zener entre \(200\,\mathrm{mA}\) et \(2\,\mathrm{A}\) ; \(E\) varie de 22 à \(28\,\mathrm{V}\). Plage de valeurs de \(R\) ?
💡 Méthode et raisonnement

La condition doit tenir dans le pire cas de chaque côté : à \(E\) minimal, il doit rester au moins \(I_{Z,\min}\) dans la Zener (\(R\) pas trop grande) ; à \(E\) maximal, il ne faut pas dépasser \(I_{Z,\max}\) (\(R\) pas trop petite).

✅ Correction détaillée
  1. Courant de charge et pires cas
    \[\begin{gathered}i_L=\frac{V_Z}{R_L}=\frac{18}{18}=1\ \text{A}\\[4pt] R_{\max}=\frac{E_{\min}-V_Z}{I_{Z,\min}+i_L}=\frac{22-18}{0{,}2+1}=3{,}33\ \Omega\\[4pt] R_{\min}=\frac{E_{\max}-V_Z}{I_{Z,\max}+i_L}=\frac{28-18}{2+1}=3{,}33\ \Omega\end{gathered}\]
RéponseLa « plage » se réduit à une seule valeur : \(R=\tfrac{10}{3}\approx3{,}33\ \Omega\), sans aucune marge.
Regard d'ingénieurLe résultat montre que ce cahier des charges est à la limite : la moindre tolérance sur \(R\) \((\pm 5\%)\) fait sortir de la zone de régulation ou détruit la Zener. En plus, la Zener dissiperait jusqu'à \(P_{Z,\max}=V_Z\,I_{Z,\max}=18\times2=36\ \text{W}\) et \(R\) jusqu'à \(30\,\mathrm{W}\) : on utilise plutôt un régulateur à transistor (Ex 5.9) ou un régulateur intégré (7818).
Ex 4.9

Tension de sortie et courant Zener

ES4.4-4.5
\(E=120\ \text{V}\) → \(R=5\ \text{k}\Omega\) → nœud ; Zener \(V_Z=50\ \text{V}\) et \(R_L=10\ \text{k}\Omega\) en parallèle. ES4.4 Tension de sortie. ES4.5 Courant dans la Zener.
💡 Méthode et raisonnement

Première question à se poser : la Zener conduit-elle ? On la retire et on calcule la tension à vide du pont \(R\), \(R_L\). Si elle dépasse \(V_Z\), la Zener conduit et fixe la sortie.

✅ Correction détaillée
  1. Test de conduction
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\text{tension à vide}&=E\,\frac{R_L}{R+R_L}\\ &=120\times\frac{10}{5+10}\\ &=80\ \text{V}\\ &>\ 50\ \text{V}\end{aligned}\\[3pt] \Longrightarrow\ \text{la Zener conduit},\ u_L=V_Z=50\ \text{V}\end{gathered}\]
  2. ES4.5 — Courant Zener
    \[\begin{gathered}i=\frac{E-V_Z}{R}=\frac{120-50}{5\ \text{k}\Omega}=14\ \text{mA}\\[4pt] i_L=\frac{V_Z}{R_L}=\frac{50}{10\ \text{k}\Omega}=5\ \text{mA}\\[4pt] i_Z=i-i_L=14-5=9\ \text{mA}\end{gathered}\]
Réponses\(u_L=50\ \text{V}\) ; \(i_Z=9\ \text{mA}\).
RigueurLe poly justifie la conduction par « \(E>V_Z\) » : ce n'est pas suffisant (avec \(R_L=2\ \text{k}\Omega\), la tension à vide ne serait que \(34\,\mathrm{V}\) et la Zener resterait bloquée malgré \(E=120\ \text{V}\)). Le bon test compare \(V_Z\) à la tension à vide.
TD 5 · Poly \(p\). 43-57

Polarisation du transistor bipolaire

Démarche : 1. hypothèse « régime linéaire » (\(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(I_C=\beta I_B\), \(I_E=(\beta+1)I_B\)) ; 2. maille d'entrée → \(I_B\) ; 3. maille de sortie → \(V_{CE}\) ; 4. vérifier \(V_{CE}>V_{CE,\text{sat}}\). Sinon le transistor est saturé : \(V_{CE}=V_{CE,\text{sat}}\) et \(I_C<\beta I_B\). Avec un pont diviseur sur la base, toujours passer par le Thévenin de la base. Revoir le cours (ch. 4)

Ex 5.1

Émetteur commun polarisé par la base : linéaire ou saturé ?

AD5.1-5.3
\(R_B=10\ \text{k}\Omega\) entre \(V_{CC}\) et la base, \(R_C\) entre \(V_{CC}\) et le collecteur, émetteur à la masse. \(V_{CC}=10\ \text{V}\), \(\beta=100\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(V_{CE,\text{sat}}=0{,}2\ \text{V}\). AD5.1 Point de polarisation avec \(R_C=50\ \Omega\). AD5.2 Même question avec \(R_C=1\ \text{k}\Omega\). AD5.3 \(R_C=4\ \text{k}\Omega\) et \(R_B\) variable : \(I_{C,\text{sat}}\), et condition sur \(R_B\) pour fonctionner en linéaire.
💡 Méthode et raisonnement

Deux régimes possibles pour un transistor conducteur :

  • linéaire (actif) : le collecteur « obéit » à la base, \(I_C=\beta I_B\), et \(V_{CE}\) s'ajuste en conséquence ;
  • saturé : le circuit extérieur ne peut pas fournir \(\beta I_B\) ; le transistor se comporte comme un interrupteur fermé (\(V_{CE}\approx0{,}2\ \text{V}\)) et le courant est limité par \(R_C\).

On suppose toujours le régime linéaire, on calcule \(V_{CE}\), et on vérifie. Un \(V_{CE}\) calculé inférieur à \(V_{CE,\text{sat}}\) (voire négatif) signale que l'hypothèse est fausse.

✅ Correction détaillée
AD5.1 — \(R_C=50\ \Omega\)
  1. Maille d'entrée : \(V_{CC}\) → \(R_B\) → jonction \(B-E\to\) masse
    \(V_{CC}=R_B\,I_B+V_{BE}\)la jonction \(B-E\) passante se comporte comme une diode \((0{,}7\,\mathrm{V})\)
    \[\begin{aligned}I_B &= \frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_B}\\ &= \frac{10-0{,}7}{10\ \text{k}\Omega}\\ &= 0{,}93\ \text{mA}\end{aligned}\]
  2. Hypothèse linéaire, maille de sortie et vérification
    \(V_{CC}=R_C\,I_C+V_{CE}\)maille \(V_{CC}\) → \(R_C\) \(\to C-E\to\) masse
    \[\begin{gathered}I_C=\beta I_B=100\times0{,}93=93\ \text{mA}\\[4pt]\begin{aligned}V_{CE}&=V_{CC}-R_C\,I_C\\ &=10-50\times0{,}093\\ &=5{,}35\ \text{V}\\ &>\ 0{,}2\ \text{V}\\ &\Rightarrow\ \text{linéaire confirmé}\end{aligned}\end{gathered}\]
AD5.2 — \(R_C=1\ \text{k}\Omega\)
  1. Même \(I_B\), nouvelle vérification

    La maille d'entrée ne change pas : \(I_B=0{,}93\ \text{mA}\). En supposant le régime linéaire :

    \[\begin{aligned}V_{CE} &= V_{CC}-R_C\,I_C\\ &= 10-1000\times0{,}093\\ &= -83\ \text{V}\quad\text{impossible !}\end{aligned}\]

    Il faudrait \(93\,\mathrm{V}\) aux bornes de \(R_C\) alors que l'alimentation n'en fournit que 10. Le transistor est saturé.

  2. Courant réel
    \[\begin{gathered}V_{CE}=V_{CE,\text{sat}}=0{,}2\ \text{V}\\[3pt]\begin{aligned}\Longrightarrow\ \ I_C&=\frac{V_{CC}-V_{CE,\text{sat}}}{R_C}\\ &=\frac{10-0{,}2}{1\ \text{k}\Omega}\\ &=9{,}8\ \text{mA}\\ &\ll\ \beta I_B=93\ \text{mA}\end{aligned}\end{gathered}\]

    Lecture graphique : la droite de charge va de \((0\,;\,V_{CC}/R_C)\) à \((V_{CC}\,;\,0)\). Avec \(50\,\mathrm{\Omega }\), elle part de \(200\,\mathrm{mA}\) et coupe la courbe \(I_B=0{,}93\ \text{mA}\) au milieu \((5{,}35\,\mathrm{V};\,\allowbreak 93\,\mathrm{mA})\). Avec \(1\,\mathrm{k\Omega }\), elle ne monte qu'à \(10\,\mathrm{mA}\) : elle coupe la même courbe dans la zone de saturation, en \((0{,}2\,\mathrm{V};\,\allowbreak 9{,}8\,\mathrm{mA})\).

AD5.3 — \(R_C=4\ \text{k}\Omega\), \(R_B\) variable
  1. Courant de saturation

    C'est le plus grand courant que le circuit de collecteur peut fournir :

    \[\begin{aligned}I_{C,\text{sat}} &= \frac{V_{CC}-V_{CE,\text{sat}}}{R_C}\\ &= \frac{9{,}8}{4\ \text{k}\Omega}\\ &= 2{,}45\ \text{mA}\end{aligned}\]
  2. Condition de régime linéaire

    Il faut \(\beta I_B<I_{C,\text{sat}}\) : la base ne doit pas « commander » plus que ce que le collecteur peut fournir.

    \[\begin{gathered}I_B<\frac{I_{C,\text{sat}}}{\beta}=24{,}5\ \mu\text{A}\\[3pt] \iff\frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_B}<24{,}5\ \mu\text{A}\\[3pt] \iff R_B>\frac{9{,}3}{24{,}5\ \mu\text{A}}=380\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
RéponsesAD5.1 : linéaire, \(I_C=93\ \text{mA}\), \(V_{CE}=5{,}35\ \text{V}\). AD5.2 : saturé, \(I_C=9{,}8\ \text{mA}\). AD5.3 : \(I_{C,\text{sat}}=2{,}45\ \text{mA}\), linéaire si \(R_B>380\ \text{k}\Omega\).
Remarques sur le polyIl arrondit \(I_{C,\text{sat}}\) à \(2{,}5\,\mathrm{mA}\), d'où \(R_B>372\ \text{k}\Omega\) (\(380\,\mathrm{k\Omega }\) sans arrondi). Plusieurs renvois « Figure 4.1 » désignent la figure 5.1 (numérotation d'une ancienne édition), et « 10 00 » doit se lire \(1\,000\,\mathrm{\Omega }\).
Ex 5.2

Émetteur commun avec résistance d'émetteur

AD5.4-5.5
\(R_B=14\ \text{k}\Omega\) (\(V_{CC}\)-base), \(R_C=50\ \Omega\) (\(V_{CC}\)-collecteur), \(R_E=70\ \Omega\) (émetteur-masse), \(\beta=200\), \(V_{CC}=15\ \text{V}\), régime linéaire. AD5.4 Courants et potentiels. AD5.5 État des jonctions.
💡 Méthode et raisonnement

La maille d'entrée passe maintenant par \(R_E\), traversée par \(I_E=(\beta+1)I_B\) (pas par \(I_B\)) :

\(V_{CC}=R_B\,I_B+V_{BE}+R_E\,(\beta+1)\,I_B\ \Longrightarrow\ I_B=\dfrac{V_{CC}-V_{BE}}{R_B+(\beta+1)R_E}\)maille d'entrée

Réflexion d'impédance : vue depuis la base, la résistance d'émetteur « pèse » \((\beta+1)\) fois plus, parce qu'elle est traversée par un courant \((\beta+1)\) fois plus grand que \(I_B\). Cette règle revient partout (petits signaux, collecteur commun).

✅ Correction détaillée
AD5.4 — Courants et potentiels
  1. Courant de base
    \[\begin{gathered}(\beta+1)R_E=201\times70=14{,}07\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}I_B&=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_B+(\beta+1)R_E}\\ &=\frac{15-0{,}7}{14\ \text{k}+14{,}07\ \text{k}}\\ &=\frac{14{,}3}{28{,}07\ \text{k}\Omega}\\ &=509\ \mu\text{A}\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Courants collecteur et émetteur
    \[\begin{gathered}I_C=\beta I_B=102\ \text{mA}\\[4pt] I_E=(\beta+1)I_B=102{,}4\ \text{mA}\end{gathered}\]
  3. Potentiels (par rapport à la masse)
    \[\begin{aligned}V_E&=R_E\,I_E=70\times0{,}1024=7{,}17\ \text{V}\\V_B&=V_E+V_{BE}=7{,}87\ \text{V}\\V_C&=V_{CC}-R_C\,I_C=15-50\times0{,}102=9{,}9\ \text{V}\\V_{CE}&=V_C-V_E=2{,}7\ \text{V}>V_{CE,\text{sat}}\ ✓\end{aligned}\]
AD5.5 — État des jonctions
  1. Signes de \(V_{BE}\) et \(V_{BC}\)
    \[\begin{gathered}V_{BE}=+0{,}7\ \text{V}\ \Rightarrow\ \text{B-E en direct}\\[4pt]\begin{aligned}V_{BC}&=V_B-V_C\\ &=7{,}87-9{,}9\\ &=-2{,}0\ \text{V}\\ &\Rightarrow\ \text{B-C en inverse}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(B-E\) en direct et \(B-C\) en inverse : c'est la définition du régime actif, celui où le transistor amplifie. (Les deux en direct = saturation ; les deux en inverse = blocage.)

Réponses\(I_B=509\ \mu\text{A}\), \(I_C=102\ \text{mA}\), \(V_E=7{,}17\ \text{V}\), \(V_B=7{,}87\ \text{V}\), \(V_C=9{,}9\ \text{V}\) ; régime actif.
Ex 5.3

Dimensionner une polarisation par pont

AD5.6-5.10
Pont \(R_1\) (\(V_{CC}\)-base), \(R_2=10\ \text{k}\Omega\) (base-masse), \(R_C\), \(R_E\). \(V_{CC}=10\ \text{V}\), \(\beta=150\). On veut \(V_C=6\ \text{V}\), \(V_E=2\ \text{V}\) et \(I_B=100\ \mu\text{A}\). Calculer \(R_C\), \(R_E\), \(V_B\), puis \(R_1\).
💡 Méthode et raisonnement

C'est le problème inverse de l'analyse : on connaît les potentiels voulus, on cherche les résistances. Pour chaque résistance, il suffit de connaître la tension à ses bornes et le courant qui la traverse (loi d'Ohm), dans l'ordre :

  1. courants \(I_C\) et \(I_E\) à partir de \(I_B\) ;
  2. \(R_C\) (tension \(V_{CC}-V_C\)) et \(R_E\) (tension \(V_E\)) ;
  3. \(V_B=V_E+V_{BE}\) ;
  4. \(R_1\) par la loi des nœuds à la base : le courant de \(R_1\) alimente \(R_2\) et la base.
✅ Correction détaillée
  1. Courants
    \[\begin{gathered}I_C=\beta I_B=150\times100\ \mu\text{A}=15\ \text{mA}\\[4pt] I_E=(\beta+1)I_B=15{,}1\ \text{mA}\end{gathered}\]
  2. \(R_C\) et \(R_E\)
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_C&=\frac{V_{CC}-V_C}{I_C}\\ &=\frac{10-6}{15\ \text{mA}}\\ &=267\ \Omega\to270\ \Omega\ (\text{E12})\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}R_E&=\frac{V_E}{I_E}\\ &=\frac{2}{15{,}1\ \text{mA}}\\ &=132\ \Omega\to130\ \Omega\ (\text{E24})\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Potentiel de base
    \[V_B=V_E+V_{BE}=2+0{,}7=2{,}7\ \text{V}\]
  4. \(R_1\) par la loi des nœuds à la base
    \(I_1=I_2+I_B\iff\dfrac{V_{CC}-V_B}{R_1}=\dfrac{V_B}{R_2}+I_B\)\(I_1\) : courant dans \(R_1\) ; \(I_2\) : courant dans \(R_2\)
    \[\begin{gathered}I_2=\frac{V_B}{R_2}=\frac{2{,}7}{10\ \text{k}\Omega}=270\ \mu\text{A}\\[4pt] I_1=I_2+I_B=270+100=370\ \mu\text{A}\\[4pt]\begin{aligned}R_1&=\frac{V_{CC}-V_B}{I_1}\\ &=\frac{10-2{,}7}{370\ \mu\text{A}}\\ &=19{,}7\ \text{k}\Omega\to20\ \text{k}\Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    Si on avait oublié \(I_B\) (pont « à vide »), on aurait trouvé \(R_1=27\ \text{k}\Omega\) : ici \(I_B\) n'est pas négligeable devant \(I_2\).

Réponses\(R_C\approx270\ \Omega\), \(R_E\approx130\ \Omega\), \(V_B=2{,}7\ \text{V}\), \(R_1\approx20\ \text{k}\Omega\).
RemarqueLe poly donne directement \(270\,\mathrm{\Omega }\) et \(130\,\mathrm{\Omega }\) : ce sont les valeurs normalisées les plus proches de 267 et \(132\,\mathrm{\Omega }\). Sa première ligne de l'AD5.9 (« \(I_1+I_2=I_B\) ») est une coquille : c'est bien \(I_1=I_2+I_B\).
Règle de conceptionPour un point de repos stable, on choisit en général un courant de pont \(I_2\geq10\,I_B\) : le potentiel de base dépend alors peu de \(\beta\). Ici \(I_2=2{,}7\,I_B\) seulement.
Ex 5.4

Émetteur commun en polarisation directe

Q5.1-5.5 · non corrigé dans le poly
\(R_B\) de \(V_{CC}\) à la base, charge \(R_L=60\ \Omega\) de \(V_{CC}\) au collecteur, émetteur à la masse. \(\beta=100\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(V_{CC}=12\ \text{V}\). Q5.1 \(R_B\) pour que la charge soit parcourue par \(I_L=100\ \text{mA}\). Q5.2 Courant maximal dans la charge. Q5.3 \(R_B\) correspondant. Q5.4 Résistances pour \(V_{CE}=6\ \text{V}\) et \(I_C=3{,}6\ \text{mA}\). Q5.5 Allure des caractéristiques.
💡 Méthode et raisonnement

La charge est dans le collecteur : \(I_L=I_C\). On « remonte » vers la base : \(I_B=\dfrac{I_C}\beta\), puis la maille d'entrée \(V_{CC}=R_B\,I_B+V_{BE}\) donne \(R_B\).

Le courant de charge maximal n'est pas une limite du transistor mais du circuit : quand le transistor est saturé (\(V_{CE}\approx0\)), toute la tension est sur la charge.

✅ Correction détaillée
Q5.1 — \(R_B\) pour \(I_L=100\ \text{mA}\)
  1. Remonter à la base
    \[\begin{gathered}I_B=\frac{I_C}{\beta}=1\ \text{mA}\\[4pt] R_B=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{I_B}=\frac{12-0{,}7}{1\ \text{mA}}=11{,}3\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]

    Vérification : \(V_{CE}=V_{CC}-R_L\,I_C=12-60\times0{,}1=6\ \text{V}>V_{CE,\text{sat}}\) ✓.

Q5.2 et Q5.3 — Courant maximal et \(R_B\) limite
  1. Transistor saturé
    \[\begin{gathered}I_{C,\max}=\frac{V_{CC}-V_{CE,\text{sat}}}{R_L}\approx\frac{12}{60}=200\ \text{mA}\\[4pt]\begin{aligned}I_B&=\frac{I_{C,\max}}{\beta}\\ &=\frac{200\ \text{mA}}{100}\\ &=2\ \text{mA}\\ &\Rightarrow\ R_B=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{I_B}=\frac{11{,}3}{2\ \text{mA}}=5{,}65\ \text{k}\Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(R_B>5{,}65\ \text{k}\Omega\) : régime linéaire ; \(R_B<5{,}65\ \text{k}\Omega\) : saturation. Au-delà de \(200\,\mathrm{mA}\), augmenter \(I_B\) ne sert plus à rien.

Q5.4 — Point \(V_{CE}=6\ \text{V}\), \(I_C=3{,}6\ \text{mA}\)
  1. Résistances
    \[\begin{gathered}R_C=\frac{V_{CC}-V_{CE}}{I_C}=\frac{12-6}{3{,}6\ \text{mA}}=1{,}67\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}I_B&=\frac{I_C}{\beta}\\ &=36\ \mu\text{A}\\ &\Rightarrow\ R_B=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{I_B}=\frac{11{,}3}{36\ \mu\text{A}}=314\ \text{k}\Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    Ce point est au milieu de la droite de charge (\(V_{CE}=\tfrac{V_{CC}}2\)) : c'est le choix qui permet la plus grande excursion symétrique du signal en amplification.

Q5.5 — Caractéristiques
  1. Transfert et sortie

    Transfert \(I_C(I_B)\) : droite de pente \(\beta=100\) depuis l'origine, puis palier à \(I_{C,\text{sat}}=\tfrac{V_{CC}}{R_C}=7{,}2\ \text{mA}\), atteint pour \(I_B=72\ \mu\text{A}\).

    Sortie \(I_C(V_{CE})\) : réseau de courbes quasi horizontales à \(I_C=\beta I_B\). La droite de charge va de \((0;\,\allowbreak 7{,}2\,\mathrm{mA})\) à \((12\,\mathrm{V};\,\allowbreak 0)\). Le point \(Q\,(6\,\mathrm{V};\,\allowbreak 3{,}6\,\mathrm{mA})\) est sur la courbe \(I_B=36\ \mu\text{A}\).

Limite de ce montage\(I_C=\beta I_B\) dépend directement de \(\beta\), qui varie d'un transistor à l'autre (souvent du simple au triple) et avec la température : c'est la polarisation la moins stable. D'où la polarisation par pont avec \(R_E\).
Ex 5.5

Polarisation par pont : droites d'attaque et de charge

Q5.6-5.9 · non corrigé dans le poly
\(V_{CC}=12\ \text{V}\), \(R_1=16\ \text{k}\Omega\) (\(V_{CC}\)-base), \(R_2=1\ \text{k}\Omega\) (base-masse), \(R_C=240\ \Omega\), émetteur à la masse. Q5.6 Montrer l'équivalence avec une polarisation à deux sources. Q5.7 Droites d'attaque et de charge statiques. Q5.8 Au point \(I_B=100\ \mu\text{A}\), \(V_{CE}=6\ \text{V}\) : autres grandeurs, état de la jonction \(B-C\). Q5.9 \(\alpha\) et \(\beta\).
💡 Méthode et raisonnement

Le pont \(R_1\)-\(R_2\) vu depuis la base est un dipôle : on le remplace par son générateur de Thévenin.

\(E_{th}=V_{CC}\,\dfrac{R_2}{R_1+R_2}\qquad R_{th}=R_1\parallel R_2\)tension du pont à vide ; résistance vue de la base

Le montage devient « \(E_{th}+R_{th}\) » sur la base et « \(V_{CC}+R_C\) » sur le collecteur : deux sources, deux mailles indépendantes. Chaque maille donne une droite (relation imposée par le circuit) ; le transistor impose une courbe. Le point de repos est à l'intersection.

✅ Correction détaillée
Q5.6 — Équivalence à deux sources
  1. Thévenin du pont
    \[\begin{gathered}E_{th}=V_{CC}\,\frac{R_2}{R_1+R_2}=12\times\frac{1}{17}=0{,}706\ \text{V}\\[4pt] R_{th}=\frac{R_1R_2}{R_1+R_2}=\frac{16\ \text{k}\times1\ \text{k}}{17\ \text{k}}=941\ \Omega\end{gathered}\]
Q5.7 — Droites statiques
  1. Attaque (entrée) et charge (sortie)
    \[\begin{gathered}\text{attaque} :\ I_B=\frac{0{,}706-V_{BE}}{941}\\[4pt] (0\,;\,750\ \mu\text{A})\ \text{et}\ (0{,}706\ \text{V}\,;\,0)\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}\text{charge} :\ I_C=\frac{12-V_{CE}}{240}\\[4pt] (0\,;\,50\ \text{mA})\ \text{et}\ (12\ \text{V}\,;\,0)\end{gathered}\]
Q5.8 — Point de fonctionnement
  1. Sur les deux droites
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_{BE}&=E_{th}-R_{th}\,I_B\\ &=0{,}706-941\times100\ \mu\text{A}\\ &=0{,}61\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] I_C=\frac{V_{CC}-V_{CE}}{R_C}=\frac{12-6}{240}=25\ \text{mA}\\[4pt] I_E=I_C+I_B=25{,}1\ \text{mA}\end{gathered}\]
  2. Contrôle sur le pont réel
    \[\begin{gathered}I_1=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_1}=\frac{12-0{,}61}{16\ \text{k}}=0{,}712\ \text{mA}\\[4pt] I_2=\frac{V_{BE}}{R_2}=\frac{0{,}61}{1\ \text{k}}=0{,}612\ \text{mA}\\[4pt] I_1-I_2=100\ \mu\text{A}=I_B\ ✓\end{gathered}\]
  3. Jonction base-collecteur
    \[V_{BC}=V_{BE}-V_{CE}=0{,}61-6=-5{,}4\ \text{V}<0\]

    \(B-C\) en inverse, \(B-E\) en direct : régime actif, le transistor amplifie.

Q5.9 — Gains en courant
  1. Définitions
    \[\begin{gathered}\beta=\frac{I_C}{I_B}=\frac{25}{0{,}1}=250\\[4pt] \alpha=\frac{I_C}{I_E}=\frac{\beta}{\beta+1}=0{,}996\end{gathered}\]

    \(\alpha\) est la fraction du courant d'émetteur qui arrive au collecteur : presque 1, car la base est très fine et peu dopée.

Pourquoi \(V_{BE}\neq0{,}7\ \text{V}\) ici\(E_{th}=0{,}706\ \text{V}\) est à peine au-dessus du seuil : la valeur \(0{,}7\,\mathrm{V}\,\mathrm{d}u\) modèle simplifié donnerait \(I_B\approx6\ \mu\text{A}\). C'est la caractéristique réelle (exponentielle) qui fixe \(V_{BE}\approx0{,}61\ \text{V}\) pour \(100\,\mu A\). Un pont qui donne \(E_{th}\) si proche du seuil rend le point de repos très sensible : en conception, on vise \(V_B\) de quelques volts avec une résistance d'émetteur.
Ex 5.6

Voyant LED sur une sortie logique TTL

ES5.1-5.2
Une sortie TTL (\(V_{OH,\min}=2{,}4\ \text{V}\), \(I_{OH,\max}=400\ \mu\text{A}\)) commande, via \(R_B\), un transistor (\(\beta=100\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(V_{CE,\text{sat}}=0{,}2\ \text{V}\)) dont le collecteur alimente une LED \((1{,}6\,\mathrm{V},\,\allowbreak 20\,\mathrm{mA})\) en série avec \(R_C\), sous \(V_{CC}=5\ \text{V}\). ES5.1 Pourquoi un transistor ? ES5.2 Calculer \(R_C\) et \(R_B\).
💡 Méthode et raisonnement

Le transistor est utilisé en interrupteur : bloqué (LED éteinte) ou saturé (LED allumée). Quand il est saturé, il se comporte comme une petite source de \(0{,}2\,\mathrm{V}\) ; la maille du collecteur fixe \(R_C\). Ensuite, on choisit \(I_B\) suffisant pour saturer, sans dépasser ce que la sortie logique peut fournir.

✅ Correction détaillée
  1. ES5.1 — Comparer les courants

    La sortie TTL ne peut fournir que \(400\,\mu A\), la LED en demande \(20\,\mathrm{mA}\), soit 50 fois plus. Le transistor amplifie le courant : quelques centaines de \(\mu A\) sur la base commandent \(20\,\mathrm{mA}\) dans le collecteur.

  2. ES5.2 — \(R_C\) : maille du collecteur, transistor saturé
    \(V_{CC}=R_C\,I+V_{LED}+V_{CE,\text{sat}}\)la tension restante tombe dans \(R_C\)
    \[\begin{aligned}R_C &= \frac{V_{CC}-V_{LED}-V_{CE,\text{sat}}}{I}\\ &= \frac{5-1{,}6-0{,}2}{20\ \text{mA}}\\ &= 160\ \Omega\end{aligned}\]
  3. \(R_B\) : maille de base (pire cas \(V_{OH,\min}\))
    \[\begin{gathered}I_B=\frac{I_C}{\beta}=200\ \mu\text{A}\ (\leq400\ \mu\text{A}\ ✓)\\[4pt] R_B=\frac{V_{OH}-V_{BE}}{I_B}=\frac{2{,}4-0{,}7}{200\ \mu\text{A}}=8{,}5\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
Réponses\(R_C=160\ \Omega\) ; \(R_B=8{,}5\ \text{k}\Omega\) (limite de saturation).
Bonne pratiquePour un interrupteur, on veut le transistor franchement saturé, pas à la limite. On prend en général \(I_B=2\) à \(5\) fois \(\tfrac{I_C}\beta\), par exemple \(R_B=4{,}7\ \text{k}\Omega\) (\(I_B\approx360\ \mu\text{A}\), encore sous les \(400\,\mu A\) de la sortie TTL). Le dimensionnement du poly, à la limite exacte, ne garantit pas la saturation si \(\beta\) ou \(V_{OH}\) sont plus faibles.
Ex 5.7

Courant de base minimal de saturation

ES5.3
Transistor en commutation : \(R_C=1\ \text{k}\Omega\), \(\beta=100\), \(V_{CE,\text{sat}}=0{,}1\ \text{V}\) (\(V_{CC}=12\ \text{V}\) dans la correction). Quel courant de base minimal assure la saturation ?
💡 Méthode et raisonnement

À la saturation, le courant collecteur est fixé par le circuit. Pour l'atteindre, la base doit « commander » au moins autant :

\(\beta I_B\geq I_{C,\text{sat}}=\dfrac{V_{CC}-V_{CE,\text{sat}}}{R_C}\)condition de saturation
✅ Correction détaillée
  1. Courant de saturation puis courant de base
    \[\begin{gathered}I_{C,\text{sat}}=\frac{V_{CC}-V_{CE,\text{sat}}}{R_C}=\frac{12-0{,}1}{1\ \text{k}\Omega}=11{,}9\ \text{mA}\\[4pt] I_{B,\min}=\frac{I_{C,\text{sat}}}{\beta}=119\ \mu\text{A}\end{gathered}\]
Réponse\(I_B\geq119\ \mu\text{A}\).
Énoncé incompletLa valeur \(V_{CC}=12\ \text{V}\) n'apparaît que dans la correction du poly (ni dans l'énoncé ni sur la figure 5.7).
Ex 5.8

Porte logique « mystère » à transistor

ES5.4-5.7
Deux entrées \(V_{IN,1}\) et \(V_{IN,2}\) (0 ou \(5\,\mathrm{V}\)), chacune reliée à la base par \(R_B=10\ \text{k}\Omega\) ; \(R_C=1\ \text{k}\Omega\) entre \(V_{CC}=5\ \text{V}\) et le collecteur (sortie) ; émetteur à la masse ; \(\beta=100\). Déterminer \(V_{OUT}\) pour les quatre combinaisons d'entrée et identifier la fonction logique.
💡 Méthode et raisonnement

Pour chaque combinaison : calculer \(I_B\) par la loi des nœuds à la base (la base est à \(0{,}7\,\mathrm{V}\) si le transistor conduit), puis tester le régime linéaire. Un transistor bloqué donne une sortie haute (pas de courant dans \(R_C\)), un transistor saturé une sortie basse.

✅ Correction détaillée
  1. Entrées 0 / 0

    La base est reliée à \(0\,\mathrm{V}\) par les deux résistances : \(V_{BE}=0\), transistor bloqué, aucun courant dans \(R_C\) : \(V_{OUT}=V_{CC}=5\ \text{V}\) (niveau 1).

  2. Entrées 5 / 0 (ou 0 / 5)

    Si le transistor conduit, \(V_B=0{,}7\ \text{V}\). Loi des nœuds : le courant arrive par la résistance reliée à \(5\,\mathrm{V}\), une partie repart vers l'entrée à \(0\,\mathrm{V}\).

    \[\begin{aligned}I_B &= \frac{V_{A}-V_B}{R}+\frac{V_{B'}-V_B}{R}\\ &= \frac{5-0{,}7}{10\ \text{k}}+\frac{0-0{,}7}{10\ \text{k}}\\ &= 0{,}43-0{,}07\\ &= 0{,}36\ \text{mA}\end{aligned}\]
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\text{linéaire} :\ V_{OUT}&=V_{CC}-R_C\,\beta I_B\\ &=5-1000\times0{,}036\\ &=-31\ \text{V}\ \text{impossible}\end{aligned}\\[3pt] \Rightarrow\ \text{saturé},\ V_{OUT}\approx0\ \text{(niveau 0)}\end{gathered}\]
  3. Entrées 5 / 5

    \(I_B=2\times\frac{5-V_B}{R}=2\times0{,}43=0{,}86\ \text{mA}\) : saturé encore plus nettement, \(V_{OUT}\approx0\).

  4. Table de vérité
    \[\begin{array}{cc|c}A&B&S\\\hline0&0&1\\0&1&0\\1&0&0\\1&1&0\end{array}\qquad\Longrightarrow\qquad S=\overline{A+B}\ \ \text{(NOR)}\]

    Il suffit qu'une entrée soit haute pour saturer le transistor et mettre la sortie à 0.

RéponsePorte NOR.
CultureC'est la logique RTL (Resistor-Transistor Logic) des années 1960 : l'ordinateur de guidage d'Apollo était construit uniquement avec des portes NOR de ce type. Détail : le courant qui repart vers l'entrée à \(0\,\mathrm{V}\,(0{,}07\,\mathrm{mA})\) diminue \(I_B\) ; le poly le prend bien en compte.
Ex 5.9

Régulateur de tension à transistor ballast

ES5.8-5.12
\(V_{CC}=12\ \text{V}\) (valeur moyenne), \(R_1=180\ \Omega\) de \(V_{CC}\) à la base, Zener \(V_Z=5{,}6\ \text{V}\) entre base et masse ; transistor (\(V_{BE}=0{,}6\ \text{V}\), \(\beta=150\)) dont le collecteur est à \(V_{CC}\) ; sur l'émetteur : \(R_2=220\ \Omega\) + LED témoin \((2\,\mathrm{V},\,\allowbreak 10\,\mathrm{\Omega })\), et la charge \(R_L\). Calculer \(V_B\), \(I_{R1}\), \(V_E\), \(I_{LED}\), \(V_{CE}\).
💡 Méthode et raisonnement

La Zener fixe le potentiel de la base. Le transistor est monté en collecteur commun (suiveur) : l'émetteur suit la base à \(V_{BE}\) près. La sortie vaut donc \(V_Z-V_{BE}\), quelle que soit la charge (dans les limites du montage).

✅ Correction détaillée
  1. Base, courant dans \(R_1\), sortie
    \[\begin{gathered}V_B=V_Z=5{,}6\ \text{V}\\[4pt] I_{R1}=\frac{V_{CC}-V_Z}{R_1}=\frac{12-5{,}6}{180}=35{,}6\ \text{mA}\\[4pt] V_E=V_B-V_{BE}=5{,}0\ \text{V}\end{gathered}\]

    Le courant \(I_{R1}\) se partage entre la Zener et la base.

  2. LED témoin et tension aux bornes du transistor
    \[\begin{gathered}I_{LED}=\frac{V_E-V_{LED}}{R_{LED}+r_d}=\frac{5-2}{220+10}=13\ \text{mA}\\[4pt] V_{CE}=V_{CC}-V_E=12-5=7\ \text{V}\end{gathered}\]
Réponses\(V_B=5{,}6\ \text{V}\), \(I_{R1}=35{,}6\ \text{mA}\), \(V_E=5\ \text{V}\), \(I_{LED}=13\ \text{mA}\), \(V_{CE}=7\ \text{V}\).
Pourquoi c'est mieux qu'une Zener seuleLa sortie \(V_E=V_Z-V_{BE}\) ne dépend pas de la charge tant que la Zener conduit (\(I_B<I_{R1}\)) : la charge peut tirer jusqu'à \((\beta+1)\times35{,}6\ \text{mA}\approx5\ \text{A}\) en théorie, alors qu'une Zener seule est limitée par \(I_{Z,\max}\). En pratique, la limite est la puissance du transistor : \(P=V_{CE}\,I_E=7\ \text{W}\) pour \(1\,\mathrm{A}\). C'est le principe des régulateurs intégrés \(78xx\).
Ex 5.10

Détecteur d'humidité pour bonsaï

ES5.13-5.17
\(V_{CC}=3\ \text{V}\) ; \(R_B\) de \(V_{CC}\) à la base ; la terre (résistance \(R_T\), via deux électrodes) entre base et masse ; LED \((2\,\mathrm{V})\) + \(R_C\) au collecteur. \(\beta=100\), \(V_{CE,\text{sat}}=0{,}2\ \text{V}\), \(V_{BE}=0{,}6\ \text{V}\). Terre humide : \(R_T\approx0\) ; terre sèche : \(R_T\to\infty\). La LED doit s'allumer \((20\,\mathrm{mA})\) quand la terre est sèche. Expliquer le fonctionnement et dimensionner \(R_B\) et \(R_C\).
💡 Méthode et raisonnement

\(R_B\) et \(R_T\) forment un pont diviseur sur la base. On étudie les deux cas extrêmes avec le Thévenin de la base, puis on dimensionne dans le cas « sec » (LED allumée, transistor saturé) :

\(E_{th}=V_{CC}\,\dfrac{R_T}{R_B+R_T}\qquad R_{th}=R_B\parallel R_T\)Thévenin vu de la base
✅ Correction détaillée
  1. Terre humide (\(R_T=0\))

    La base est court-circuitée à la masse : \(V_{BE}=0\), transistor bloqué, LED éteinte. Tout le courant de \(R_B\) passe dans la terre.

  2. Terre sèche (\(R_T\to\infty\))

    La branche de la terre est ouverte : \(E_{th}=V_{CC}=3\ \text{V}\) et \(R_{th}=R_B\). Tout le courant de \(R_B\) va dans la base : le transistor conduit, la LED s'allume.

  3. Dimensionnement (transistor saturé)
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_C&=\frac{V_{CC}-V_{LED}-V_{CE,\text{sat}}}{I}\\ &=\frac{3-2-0{,}2}{20\ \text{mA}}\\ &=40\ \Omega\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}I_B&=\frac{I}{\beta}\\ &=\frac{20\ \text{mA}}{100}\\ &=200\ \mu\text{A}\\ &\Rightarrow\ R_B=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{I_B}=\frac{3-0{,}6}{200\ \mu\text{A}}=12\ \text{k}\Omega\end{aligned}\end{gathered}\]
Réponses\(R_B=12\ \text{k}\Omega\), \(R_C=40\ \Omega\).
À améliorerMême remarque qu'à l'Ex 5.6 : pour saturer franchement, choisir \(R_B\) plus faible (par exemple \(4{,}7\,\mathrm{k\Omega }\)). Et en réalité, la terre humide n'est pas un court-circuit : le transistor commence à conduire dès que le pont amène la base à \(0{,}6\,\mathrm{V}\) : \(\dfrac{3\,R_T}{12\ \text{k}+R_T}=0{,}6\iff R_T=3\ \text{k}\Omega\). La LED s'allume progressivement au-delà.
TD 6 · Poly \(p\). 58-66

Transistor bipolaire en régime dynamique

Protocole petits signaux : 1. polarisation (DC) → \(I_E\) ; 2. \(r_e=\dfrac{26\ \text{mV}}{I_E}\) ; 3. schéma AC : sources continues à la masse, condensateurs en court-circuit, transistor remplacé par \((\beta+1)r_e\) entre base et émetteur et une source \(\beta i_b\) (\(\parallel\) \(r_o\)) ; 4. \(Z_i\), \(Z_o\), \(A_v\). Émetteur découplé : \(A_v\approx-\dfrac{R_C}{r_e}\) ; avec \(R_{E1}\) non découplée : \(A_v\approx-\dfrac{R_C}{r_e+R_{E1}}\). Revoir le cours (ch. 5)

Ex 6.1

Émetteur commun et modèle \(r_e\)

AD6.1-6.4
\(V_{CC}=12\ \text{V}\), \(R_1=270\ \text{k}\Omega\) (\(V_{CC}\)-base), \(R_2=2{,}2\ \text{k}\Omega\) (\(V_{CC}\)-collecteur), émetteur à la masse, condensateurs de liaison \(C_1\) (entrée) et \(C_2\) (sortie) ; \(\beta=60\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(r_o=40\ \text{k}\Omega\). AD6.1 Schéma équivalent petits signaux. AD6.2 \(r_e\). AD6.3 \(Z_i\) et \(Z_o\). AD6.4 \(A_v\).
💡 Méthode et raisonnement

Pourquoi deux études séparées ? Le signal est une petite variation autour du point de repos. Par superposition, on étudie d'abord le continu (point de repos), puis les variations seules. Les paramètres du modèle petits signaux dépendent du point de repos.

D'où vient \(r_e\) ? La jonction \(B-E\) suit \(I_E\approx I_S\,e^{V_{BE}/V_T}\). Sa résistance dynamique est l'inverse de la pente :

\(r_e=\dfrac{dV_{BE}}{dI_E}=\dfrac{V_T}{I_E}\approx\dfrac{26\ \text{mV}}{I_E}\)\(V_T=\frac{kT}{e}\approx26\ \text{mV}\) à \(300\,\mathrm{K}\)

Schéma AC : \(V_{CC}\) devient la masse (une source continue n'a pas de variation), les condensateurs deviennent des fils.

✅ Correction détaillée
Étape 1 — Polarisation (continu)
  1. Courant de repos

    En continu, les condensateurs sont des circuits ouverts : il reste \(V_{CC}\) → \(R_1\) → base → émetteur → masse.

    \[\begin{gathered}I_B=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_1}=\frac{12-0{,}7}{270\ \text{k}\Omega}=41{,}9\ \mu\text{A}\\[4pt] I_E=(\beta+1)\,I_B=61\times41{,}9\ \mu\text{A}=2{,}55\ \text{mA}\end{gathered}\]
AD6.2 — Résistance dynamique d'émetteur
  1. \(r_e\)
    \[\begin{aligned}r_e &= \frac{V_T}{I_E}\\ &= \frac{26\ \text{mV}}{2{,}55\ \text{mA}}\\ &= 10{,}2\ \Omega\end{aligned}\]
AD6.1 — Schéma équivalent
  1. Construction
    • Entrée : \(R_1\) va de la base à \(V_{CC}\), devenu la masse : \(R_1\) est donc entre base et masse. En parallèle, le transistor présente \((\beta+1)r_e\) entre base et émetteur (à la masse).
    • Sortie : source de courant \(\beta i_b\) entre collecteur et émetteur, en parallèle avec \(r_o\) ; \(R_2\) est aussi ramenée entre collecteur et masse.
AD6.3 — Impédances
  1. Impédance d'entrée

    C'est ce que « voit » la source : \(R_1\) en parallèle avec \((\beta+1)r_e\).

    \[\begin{gathered}(\beta+1)\,r_e=61\times10{,}2=621\ \Omega\\[4pt]\begin{aligned}Z_i&=R_1\parallel(\beta+1)\,r_e\\ &=270\ \text{k}\parallel621\\ &=620\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(R_1\) ne compte presque pas.

  2. Impédance de sortie

    On éteint la source d'entrée : \(i_b=0\), donc la source \(\beta i_b\) est éteinte (circuit ouvert). Il reste \(r_o\parallel R_2\).

    \[Z_o=r_o\parallel R_2=40\ \text{k}\parallel2{,}2\ \text{k}=2{,}09\ \text{k}\Omega\]
AD6.4 — Gain en tension
  1. Deux mailles liées par \(i_b\)
    \[\begin{gathered}u_e=(\beta+1)\,r_e\,i_b\\[4pt] u_s=-\beta\,i_b\,(r_o\parallel R_2)\end{gathered}\]

    Le signe − vient du sens du courant \(\beta i_b\), qui « tire » le collecteur vers le bas.

    \[\begin{aligned}A_v &= \frac{u_s}{u_e}\\ &= -\frac{\beta\,(r_o\parallel R_2)}{(\beta+1)\,r_e}\\ &= -\frac{60\times2085}{621}\\ &= -201\end{aligned}\]

    Approximation usuelle (\(\tfrac{\beta}{\beta+1}\approx1\), \(r_o\) négligée) : \(A_v\approx-\dfrac{R_2}{r_e}=-216\). Le signe − signifie que la sortie est en opposition de phase avec l'entrée.

Réponses\(r_e=10{,}2\ \Omega\) ; \(Z_i\approx620\ \Omega\) ; \(Z_o\approx2{,}1\ \text{k}\Omega\) ; \(A_v\approx-200\).
Incohérence du polyIl tient compte de \(r_o\) pour \(Z_o\) \((2{,}1\,\mathrm{k\Omega })\) mais pas pour \(A_v\) (−216). Pour être cohérent : \(A_v\approx-\dfrac{r_o\parallel R_2}{r_e}\approx-205\) (−201 avec le facteur \(\tfrac{\beta}{\beta+1}\)). L'écart (7 %) reste faible car \(r_o\gg R_2\).
Ex 6.2

Condensateur de liaison

AD6.5
Source → \(R_1=1\ \text{k}\Omega\) → \(C\) → \(R_2=3\ \text{k}\Omega\) vers la masse. Le signal utile est compris entre 100 et \(200\,\mathrm{kHz}\). Choisir \(C\) pour qu'il se comporte comme un court-circuit dans cette bande.
💡 Méthode et raisonnement

Un condensateur a une impédance \(\dfrac{1}{C\omega}\) : infinie en continu (il bloque la polarisation), faible à haute fréquence (il laisse passer le signal). Avec les résistances, il forme un passe-haut :

\(f_c=\dfrac{1}{2\pi\,R\,C}\)\(R\) : résistance totale vue par le condensateur, ici \(R_1+R_2\)

Règle de sécurité : placer \(f_c\) une décade sous la plus basse fréquence utile (\(f_c=\tfrac{f_{\min}}{10}\)). À \(f_{\min}\), l'atténuation est alors négligeable (−0,04 dB).

✅ Correction détaillée
  1. Fréquence de coupure visée et valeur de \(C\)
    \[\begin{gathered}f_c=\frac{f_{\min}}{10}=\frac{100\ \text{kHz}}{10}=10\ \text{kHz}\\[4pt] C\geq\frac{1}{2\pi f_c\,R}=\frac{1}{2\pi\times10^4\times4000}=3{,}98\ \text{nF}\ \to\ 4{,}7\ \text{nF}\end{gathered}\]

    Plus \(C\) est grand, plus la coupure est basse : toute valeur supérieure convient aussi.

Réponse\(C\geq4\ \text{nF}\), par exemple \(4{,}7\,\mathrm{nF}\).
Incohérence du polyL'énoncé parle de 100 à 200 kHz, mais la correction raisonne sur 100 Hz (\(f_c=10\ \text{Hz}\)) et trouve \(3{,}98\,\mu F\). Ce condensateur convient aussi, mais il est 1 000 fois plus gros que nécessaire.
Ex 6.3

Condensateur de découplage

AD6.6
Source → \(R_1=500\ \Omega\) → point \(A\) ; \(R_2=3\ \text{k}\Omega\) et \(C\) en parallèle entre \(A\) et la masse. Choisir \(C\) pour que \(A\) soit à la masse pour le signal dès \(20\,\mathrm{Hz}\).
💡 Méthode et raisonnement

Un condensateur de découplage met un point à la masse en alternatif sans modifier le continu. Il est efficace quand son impédance est petite devant la résistance qu'il « voit ».

Quelle résistance ? Celle du reste du circuit vu depuis les bornes de \(C\), sources éteintes (Thévenin) : la source devient un fil, \(R_1\) et \(R_2\) se retrouvent en parallèle.

✅ Correction détaillée
  1. Résistance vue par \(C\) et capacité
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_{th}&=R_1\parallel R_2\\ &=\frac{R_1R_2}{R_1+R_2}\\ &=\frac{500\times3000}{3500}\\ &=429\ \Omega\end{aligned}\\[4pt] f_c=\frac{f_{\min}}{10}=\frac{20}{10}=2\ \text{Hz}\\[4pt] C=\frac{1}{2\pi f_c\,R_{th}}=\frac{1}{2\pi\times2\times429}=186\ \mu\text{F}\end{gathered}\]

    Valeur normalisée : \(220\,\mu F\). Les condensateurs de découplage sont gros (chimiques) : à basse fréquence, il faut beaucoup de capacité pour avoir une petite impédance.

Réponse\(C\approx186\ \mu\text{F}\), soit \(220\,\mu F\) normalisé.
Coquille du polyLa ligne d'A.\(N\). affiche « \(2\pi\times20\times\ldots\) » mais le résultat \(186\,\mu F\) correspond bien à \(2\,\mathrm{Hz}\) (avec \(20\,\mathrm{Hz}\) on trouverait \(18{,}6\,\mu F\)). Retenir : la résistance à prendre est celle vue par le condensateur, ici \(R_1\parallel R_2\), pas \(R_1+R_2\).
Ex 6.4

Émetteur commun polarisé par pont, découplage total puis partiel

Q6.1-6.9 · non corrigé dans le poly
\(V_{CC}=20\ \text{V}\), \(R_1=180\ \text{k}\Omega\), \(R_2=15\ \text{k}\Omega\), \(R_C=4{,}7\ \text{k}\Omega\), \(R_E=R_{E1}+R_{E2}=1\ \text{k}\Omega\), \(C_1=C_2=100\ \mu\text{F}\), \(C_E=220\ \mu\text{F}\) ; \(\beta=60\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(r_o\to\infty\), \(f=1\ \text{kHz}\). Q6.1 Impédances des condensateurs. Q6.2-6.4 \(C_E\) découple tout \(R_E\) : schéma, \(Z_i\), \(Z_o\), \(A_v\). Q6.5-6.7 \(C_E\) branché en \(E_2\) (\(R_{E1}=1{,}2\ \text{k}\Omega\) non découplée) : mêmes questions. Q6.8 \(R_{E1}\) pour \(A_v=-10\). Q6.9 Effet d'une charge \(R_L\).
💡 Méthode et raisonnement

Polarisation : Thévenin de la base, puis maille d'entrée avec \(R_E\) ramenée à la base :

\(I_B=\dfrac{E_{th}-V_{BE}}{R_{th}+(\beta+1)R_E}\)ici \((\beta+1)R_E=61\ \text{k}\Omega\) n'est pas très grand devant \(R_{th}\approx14\ \text{k}\Omega\)

Découplage partiel : la partie de \(R_E\) non découplée reste dans le schéma AC. Elle est traversée par \((\beta+1)i_b\) : vue de la base, elle apparaît multipliée par \((\beta+1)\). Elle augmente \(Z_i\) et diminue le gain, mais le rend stable.

✅ Correction détaillée
Polarisation (préalable)
  1. Thévenin de la base et courants
    \[\begin{gathered}E_{th}=V_{CC}\,\frac{R_2}{R_1+R_2}=20\times\frac{15}{195}=1{,}54\ \text{V}\\[4pt] R_{th}=R_1\parallel R_2=180\ \text{k}\parallel15\ \text{k}=13{,}8\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}I_B&=\frac{E_{th}-V_{BE}}{R_{th}+(\beta+1)R_E}\\ &=\frac{1{,}54-0{,}7}{13{,}8\ \text{k}+61\times1\ \text{k}}\\ &=\frac{0{,}84}{74{,}8\ \text{k}\Omega}\\ &=11{,}2\ \mu\text{A}\end{aligned}\\[4pt] I_E=(\beta+1)\,I_B=0{,}683\ \text{mA}\\[4pt] r_e=\frac{V_T}{I_E}=\frac{26\ \text{mV}}{0{,}683\ \text{mA}}=38\ \Omega\end{gathered}\]
  2. Vérification du régime linéaire
    \[\begin{aligned}V_{CE} &= V_{CC}-R_C\,I_C-R_E\,I_E\\ &= 20-4{,}7\ \text{k}\times0{,}672\ \text{mA}-1\ \text{k}\times0{,}683\ \text{mA}\\ &= 16{,}2\ \text{V}>V_{CE,\text{sat}}\ ✓\end{aligned}\]
Q6.1 — Impédances des condensateurs à \(1\,\mathrm{kHz}\)
  1. \(|Z_C|=\dfrac{1}{2\pi fC}\)
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}|Z_{C_1}|&=|Z_{C_2}|\\ &=\frac{1}{2\pi\times10^3\times100\cdot10^{-6}}\\ &=1{,}6\ \Omega\end{aligned}\\[4pt] |Z_{C_E}|=0{,}72\ \Omega\end{gathered}\]

    Négligeables devant les résistances du montage \((k\,\mathrm{\Omega })\) et devant \(r_e=38\ \Omega\) : on remplace les condensateurs par des fils en AC.

Q6.2 à Q6.4 — Émetteur totalement découplé
  1. Schéma, impédances et gain

    Entrée : \(R_{th}\) entre base et masse, en parallèle avec \((\beta+1)r_e\). Sortie : source \(\beta i_b\) en parallèle avec \(R_C\).

    \[\begin{gathered}(\beta+1)\,r_e=61\times38=2{,}32\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}Z_i&=R_{th}\parallel(\beta+1)\,r_e\\ &=13{,}8\ \text{k}\parallel2{,}32\ \text{k}\\ &=1{,}99\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt] Z_o=R_C=4{,}7\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}A_v&=-\frac{\beta\,R_C}{(\beta+1)\,r_e}\\ &=-\frac{60\times4700}{2321}\\ &=-122\end{aligned}\\[4pt] \left(\approx-\frac{R_C}{r_e}=-124\right)\end{gathered}\]
Q6.5 à Q6.7 — \(R_{E1}=1{,}2\ \text{k}\Omega\) non découplée
  1. Équations des deux mailles

    Entre la base et la masse, on trouve maintenant \(r_e\) puis \(R_{E1}\), tous deux traversés par \(i_e=(\beta+1)i_b\) :

    \[\begin{aligned}u_e&=(\beta+1)\,(r_e+R_{E1})\,i_b\qquad u_s\\ &=-\beta\,i_b\,R_C\end{aligned}\]
  2. Impédances et gain
    \[\begin{gathered}(\beta+1)(r_e+R_{E1})=61\times1238=75{,}5\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}Z_i&=R_{th}\parallel(\beta+1)(r_e+R_{E1})\\ &=13{,}8\ \text{k}\parallel75{,}5\ \text{k}\\ &=11{,}7\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt] Z_o=4{,}7\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}A_v &= -\frac{\beta\,R_C}{(\beta+1)(r_e+R_{E1})}\\ &= -\frac{282\,000}{75\,500}\\ &= -3{,}7\end{aligned}\]

    Modèle de l'amplificateur : entrée = résistance \(Z_i\) ; sortie = source \(A_v\,u_e\) en série avec \(Z_o\).

    Le gain a chuté, mais il vaut pratiquement \(-\dfrac{R_C}{R_{E1}}\) : il ne dépend plus ni de \(\beta\) ni de \(r_e\) (donc ni du transistor ni de la température). C'est une contre-réaction : on échange du gain contre de la stabilité.

Q6.8 — \(R_{E1}\) pour \(A_v=-10\)
  1. Isoler \(R_{E1}\)
    \[\begin{gathered}(\beta+1)(r_e+R_{E1})=\frac{\beta R_C}{10}\\[3pt]\begin{aligned}\Longrightarrow\ \ R_{E1}&=\frac{\beta R_C}{10\,(\beta+1)}-r_e\\ &=\frac{60\times4700}{61\times10}-38\\ &=462-38\\ &=424\ \Omega\ \to\ 430\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    Avec l'approximation \(-\dfrac{R_C}{r_e+R_{E1}}=-10\) : \(R_{E1}=432\ \Omega\). Compatible avec \(R_E=1\ \text{k}\Omega\) : \(R_{E2}\approx570\ \Omega\) reste découplée et sert seulement à la polarisation.

Q6.9 — Avec une charge \(R_L\)
  1. Pont diviseur en sortie
    \[\begin{gathered}u_s=A_v\,u_e\,\frac{R_L}{R_L+Z_o}\\[4pt] i_s=\frac{u_s}{R_L}=\frac{A_v\,u_e}{R_L+Z_o}\end{gathered}\]

    La charge forme un pont diviseur avec \(Z_o\) : pour ne pas perdre de gain, il faut \(R_L\gg Z_o\).

RéponsesDécouplage total : \(Z_i\approx2\ \text{k}\Omega\), \(Z_o=4{,}7\ \text{k}\Omega\), \(A_v\approx-122\). \(R_{E1}=1{,}2\ \text{k}\Omega\) : \(Z_i\approx11{,}7\ \text{k}\Omega\), \(A_v\approx-3{,}7\). \(A_v=-10\) pour \(R_{E1}\approx430\ \Omega\).
Énoncé contradictoireLa Q6.6 impose \(R_{E1}=1{,}2\ \text{k}\Omega\) alors que \(R_{E1}+R_{E2}=1\ \text{k}\Omega\). Comme \(R_{E1}\gg r_e\), le résultat ne dépend presque pas du point de polarisation : en recalculant la polarisation avec \(R_E=1{,}2\ \text{k}\Omega\) (\(r_e=44\ \Omega\)), on trouve les mêmes \(Z_i=11{,}7\ \text{k}\Omega\) et \(A_v=-3{,}7\).
Ex 6.5

Deux amplificateurs en cascade

Q6.10-6.13 · non corrigé dans le poly
Source de résistance interne \(R_{\text{source}}=1\ \text{k}\Omega\) ; étage 1 : \(Z_{i1}=50\ \text{k}\Omega\), \(Z_{o1}=20\ \Omega\), \(A_{v1}\approx1\) ; étage 2 : \(Z_{i2}=1{,}2\ \text{k}\Omega\), \(Z_{o2}=4{,}6\ \text{k}\Omega\), \(A_{v2}=-640\) ; charge \(R_L=2{,}2\ \text{k}\Omega\). Q6.10 Gain total à vide. Q6.11 Gain total en charge. Q6.12 Gain en courant. Q6.13 Le gain en courant total est-il le produit des gains de chaque étage ?
💡 Méthode et raisonnement

Chaque étage est une « boîte » : \(Z_i\) en entrée, source \(A_v\,u_e\) en série avec \(Z_o\) en sortie. Quand on enchaîne deux boîtes, la sortie de l'une attaque l'entrée de l'autre : c'est un pont diviseur. On perd à chaque interface le facteur :

\(\dfrac{Z_{i,\text{suivant}}}{Z_{i,\text{suivant}}+Z_{o,\text{précédent}}}\)proche de 1 si \(Z_i\gg Z_o\)

Gain en courant : courant de sortie \(\tfrac{u_s}{R_L}\) divisé par courant d'entrée \(\tfrac{u_e}{Z_{i1}}\), soit \(A_i=A_v\,\dfrac{Z_{i1}}{R_L}\).

✅ Correction détaillée
Q6.10 et Q6.11 — Gains en tension
  1. Interface étage \(1\to\) étage 2
    \[\begin{aligned}A_{vT} &= A_{v1}\times\frac{Z_{i2}}{Z_{i2}+Z_{o1}}\times A_{v2}\\ &= 1\times\frac{1200}{1220}\times(-640)\\ &= -630\end{aligned}\]
  2. Interface étage \(2\to\) charge
    \[\begin{aligned}A_{vT,L} &= A_{vT}\,\frac{R_L}{R_L+Z_{o2}}\\ &= -630\times\frac{2200}{6800}\\ &= -204\end{aligned}\]

    Depuis la source, il faut encore multiplier par \(\tfrac{Z_{i1}}{Z_{i1}+R_{\text{source}}}=\tfrac{50}{51}\), soit \(\approx -200\). L'interface de sortie coûte les deux tiers du gain : \(Z_{o2}=4{,}6\ \text{k}\Omega\) est grande devant \(R_L=2{,}2\ \text{k}\Omega\).

Q6.12 et Q6.13 — Gains en courant
  1. Gain total
    \[\begin{aligned}A_{iT,L} &= A_{vT,L}\,\frac{Z_{i1}}{R_L}\\ &= -204\times\frac{50\,000}{2200}\approx-4{,}6\cdot10^3\end{aligned}\]
  2. Gain de chaque étage (chargé)
    \[\begin{gathered}A_{i1}=\frac{u_{e2}/Z_{i2}}{u_e/Z_{i1}}=0{,}984\times\frac{50\,000}{1200}=41{,}0\\[4pt]\begin{aligned}A_{i2}&=\frac{u_s/R_L}{u_{e2}/Z_{i2}}\\ &=(-640\times0{,}324)\times\frac{1200}{2200}\\ &=-112{,}9\end{aligned}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}A_{i1}\times A_{i2}&=41{,}0\times(-112{,}9)\\ &=-4{,}6\cdot10^3\\ &=A_{iT,L}\ ✓\end{aligned}\]
Réponse à Q6.13Oui : le courant de sortie de l'étage 1 est exactement le courant d'entrée de l'étage 2, donc les gains en courant chargés se multiplient. Attention : ce n'est pas vrai des gains « à vide ».
Rôle de l'étage 1Un gain de 1 semble inutile, mais \(Z_{i1}=50\ \text{k}\Omega\) ne charge pas la source et \(Z_{o1}=20\ \Omega\) attaque l'étage 2 sans perte : c'est un adaptateur d'impédance (collecteur commun). Sans lui, la source de \(1\,\mathrm{k\Omega }\) attaquerait directement \(Z_{i2}=1{,}2\ \text{k}\Omega\) et perdrait 45 % du signal.
Ex 6.6

Concevoir un amplificateur émetteur commun

ES6.5-6.7
Transistor \(Q2\)N2222, \(V_{CC}=24\ \text{V}\), \(A_v=-100\) à vide, \(I_C=4\ \text{mA}\), \(f\leq100\ \text{kHz}\) ; point de repos au milieu de la droite de charge ; règle de stabilité \(R_{B2}\leq\dfrac{\beta R_E}{10}\) (\(R_E\) découplée). ES6.5 Dimensionner \(R_C\), \(R_E\), \(R_{B1}\), \(R_{B2}\). ES6.6 \(Z_i\) et \(Z_o\). ES6.7 Tension de sortie pour une source de \(10\,\mathrm{mV}\) (résistance interne \(50\,\mathrm{\Omega }\)) et une charge de \(1\,\mathrm{k\Omega }\).
💡 Méthode et raisonnement

Ordre de conception (chaque étape utilise la précédente) :

  1. \(\beta\) : valeur minimale de la datasheet (le montage doit marcher avec le plus mauvais exemplaire) ;
  2. \(I_E\) puis \(r_e\) ;
  3. \(R_C\) par le gain : \(|A_v|\approx\dfrac{R_C}{r_e}\) ;
  4. \(R_E\) par la droite de charge : repos au milieu ⟺ \(I_{C,\text{sat}}=2I_C\) ;
  5. \(R_{B2}\) par la règle de stabilité, \(R_{B1}\) par le pont.
✅ Correction détaillée
ES6.5 — Dimensionnement
  1. \(\beta\), \(r_e\) et \(R_C\)

    Datasheet 2N2222 : \(h_{FE,\min}=50\) à \(1\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 75\) à \(10\,\mathrm{mA}\Longrightarrow\) \(\beta=50\) (cas défavorable).

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}I_E&=\left(1+\frac1\beta\right)I_C\\ &=\left(1+\frac1{50}\right)\times4\\ &=4{,}08\ \text{mA}\end{aligned}\\[4pt] r_e=\frac{V_T}{I_E}=\frac{26\ \text{mV}}{4{,}08\ \text{mA}}\approx6{,}34\ \Omega\\[4pt] R_C=|A_v|\,r_e=100\times6{,}34\approx634\ \Omega\end{gathered}\]

    (\(r_e=6{,}34\ \Omega\) avec \(V_T=25{,}9\ \text{mV}\).) Valeurs normalisées proches : 620 ou \(680\,\mathrm{\Omega }\).

  2. \(R_E\) par la droite de charge

    Repos au milieu de la droite : \(I_{C,\text{sat}}=2\,I_{C0}=2\times4=8\ \text{mA}\). À la saturation, \(V_{CC}=R_C I+V_{CE,\text{sat}}+R_E I\) (avec \(I_E\approx I_C\)) :

    \[\begin{aligned}R_E &= \frac{V_{CC}-R_C\,I_{C,\text{sat}}-V_{CE,\text{sat}}}{I_{C,\text{sat}}}\\ &= \frac{24-634\times8\cdot10^{-3}-0{,}3}{8\cdot10^{-3}}\\ &= 2{,}3\ \text{k}\Omega\end{aligned}\]
  3. Pont de base
    \[\begin{gathered}R_{B2}\leq\frac{\beta R_E}{10}=11{,}5\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}V_B&=V_{BE}+R_E I_E\\ &=0{,}7+2{,}3\ \text{k}\times4{,}1\ \text{mA}\\ &=10{,}1\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] R_{B1}=R_{B2}\,\frac{V_{CC}-V_B}{V_B}\approx15{,}7\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]

    La règle \(R_{B2}\leq\tfrac{\beta R_E}{10}\) garantit que le courant de pont est grand devant \(I_B\) : \(V_B\) ne dépend presque pas de \(\beta\).

ES6.6 — Impédances
  1. Entrée et sortie
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_B&=R_{B1}\parallel R_{B2}\\ &=15{,}7\ \text{k}\parallel11{,}5\ \text{k}\\ &=6{,}64\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}Z_i&=R_B\parallel(\beta+1)\,r_e\\ &=6{,}64\ \text{k}\parallel(51\times6{,}34)\\ &=308\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}r_o=\frac{1}{h_{oe}}=\frac{1}{5\cdot10^{-6}\ \text{S}}=200\ \text{k}\Omega\\[4pt] Z_o=R_C\parallel r_o=634\parallel200\ \text{k}\approx632\ \Omega\end{gathered}\]
ES6.7 — Tension de sortie
  1. Deux ponts diviseurs
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}u_e&=e_g\,\frac{Z_i}{Z_i+R_g}\\ &=10\ \text{mV}\times\frac{308}{308+50}\\ &=8{,}6\ \text{mV}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}u_s&=A_{v0}\,\frac{R_L}{R_L+Z_o}\,u_e\\ &=-100\times\frac{1000}{1000+632}\times8{,}6\ \text{mV}\approx-527\ \text{mV}\end{aligned}\end{gathered}\]
Réponses\(R_C\approx634\ \Omega\), \(R_E\approx2{,}3\ \text{k}\Omega\), \(R_{B2}=11{,}5\ \text{k}\Omega\), \(R_{B1}\approx15{,}7\ \text{k}\Omega\) ; \(Z_i\approx308\ \Omega\), \(Z_o\approx632\ \Omega\) ; \(u_s\approx0{,}53\ \text{V}\) d'amplitude.
Erreurs du polyES6.6 : \(r_o=\tfrac{1}{h_{oe}}=\tfrac{1}{5\cdot10^{-6}}\) vaut \(200\,\mathrm{k\Omega }\), pas \(5\,\mathrm{M\Omega }\) (conclusion inchangée : \(r_o\gg R_C\)). ES6.5 : le dénominateur de l'A.\(N\). de \(R_{B1}\) oublie \(R_E\) (« \(0{,}7+4{,}1\cdot10^{-3}\) » au lieu de \(0{,}7+2{,}3\ \text{k}\times4{,}1\ \text{mA}\)) ; le résultat \(15{,}7\,\mathrm{k\Omega }\) est juste. La numérotation passe de ES5.17 à ES6.5.
Regard critiqueLe gain chargé n'est plus que −61 (et −53 vu de la source) : un émetteur commun seul a une impédance de sortie trop forte pour une charge de \(1\,\mathrm{k\Omega }\). Solution classique : ajouter un étage collecteur commun en sortie (voir Ex 6.5).
TD 7 · Poly \(p\). 67-81

Polarisation du JFET

JFET canal \(N\) en saturation (région « à courant constant ») : \(I_D=I_{DSS}\left(1-\dfrac{V_{GS}}{V_P}\right)^2\) avec \(V_P<V_{GS}\leq0\) et \(V_{DS}>V_{GS}-V_P\). \(I_G=0\) : la grille ne consomme rien, donc aucune chute de tension dans \(R_G\). Autopolarisation : \(V_{GS}=-R_S I_D\) ⟹ équation du second degré, dont une seule racine vérifie \(V_P<V_{GS}\leq0\). Revoir le cours (ch. 6)

Ex 7.1

JFET autopolarisé

AD7.1
\(V_{DD}=20\ \text{V}\), \(R_D=3{,}3\ \text{k}\Omega\) (\(V_{DD}\)-drain), \(R_S=1\ \text{k}\Omega\) (source-masse), \(R_G=1\ \text{M}\Omega\) (grille-masse) ; JFET canal \(N\) : \(I_{DSS}=8\ \text{mA}\), \(V_P=-6\ \text{V}\). Déterminer le point de polarisation (\(I_D\), \(V_{GS}\), \(V_{DS}\)).
💡 Méthode et raisonnement

Comment le JFET se polarise\(-t\)-il tout seul ? La grille est à \(0\,\mathrm{V}\) (aucun courant dans \(R_G\)). Le courant de drain fait monter la source à \(V_S=R_S I_D>0\) : la grille devient négative par rapport à la source, \(V_{GS}=-R_S I_D\). C'est justement ce qu'il faut à un JFET canal \(N\). Et c'est stable : si \(I_D\) augmente, \(V_{GS}\) devient plus négatif, ce qui fait redescendre \(I_D\).

Calcul : deux équations pour deux inconnues, la loi du transistor et la maille de grille. En travaillant en \(mA\) et \(k\,\mathrm{\Omega }\) (le produit donne des volts), on obtient une équation du second degré. Parmi les deux racines, une seule a un sens physique.

✅ Correction détaillée
  1. Maille de grille
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}I_G&=0\\ &\Rightarrow\ V_G=0\\ &\Rightarrow\ V_{GS}=V_G-V_S=-R_S\,I_D=-I_D\end{aligned}\\[4pt] (\text{V, avec }I_D\text{ en mA})\end{gathered}\]
  2. Loi du transistor
    \[\begin{aligned}I_D&=8\left(1-\frac{I_D}{6}\right)^2=8\left(1-\frac{I_D}{3}+\frac{I_D^2}{36}\right)\\9\,I_D&=72-24\,I_D+2\,I_D^2\\0&=2\,I_D^2-33\,I_D+72\end{aligned}\]
  3. Résolution et tri des racines
    \[\begin{gathered}\Delta=b^2-4ac=33^2-4\times2\times72=513\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{33\pm\sqrt{513}}{4}\\ &=\frac{33\pm22{,}65}{4}\\ &=13{,}9\ \text{mA}\\ &\text{ou}\ 2{,}59\ \text{mA}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(I_D=13{,}9\ \text{mA}\) donnerait \(V_{GS}=-13{,}9\ \text{V}\), au-delà du pincement (\(V_P=-6\ \text{V}\)) : le canal serait fermé et le courant nul. Contradiction : on rejette. D'ailleurs \(13{,}9\,\mathrm{mA}\) dépasse \(I_{DSS}\), le maximum possible. Donc \(I_D=2{,}59\ \text{mA}\) et \(V_{GS}=-2{,}59\ \text{V}\).

  4. Maille de sortie et vérification
    \[\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-I_D\,(R_D+R_S)\\ &=20-2{,}59\times4{,}3\\ &=8{,}9\ \text{V}\\ &>\ V_{GS}-V_P=3{,}4\ \text{V}\ ✓\end{aligned}\]
Réponse\(I_D\approx2{,}6\ \text{mA}\), \(V_{GS}\approx-2{,}6\ \text{V}\), \(V_{DS}\approx8{,}9\ \text{V}\).
RemarqueLe poly saute les étapes (« ⟺ … ⟺ \(I_D=2{,}6\ \text{mA}\) ») et arrondit : \(V_{DS}=8{,}82\ \text{V}\) avec \(2{,}6\,\mathrm{mA},\,\allowbreak 8,\,\allowbreak 88\,\mathrm{V}\) avec \(2{,}587\,\mathrm{mA}\).
RéflexeRacine à garder : celle qui vérifie \(0\leq I_D\leq I_{DSS}\). C'est toujours la plus petite.
Ex 7.2

JFET en région ohmique : atténuateur commandé en tension

AD7.2-7.3
Près de l'origine, la caractéristique \(I_D(V_{DS})\) passe par \(I_D=0{,}8\ \text{mA}\) à \(V_{DS}=0{,}1\ \text{V}\) pour \(V_{GS}=0\) ; \(0{,}4\,\mathrm{mA}\) pour \(V_{GS}=-2\ \text{V}\) ; \(0{,}1\,\mathrm{mA}\) pour \(V_{GS}=-4\ \text{V}\). AD7.2 Résistance du canal \(r_{DS}\) dans chaque cas. AD7.3 On place \(R=1\ \text{k}\Omega\) en série avec le canal, sous \(u_e=50\ \text{mV}\) ; \(u_s\) est prise aux bornes du canal : calculer \(u_s\).
💡 Méthode et raisonnement

Pour de très petites tensions \(V_{DS}\), le canal n'est pas pincé : il se comporte comme une résistance dont la section dépend de \(V_{GS}\) (la zone de déplétion le rétrécit). Les caractéristiques sont des droites passant par l'origine, de pente \(\tfrac1{r_{DS}}\).

Avec \(R\) en série, on obtient un pont diviseur dont un des éléments est réglé par \(V_{GS}\) :

\(u_s=u_e\,\dfrac{r_{DS}}{r_{DS}+R}\)\(u_s\) prise aux bornes du canal
✅ Correction détaillée
  1. AD7.2 — Inverse de la pente
    \[\begin{gathered}r_{DS}=\frac{V_{DS}}{I_D} :\\[4pt] \frac{0{,}1}{0{,}8\ \text{mA}}=125\ \Omega\ (0\ \text{V})\\[4pt] \frac{0{,}1}{0{,}4\ \text{mA}}=250\ \Omega\ (-2\ \text{V})\\[4pt] \frac{0{,}1}{0{,}1\ \text{mA}}=1\ \text{k}\Omega\ (-4\ \text{V})\end{gathered}\]

    Plus \(V_{GS}\) est négatif, plus le canal est étroit et résistant.

  2. AD7.3 — Pont diviseur
    \[\begin{gathered}u_s=u_e\,\frac{r_{DS}}{R+r_{DS}}\\[4pt] u_s=50\times\frac{125}{1125}=5{,}6\ \text{mV}\\[4pt] u_s=50\times\frac{250}{1250}=10\ \text{mV}\\[4pt] u_s=50\times\frac{1000}{2000}=25\ \text{mV}\end{gathered}\]

    Atténuations respectives : 0,11 ; 0,2 ; 0,5.

Réponse\(u_s=5{,}6\ \text{mV}\), \(10\,\mathrm{mV}\) et \(25\,\mathrm{mV}\) : l'atténuation est réglée par une tension continue \(V_{GS}\).
ApplicationPour de petites tensions \(V_{DS}\), le JFET se comporte comme une résistance réglée par \(V_{GS}\) : contrôle automatique de gain, atténuateurs, modulateurs. Condition : rester en région ohmique, \(V_{DS}\ll V_{GS}-V_P\).
Ex 7.3

Polarisation par tension de grille négative

AD7.4
\(V_{DD}=16\ \text{V}\), \(R_D=2{,}2\ \text{k}\Omega\), grille reliée par \(R=1\ \text{M}\Omega\) à une source de \(-3\,\mathrm{V}\), source du JFET à la masse ; \(I_{DSS}=10\ \text{mA}\), \(V_P=-4{,}5\ \text{V}\). Point de polarisation.
💡 Méthode et raisonnement

La grille ne consomme aucun courant : la résistance de \(1\,\mathrm{M\Omega }\) ne crée aucune chute de tension, \(V_G=-3\ \text{V}\). La source étant à la masse, \(V_{GS}\) est directement imposé. La loi quadratique donne \(I_D\) sans équation à résoudre.

✅ Correction détaillée
  1. \(V_{GS}\) imposé, courant de drain
    \[\begin{gathered}V_{GS}=-3\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=I_{DSS}\left(1-\frac{V_{GS}}{V_P}\right)^2\\ &=10\left(1-\frac{-3}{-4{,}5}\right)^2\\ &=10\times(0{,}333)^2\\ &=1{,}11\ \text{mA}\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Tension drain-source
    \[\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-R_D\,I_D\\ &=16-2{,}2\ \text{k}\Omega\times1{,}11\ \text{mA}\\ &=13{,}6\ \text{V}\\ &>\ V_{GS}-V_P=1{,}5\ \text{V}\ ✓\end{aligned}\]
Réponse\(I_D\approx1{,}11\ \text{mA}\), \(V_{DS}\approx13{,}6\ \text{V}\).
Coquille du poly« \(2{,}2\cdot10^{-3}\) » dans l'A.\(N\). de \(V_{DS}\) : c'est \(R_D=2{,}2\cdot10^3\ \Omega\). Ce montage est simple mais sensible à la dispersion de \(I_{DSS}\) et \(V_P\) (fortes d'un JFET à l'autre) : l'autopolarisation par \(R_S\) stabilise mieux, car elle crée une contre-réaction.
Ex 7.4

\(V_{DD}\) minimal pour la région à courant constant

Q7.1 · non corrigé dans le poly
Grille et source à la masse, \(R_D=560\ \Omega\) entre \(V_{DD}\) et le drain ; \(V_{GS,\text{off}}=-4\ \text{V}\), \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\). Quelle valeur minimale de \(V_{DD}\) place le JFET dans la région à courant constant ?
💡 Méthode et raisonnement

Avec \(V_{GS}=0\), le courant de saturation est \(I_{DSS}\). Pour être dans cette région, il faut que le canal soit pincé côté drain :

\(V_{DS}\geq V_{GS}-V_{GS,\text{off}}=|V_P|\)l'alimentation doit fournir cette tension plus la chute dans \(R_D\)
✅ Correction détaillée
  1. Courant, tension minimale, maille de sortie
    \[\begin{gathered}I_D=I_{DSS}=12\ \text{mA}\\[4pt] V_{DS,\min}=V_{GS}-V_P=0-(-4)=4\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}V_{DD,\min}&=V_{DS,\min}+R_D\,I_D\\ &=4+560\times0{,}012\\ &=10{,}7\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]

    En dessous, \(V_{DS}<4\ \text{V}\) : le JFET passe en région ohmique et le courant devient inférieur à \(12\,\mathrm{mA}\).

Réponse\(V_{DD}\geq10{,}7\ \text{V}\).
Ex 7.5

Autopolarisation

Q7.2 · non corrigé dans le poly
\(V_{DD}=20\ \text{V}\), \(R_D=2\ \text{k}\Omega\), \(R_S=300\ \Omega\), \(R\) entre grille et masse ; \(I_{DSS}=5\ \text{mA}\), \(V_P=-2{,}5\ \text{V}\). Déterminer le point de fonctionnement (\(V_{DS}\) ; \(I_D\)).
💡 Méthode et raisonnement

Même démarche qu'à l'Ex 7.1 : \(V_{GS}=-R_S I_D\), injecté dans la loi quadratique, puis tri des racines. En \(mA\) et \(k\,\mathrm{\Omega }\) : \(V_{GS}=-0{,}3\,I_D\).

✅ Correction détaillée
  1. Équation
    \[\begin{gathered}\frac{V_{GS}}{V_P}=\frac{-0{,}3\,I_D}{-2{,}5}=0{,}12\,I_D\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=5\,(1-0{,}12\,I_D)^2\\ &\Longrightarrow\ 0{,}072\,I_D^2-2{,}2\,I_D+5=0\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Racines
    \[\begin{gathered}\Delta=b^2-4ac=2{,}2^2-4\times0{,}072\times5=3{,}40\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{2{,}2\pm1{,}844}{0{,}144}\\ &=28{,}1\ \text{mA}\\ &\text{ou}\ 2{,}47\ \text{mA}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(28{,}1\,\mathrm{mA}\) donne \(V_{GS}=-8{,}4\ \text{V}<V_P\) : rejeté. Donc \(I_D=2{,}47\ \text{mA}\), \(V_{GS}=-0{,}74\ \text{V}\).

  3. Tension drain-source
    \[\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-I_D\,(R_D+R_S)\\ &=20-2{,}47\times(2+0{,}3)\\ &=14{,}3\ \text{V}\\ &>\ V_{GS}-V_P=1{,}76\ \text{V}\ ✓\end{aligned}\]
Réponse(\(V_{DS}\) ; \(I_D\)) \(\approx (14{,}3\,\mathrm{V};\,\allowbreak 2{,}47\,\mathrm{mA})\), \(V_{GS}\approx-0{,}74\ \text{V}\).
Ex 7.6

Paire de JFET à source commune (« miroir »)

Q7.3-7.5 · non corrigé dans le poly
T1 et T2 identiques (\(I_{DSS}=2\ \text{mA}\), \(V_P=-2\ \text{V}\)) ; drains reliés à \(+15\,\mathrm{V}\) par \(R_D=10\ \text{k}\Omega\) chacun ; les deux grilles à la masse \((M)\) ; les deux sources reliées au nœud \(S\), puis \(R\) vers \(V_{EE}=-15\ \text{V}\). Q7.3 Montrer que \(V_{GS1}=V_{GS2}\) et en déduire \(I_{D1}=I_{D2}\). Q7.4 \(R\) pour \(I_{D1}=I_{D2}=0{,}5\ \text{mA}\). Q7.5 Potentiels des points \(M,\,\allowbreak S,\,\allowbreak D_{1},\,\allowbreak D_{2}\).
💡 Méthode et raisonnement

Deux transistors identiques qui ont la même tension de commande \(V_{GS}\) ont le même courant (même loi quadratique). On inverse ensuite la loi pour trouver \(V_{GS}\) à partir du courant voulu :

\(V_{GS}=V_P\left(1-\sqrt{\dfrac{I_D}{I_{DSS}}}\right)\)loi quadratique inversée (racine positive)

\(R\) est traversée par la somme des deux courants.

✅ Correction détaillée
  1. Q7.3 — Même \(V_{GS}\)

    Les deux grilles sont au même potentiel \((0\,\mathrm{V})\) et les deux sources au même nœud \(S\) : \(V_{GS1}=V_{GS2}=0-V_S\). Les transistors sont identiques et en saturation : même loi \(I_D(V_{GS})\), donc \(I_{D1}=I_{D2}\).

  2. Q7.4 — \(V_{GS}\) pour \(0{,}5\,\mathrm{mA}\), puis \(R\)
    \[\begin{gathered}I_D=I_{DSS}\left(1-\frac{V_{GS}}{V_P}\right)^2\\[3pt] 0{,}5=2\left(1+\frac{V_{GS}}{2}\right)^2\\[3pt] \Rightarrow\ 1+\frac{V_{GS}}{2}=0{,}5\\[3pt] \Rightarrow\ V_{GS}=-1\ \text{V}\\[3pt] \Rightarrow\ V_S=+1\ \text{V}\end{gathered}\]

    (L'autre racine, \(1+\tfrac{V_{GS}}2=-0{,}5\), donnerait \(V_{GS}=-3\ \text{V}<V_P\).) Loi d'Ohm sur \(R\), traversée par \(I_{D1}+I_{D2}=1\ \text{mA}\) :

    \[\begin{aligned}R &= \frac{V_S-V_{EE}}{1\ \text{mA}}\\ &= \frac{1-(-15)}{1\ \text{mA}}\\ &= 16\ \text{k}\Omega\end{aligned}\]
  3. Q7.5 — Potentiels
    \[\begin{gathered}V_M=0\\[4pt] V_S=+1\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}V_{D1}&=V_{D2}\\ &=V_{DD}-R_D\,I_D\\ &=15-10\ \text{k}\Omega\times0{,}5\ \text{mA}\\ &=10\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]

    Vérification : \(V_{DS}=9\ \text{V}>V_{GS}-V_P=1\ \text{V}\) : saturation ✓.

Réponses\(R=16\ \text{k}\Omega\) ; \(V_M=0\), \(V_S=1\ \text{V}\), \(V_{D1}=V_{D2}=10\ \text{V}\).
À quoi ça sertC'est la structure d'une paire différentielle : la résistance \(R\) (ou une source de courant) impose le courant total, partagé également au repos. Si une grille monte, son transistor prend plus de courant et l'autre moins : on amplifie la différence des deux entrées. C'est l'étage d'entrée des AOP à entrée JFET (TL071, TL081).
Ex 7.7

Autopolarisation (bis)

ES7.1
\(V_{DD}=18\ \text{V}\), \(R_D=1{,}5\ \text{k}\Omega\), \(R_S=2{,}2\ \text{k}\Omega\), \(R_G=1\ \text{M}\Omega\) ; \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\), \(V_P=-4\ \text{V}\). Point de fonctionnement.
💡 Méthode et raisonnement

Autopolarisation : \(V_{GS}=-2{,}2\,I_D\) \((V,\,\allowbreak mA)\). Injecter dans la loi quadratique, résoudre, garder la racine physique.

✅ Correction détaillée
  1. Équation
    \[\begin{gathered}\frac{V_{GS}}{V_P}=\frac{2{,}2\,I_D}{4}=0{,}55\,I_D\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=12\,(1-0{,}55\,I_D)^2\\ &\Longrightarrow\ 3{,}63\,I_D^2-14{,}2\,I_D+12=0\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Racines
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\Delta&=b^2-4ac\\ &=14{,}2^2-4\times3{,}63\times12\\ &=27{,}4\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{14{,}2\pm5{,}23}{7{,}26}\\ &=2{,}68\ \text{mA}\\ &\text{ou}\ 1{,}23\ \text{mA}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(2{,}68\,\mathrm{mA}\) donne \(V_{GS}=-5{,}9\ \text{V}<V_P\) : rejeté.

  3. Point de repos
    \[\begin{gathered}I_D=1{,}23\ \text{mA}\\[4pt] V_{GS}=-R_S\,I_D=-2{,}2\times1{,}23=-2{,}72\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-I_D\,(R_D+R_S)\\ &=18-1{,}23\times(1{,}5+2{,}2)\\ &=13{,}4\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(V_{DS}>V_{GS}-V_P=1{,}28\ \text{V}\) ✓.

Réponse\(I_D\approx1{,}23\ \text{mA}\), \(V_{GS}\approx-2{,}72\ \text{V}\), \(V_{DS}\approx13{,}4\ \text{V}\).
Erreurs de recopie du poly\(R_S\) écrit « \(2{,}2\cdot10^{-3}\) » au lieu de \(2{,}2\cdot10^3\) ; \(550^2=302\,500\) et non « 3 025 200 » ; l'équation finale doit être \(3630\,I_D^2-14{,}2\,I_D+0{,}012=0\) (en \(A\)) — le poly écrit −13,2 puis utilise bien −14,2 — et « 4·3630·2,012 » doit se lire 0,012. Le poly arrondit \(I_D\) à \(1{,}2\,\mathrm{mA}\), d'où \(V_{GS}=-2{,}64\ \text{V}\) (\(-2{,}72\,\mathrm{V}\) sans arrondi). Il ne donne pas \(V_{DS}\). Sur son graphique, l'étiquette « \(I_{DSS}=\tfrac{V_{DD}}{R_S+R_D}\) » confond \(I_{DSS}\) avec l'ordonnée à l'origine de la droite de charge \((4{,}9\,\mathrm{mA})\).
Ex 7.8

Polarisation par pont diviseur

ES7.2
\(V_{DD}=16\ \text{V}\), \(R_1=2{,}1\ \text{M}\Omega\) (\(V_{DD}\)-grille), \(R_2=270\ \text{k}\Omega\) (grille-masse), \(R_D=2{,}4\ \text{k}\Omega\), \(R_S=1{,}5\ \text{k}\Omega\) ; \(I_{DSS}=8\ \text{mA}\), \(V_P=-4\ \text{V}\). Point de fonctionnement.
💡 Méthode et raisonnement

La grille ne tire aucun courant : le pont \(R_1\)-\(R_2\) fonctionne à vide, \(V_G\) se calcule directement (pas besoin de Thévenin comme pour le bipolaire). Ensuite \(V_{GS}=V_G-R_S I_D\), et on reprend la démarche habituelle.

✅ Correction détaillée
  1. Potentiel de grille
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_G&=V_{DD}\,\frac{R_2}{R_1+R_2}\\ &=16\times\frac{270}{2100+270}\\ &=1{,}82\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] V_{GS}=V_G-R_S\,I_D=1{,}82-1{,}5\,I_D\end{gathered}\]
  2. Équation
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}1-\frac{V_{GS}}{V_P}&=1+\frac{1{,}82-1{,}5\,I_D}{4}\\ &=1{,}456-0{,}375\,I_D\end{aligned}\\[4pt] I_D=8\,(1{,}456-0{,}375\,I_D)^2\end{gathered}\]
    \[\Longrightarrow\ 1{,}125\,I_D^2-9{,}74\,I_D+16{,}96=0\]
  3. Racines et point de repos
    \[\begin{aligned}I_D&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{9{,}74\pm4{,}30}{2{,}25}\\ &=6{,}24\ \text{mA}\ (V_{GS}=-7{,}5\ \text{V}<V_P,\ \text{rejeté})\\ &\text{ou}\ 2{,}42\ \text{mA}\end{aligned}\]
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_{GS}&=V_G-R_S\,I_D\\ &=1{,}82-1{,}5\times2{,}42\\ &=-1{,}80\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-I_D\,(R_D+R_S)\\ &=16-2{,}42\times(2{,}4+1{,}5)\\ &=6{,}6\ \text{V}\\ &>\ 2{,}2\ \text{V}\ ✓\end{aligned}\end{gathered}\]
Réponse\(I_D\approx2{,}42\ \text{mA}\), \(V_{GS}\approx-1{,}80\ \text{V}\), \(V_{DS}\approx6{,}6\ \text{V}\).
Erreurs de recopie du poly\(R_1=2{,}1\ \text{M}\Omega\) (« \(2{,}1\cdot10^3\) » dans l'A.\(N\).) ; le terme constant est 1,456, pas 0,456 ; avant de résoudre, il faut passer \(I_D\) dans le même membre : \(1125\,I_D^2-9{,}74\,I_D+0{,}017=0\) (en \(A\)), et non −8,73 ; le dénominateur « 2·3630 » est celui de l'exercice précédent (ici 2·1 125). Les valeurs finales \((2{,}41\,\mathrm{mA},\,\allowbreak -1,\,\allowbreak 80\,\mathrm{V})\) sont néanmoins justes.
Ex 7.9

Polarisation graphique d'un amplificateur JFET

ES7.3-7.5
\(E=12\ \text{V}\), courant de repos voulu \(I_{DS0}=2\ \text{mA}\), caractéristique de transfert fournie (\(I_{DSS}\approx8\ \text{mA}\), \(V_P\approx-4{,}5\ \text{V}\)), \(R_S\) découplée par \(C_S\). ES7.3 \(V_{GS0}\). ES7.4 \(R_S\). ES7.5 Pente \(g_0\) au point de repos.
💡 Méthode et raisonnement

Lecture graphique : sur la courbe \(I_D(V_{GS})\), on part de \(I_D=2\ \text{mA}\) et on lit \(V_{GS0}\). Autopolarisation : \(R_S=-\dfrac{V_{GS0}}{I_{D0}}\).

Pente (transconductance) au point de repos : c'est le « gain » du transistor en petits signaux. On l'obtient en dérivant la loi quadratique :

\(g_m=\dfrac{dI_D}{dV_{GS}}=\dfrac{2\,I_{DSS}}{|V_P|}\left(1-\dfrac{V_{GS0}}{V_P}\right)=\dfrac{2\sqrt{I_{DSS}\,I_{D0}}}{|V_P|}\)les deux formes sont équivalentes
✅ Correction détaillée
  1. ES7.3 et ES7.4 — \(V_{GS0}\) et \(R_S\)
    \[\begin{gathered}V_{GS0}\approx-2{,}25\ \text{V}\\[4pt] \left(\text{contrôle} :\ I_{DSS}\left(1-\frac{V_{GS0}}{V_P}\right)^2=8\left(1-\frac{2{,}25}{4{,}5}\right)^2=2\ \text{mA}\ ✓\right)\\[4pt] R_S=\frac{-V_{GS0}}{I_{D0}}=\frac{2{,}25}{2\ \text{mA}}=1{,}125\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
  2. ES7.5 — Pente au point de repos
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}g_0&=\frac{2I_{DSS}}{|V_P|}\left(1-\frac{V_{GS0}}{V_P}\right)\\ &=\frac{16}{4{,}5}\times(1-0{,}5)\\ &=1{,}78\ \text{mS}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}\text{autre forme} :\ \frac{2\sqrt{I_{DSS}\,I_{D0}}}{|V_P|}&=\frac{2\sqrt{8\times2}}{4{,}5}\\ &=\frac{8}{4{,}5}\\ &=1{,}78\ \text{mS}\ ✓\end{aligned}\end{gathered}\]
Réponses\(V_{GS0}\approx-2{,}25\ \text{V}\) ; \(R_S\approx1{,}1\ \text{k}\Omega\) ; \(g_0\approx1{,}78\ \text{mS}\).
Suite logiqueAvec \(R_S\) découplée, le gain vaudra \(A_v=-g_0\,(R_D\parallel R_L)\). La pente est maximale à \(V_{GS}=0\) (\(g_{m0}=\tfrac{2I_{DSS}}{|V_P|}=3{,}6\ \text{mS}\)) et diminue quand on polarise plus près du pincement.
Ex 7.10

Dimensionner \(R_S\) et \(R_D\) ; questions de physique du JFET

ES7.6-7.10
\(V_{DD}=30\ \text{V}\), point voulu \(V_{GS}=-4\ \text{V}\) et \(V_{DS}=15\ \text{V}\) ; \(I_{DSS}=30\ \text{mA}\), \(V_P=-10\ \text{V}\). ES7.6 Calculer \(R_S\) et \(R_D\). ES7.7 Pourquoi les grilles sont-elles très dopées ? ES7.8 Quand le canal est-il pincé ? ES7.9-7.10 Conditions des régions ohmique et de saturation.
💡 Méthode et raisonnement

Conception : le \(V_{GS}\) voulu donne \(I_D\) par la loi quadratique ; \(R_S\) découle de \(V_{GS}=-R_S I_D\) ; la maille de sortie donne \(R_D+R_S\).

Pour la physique : le JFET est un canal \(N\) entre deux jonctions PN polarisées en inverse ; leurs zones de déplétion (sans porteurs) rétrécissent le canal.

✅ Correction détaillée
ES7.6 — Dimensionnement
  1. Courant puis résistances
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}I_D&=I_{DSS}\left(1-\frac{V_{GS}}{V_P}\right)^2\\ &=30\left(1-\frac{-4}{-10}\right)^2\\ &=30\times0{,}6^2\\ &=10{,}8\ \text{mA}\end{aligned}\\[4pt] R_S=\frac{-V_{GS}}{I_D}=\frac{4}{10{,}8\ \text{mA}}=370\ \Omega\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}R_D+R_S=\frac{V_{DD}-V_{DS}}{I_D}=\frac{15}{10{,}8\ \text{mA}}=1{,}39\ \text{k}\Omega\\[3pt] \Longrightarrow\ R_D=1{,}02\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
ES7.7 à ES7.10 — Physique du JFET
  1. ES7.7 — Grilles très dopées \((P^{+})\)

    Dans une jonction, la charge est la même des deux côtés : la zone de déplétion s'étend donc surtout du côté le moins dopé (\(w\propto\tfrac1N\)). Avec des grilles \(P^{+}\) et un canal \(N\) peu dopé, toute la déplétion mord dans le canal : c'est elle qui le rétrécit et permet la commande par \(V_{GS}\).

  2. ES7.8 — Pincement

    Le canal est complètement fermé (blocage) quand \(V_{GS}=V_P\) (\(-10\,\mathrm{V}\) ici). Côté drain, la tension grille-canal est \(V_{GD}=V_{GS}-V_{DS}\) : le canal s'y pince quand \(V_{GD}=V_P\), soit \(V_{DS}=V_{GS}-V_P\). C'est l'entrée en région de saturation : le courant cesse d'augmenter avec \(V_{DS}\).

  3. ES7.9-7.10 — Conditions
    \[\begin{gathered}\text{ohmique} :\ V_{DS}<V_{GS}-V_P\\[4pt] \text{saturation} :\ V_{DS}>V_{GS}-V_P,\ \ V_P<V_{GS}\leq0\end{gathered}\]

    Ici \(V_{DS}=15\ \text{V}>V_{GS}-V_P=-4+10=6\ \text{V}\) : saturation ✓.

Réponses\(R_S\approx370\ \Omega\), \(R_D\approx1{,}02\ \text{k}\Omega\) ; saturation si \(V_{DS}>V_{GS}-V_P\).
Erreurs du polyLa loi de l'énoncé est imprimée \(I_D=30\left(1-\tfrac{V_{GS}}{10}\right)^2\) : avec \(V_{GS}=-4\ \text{V}\) elle donnerait \(58{,}8\,\mathrm{mA}\). La bonne écriture est \(30\left(1-\tfrac{V_{GS}}{-10}\right)^2=30\left(1+\tfrac{V_{GS}}{10}\right)^2\), et c'est d'ailleurs \(10{,}8\,\mathrm{mA}\) que le poly calcule. Il écrit aussi « \(V_{GS}=R_SI_D\) » (il manque le signe −). Aux ES7.8-7.10, il mélange deux conventions (\(V_P\) négatif puis « \(V_P>0\) ») : « \(V_{DS}<V_P\) » n'est vrai que pour \(V_{GS}=0\) et \(V_P\) pris en valeur absolue ; la condition générale est celle ci-dessus.
Ex 7.11

Concevoir une polarisation par pont

ES7.11
Objectif \(I_{DQ}=5\ \text{mA}\) et \(V_{DSQ}=5\ \text{V}\) ; \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\), \(V_P=-3{,}5\ \text{V}\), \(V_{DD}=10\ \text{V}\), \(R_S=500\ \Omega\), \(R_1+R_2=100\ \text{k}\Omega\). Calculer \(R_1\), \(R_2\) et \(R_D\).
💡 Méthode et raisonnement
  1. Inverser la loi quadratique : \(V_{GS}=V_P\left(1-\sqrt{\tfrac{I_D}{I_{DSS}}}\right)\).
  2. \(V_S=R_S I_D\), donc \(V_G=V_{GS}+V_S\).
  3. Le pont fonctionne à vide (\(I_G=0\)) : \(R_2=V_G\,\dfrac{R_1+R_2}{V_{DD}}\).
  4. Maille de sortie pour \(R_D\).
✅ Correction détaillée
  1. \(V_{GS}\), puis potentiels de source et de grille
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_{GS}&=V_P\left(1-\sqrt{\frac{I_D}{I_{DSS}}}\right)\\ &=-3{,}5\left(1-\sqrt{\frac{5}{12}}\right)\\ &=-3{,}5\times(1-0{,}645)\\ &=-1{,}24\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] V_S=R_S\,I_D=500\times5\ \text{mA}=2{,}5\ \text{V}\\[4pt] V_G=V_S+V_{GS}=2{,}5-1{,}24=1{,}26\ \text{V}\end{gathered}\]

    La grille est positive par rapport à la masse, mais négative par rapport à la source : c'est \(V_{GS}\) qui compte.

  2. Pont de grille et résistance de drain
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_2&=\frac{V_G\,(R_1+R_2)}{V_{DD}}\\ &=\frac{1{,}26\times100\ \text{k}}{10}\\ &=12{,}6\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}R_1&=(R_1+R_2)-R_2\\ &=100-12{,}6\\ &=87{,}4\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}R_D&=\frac{V_{DD}-V_{DS}-V_S}{I_D}\\ &=\frac{10-5-2{,}5}{5\ \text{mA}}\\ &=500\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]

    Contrôle : \(V_{DS}=5\ \text{V}>V_{GS}-V_P=2{,}26\ \text{V}\) ✓.

Réponses\(R_1\approx87{,}4\ \text{k}\Omega\), \(R_2\approx12{,}6\ \text{k}\Omega\), \(R_D=500\ \Omega\).
Pourquoi un pontAvec \(V_G>0\), on peut prendre \(R_S\) plus grande pour un même courant : la contre-réaction de source est plus forte et le point de repos dépend moins de la dispersion (\(I_{DSS}\), \(V_P\)) du transistor.
TD 8 · Poly \(p\). 82-90

Le FET en régime dynamique

Modèle petits signaux : grille isolée (\(i_g=0\)), source de courant \(g_m v_{gs}\) entre drain et source, en parallèle avec \(r_0=\dfrac{V_A}{I_D}\) (\(\infty\) si \(\lambda=0\)). Transconductance : JFET \(g_m=\dfrac{2\sqrt{I_{DSS}I_D}}{|V_P|}\) ; MOSFET \(g_m=2K_n(V_{GS}-V_{Th})\) si \(I_D=K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\), mais \(g_m=K_n(V_{GS}-V_{Th})\) si \(I_D=\tfrac12K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\) (le poly utilise les deux conventions). Trois montages : source commune (\(A_v=-g_mR_D'\)), drain commun ou suiveur (\(A_v=\dfrac{g_mR_S'}{1+g_mR_S'}<1\)), grille commune (\(A_v=+g_mR_D'\), entrée ≈ \(\tfrac1{g_m}\)). Revoir le cours (ch. 6)

Ex 8.1

MOSFET à alimentation symétrique (montage grille commune)

AD8.1-8.2
Alimentation \(\pm 5\,\mathrm{V}\) ; grille à la masse ; \(R_D=5\ \text{k}\Omega\) entre \(+5\,\mathrm{V}\) et le drain ; \(R_S=10\ \text{k}\Omega\) entre la source et \(-5\,\mathrm{V}\) ; entrée \(v_i\) appliquée sur la source (via \(C_{C1}\)), sortie prise sur le drain (via \(C_{C2}\)) vers \(R_L=4\ \text{k}\Omega\). MOSFET canal \(N\) : \(V_{Th}=1\ \text{V}\), \(K_n=3\ \text{mA/V}^2\), \(\lambda=0\), avec \(I_D=K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\). AD8.1 Point de polarisation. AD8.2 Gain en tension.
💡 Méthode et raisonnement

Statique : la grille est à \(0\,\mathrm{V}\) et ne tire aucun courant. La maille « grille → source → \(R_S\) \(\to -5\,\mathrm{V}\) » relie \(V_{GS}\) à \(I_D\) ; avec la loi quadratique du MOSFET, on obtient une équation du second degré. On garde la racine avec \(V_{GS}>V_{Th}\) (sinon le transistor serait bloqué et \(I_D=0\)).

Dynamique : identifier d'abord le montage en regardant quelle électrode est commune à l'entrée et à la sortie. Ici la grille est à la masse, l'entrée est sur la source, la sortie sur le drain : c'est un montage grille commune.

✅ Correction détaillée
AD8.1 — Polarisation
  1. Maille de source et loi du MOSFET

    \(V_G=0\), donc \(V_S=-V_{GS}\). La résistance \(R_S\) est entre la source et \(-5\,\mathrm{V}\) :

    \[\begin{aligned}I_D &= \frac{V_S-(-5)}{R_S}\\ &= \frac{5-V_{GS}}{10\ \text{k}\Omega}\\ &= 3\ \text{mA}\cdot(V_{GS}-1)^2\end{aligned}\]
    \[\begin{aligned}30\,(V_{GS}^2-2V_{GS}+1)&=5-V_{GS}\\30\,V_{GS}^2-59\,V_{GS}+25&=0\end{aligned}\]
  2. Racines
    \[\begin{gathered}\Delta=b^2-4ac=59^2-4\times30\times25=481\\[4pt]\begin{aligned}V_{GS}&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{59\pm21{,}9}{60}\\ &=1{,}35\ \text{V}\\ &\text{ou}\ 0{,}62\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]

    \(0{,}62\,\mathrm{V}\) < \(V_{Th}\) : transistor bloqué, incompatible avec \(I_D\neq0\) ⟹ rejeté.

  3. Point de repos
    \[\begin{gathered}I_D=\frac{5-V_{GS}}{R_S}=\frac{5-1{,}35}{10\ \text{k}\Omega}=0{,}365\ \text{mA}\\[4pt]\begin{aligned}V_D&=V_{DD}-R_D\,I_D\\ &=5-5\ \text{k}\Omega\times0{,}365\ \text{mA}\\ &=3{,}17\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] V_S=-1{,}35\ \text{V}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}V_{DS}&=V_D-V_S\\ &=3{,}17-(-1{,}35)\\ &=4{,}5\ \text{V}\\ &>\ V_{GS}-V_{Th}=0{,}35\ \text{V}\ :\ \text{saturation}\ ✓\end{aligned}\]
AD8.2 — Gain en tension
  1. Transconductance

    Avec la convention \(I_D=K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\), la dérivée est :

    \(g_m=\dfrac{dI_D}{dV_{GS}}=2K_n\,(V_{GS}-V_{Th})\)\(\frac{mA}{V}=mS\)
    \[\begin{aligned}g_m&=2K_n\,(V_{GS}-V_{Th})\\ &=2\times3\times0{,}35\\ &=2{,}1\ \text{mS}\end{aligned}\]
  2. Schéma petits signaux

    La grille est à la masse et l'entrée est sur la source : \(v_{gs}=0-v_i=-v_i\). Le courant \(g_m v_{gs}\) circule du drain vers la source ; côté drain, il traverse \(R_D\parallel R_L\) :

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}v_o&=-g_m\,v_{gs}\,(R_D\parallel R_L)\\ &=+g_m\,v_i\,(R_D\parallel R_L)\end{aligned}\\[4pt] R_D\parallel R_L=\frac{R_DR_L}{R_D+R_L}=\frac{5\times4}{9}=2{,}22\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}A_v &= g_m\,(R_D\parallel R_L)\\ &= 2{,}1\ \text{mS}\times2{,}22\ \text{k}\Omega\\ &= +4{,}65\end{aligned}\]

    Les deux signes « − » se compensent : le grille commune est non inverseur.

  3. Résistance d'entrée

    Vu de la source, le transistor présente \(\tfrac1{g_m}\) (un courant \(g_m v_i\) pour une tension \(v_i\)), en parallèle avec \(R_S\) :

    \[\begin{aligned}R_i &= R_S\parallel\frac1{g_m}\\ &= 10\ \text{k}\Omega\parallel478\ \Omega\\ &= 456\ \Omega\end{aligned}\]

    Faible résistance d'entrée : ce montage sert en haute fréquence ou pour attaquer depuis une source de courant (capteur, étage cascode).

Réponses\(V_{GS}=1{,}35\ \text{V}\), \(I_D=0{,}365\ \text{mA}\), \(V_{DS}=4{,}5\ \text{V}\) ; \(A_v=+4{,}65\) ; \(R_i\approx456\ \Omega\).
Erreurs du polyLe montage est appelé « suiveur », mais la grille est à la masse, l'entrée sur la source et la sortie sur le drain : c'est un grille commune. Son gain est positif (non inverseur) : \(A_v=+4{,}65\), alors que le poly écrit −4,67. Coquilles : « on obtient de (1) » désigne l'équation (2), et l'égalité s'écrit \(K_n(V_{GS}-V_{Th})^2=\dfrac{V_{DD}-V_{GS}}{R_S}\) (pas \(V_{DS}\)).
Ex 8.2

MOSFET en drain commun (vrai suiveur)

AD8.3-8.4
\(V_{DD}=5\ \text{V}\), drain relié à \(V_{DD}\), pont \(R_1\) (\(V_{DD}\)-grille) et \(R_2\) (grille-masse) avec \(R_1\parallel R_2=300\ \text{k}\Omega\), \(R_S\) entre source et masse, sortie prise sur la source. Point voulu : \(I_D=1{,}7\ \text{mA}\), \(V_{DS}=3\ \text{V}\). \(V_{Th}=1\ \text{V}\), \(K_n=1\ \text{mA/V}^2\) (\(I_D=K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\)), \(\lambda=0\). AD8.3 Calculer \(R_S\), \(R_1\), \(R_2\). AD8.4 Gain en tension.
💡 Méthode et raisonnement

Conception : partir du point voulu. \(V_{DS}\) et \(I_D\) donnent \(R_S\) ; la loi quadratique inversée donne \(V_{GS}\) ; on en déduit \(V_G\), donc le rapport du pont. La contrainte \(R_1\parallel R_2=300\ \text{k}\Omega\) fixe ensuite chaque résistance.

Gain du suiveur : la sortie (source) « suit » l'entrée (grille). Le transistor transforme \(v_{gs}\) en courant \(g_m v_{gs}\) qui traverse \(R_S\) :

\(v_o=g_m\,v_{gs}\,R_S\qquad v_i=v_{gs}+v_o\)d'où \(A_v=\dfrac{g_mR_S}{1+g_mR_S}\)
✅ Correction détaillée
AD8.3 — Dimensionnement
  1. \(R_S\) et \(V_{GS}\)

    Le drain est à \(5\,\mathrm{V}\) : la tension aux bornes de \(R_S\) est \(V_{DD}-V_{DS}\).

    \[\begin{gathered}R_S=\frac{V_{DD}-V_{DS}}{I_D}=\frac{5-3}{1{,}7\ \text{mA}}=1{,}18\ \text{k}\Omega\\[4pt] V_{GS}=V_{Th}+\sqrt{\frac{I_D}{K_n}}=1+\sqrt{1{,}7}=2{,}30\ \text{V}\end{gathered}\]
  2. Potentiel de grille et pont
    \[\begin{gathered}V_G=V_{GS}+V_S=2{,}30+2=4{,}30\ \text{V}\\[4pt] \frac{R_2}{R_1+R_2}=\frac{V_G}{V_{DD}}=0{,}861\end{gathered}\]

    Comme \(R_1\parallel R_2=\dfrac{R_1R_2}{R_1+R_2}=0{,}861\,R_1=0{,}139\,R_2\) :

    \[\begin{gathered}R_1=\frac{R_1\parallel R_2}{0{,}861}=\frac{300\ \text{k}}{0{,}861}=348\ \text{k}\Omega\\[4pt] R_2=\frac{R_1\parallel R_2}{0{,}139}=\frac{300\ \text{k}}{0{,}139}=2{,}16\ \text{M}\Omega\end{gathered}\]
AD8.4 — Gain du suiveur
  1. Transconductance et gain
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}g_m&=2K_n\,(V_{GS}-V_{Th})\\ &=2\times1\times1{,}30\\ &=2{,}6\ \text{mS}\end{aligned}\\[4pt] A_v=\frac{g_mR_S}{1+g_mR_S}=\frac{3{,}07}{4{,}07}=0{,}75\end{gathered}\]

    Le gain est toujours inférieur à 1 : une partie de \(v_i\) reste aux bornes grille-source pour faire circuler le courant.

Réponses\(R_S\approx1{,}18\ \text{k}\Omega\), \(R_1\approx348\ \text{k}\Omega\), \(R_2\approx2{,}16\ \text{M}\Omega\) ; \(A_v\approx0{,}75\).
À retenirGain positif et inférieur à 1 : c'est un adaptateur d'impédance (entrée ≈ \(R_1\parallel R_2=300\ \text{k}\Omega\), sortie ≈ \(R_S\parallel\tfrac1{g_m}\approx290\ \Omega\)). Le poly écrit \(R_S=\dfrac{V_{DD}-V_{GS}}{I_D}\) mais calcule bien \(\dfrac{V_{DD}-V_{DS}}{I_D}=\dfrac{5-3}{1{,}7\ \text{mA}}\).
Ex 8.3

Amplificateur JFET à résistance de source partiellement découplée

Q8.1-8.5 · non corrigé dans le poly
\(V_{DD}=20\ \text{V}\), \(R_D=8\ \text{k}\Omega\), \(R_G=50\ \text{k}\Omega\) (grille-masse), \(R_{S1}=100\ \Omega\) (non découplée) en série avec \(R_{S2}=250\ \Omega\) (découplée par \(C_S\)), sortie au drain vers \(R_L=4\ \text{k}\Omega\). JFET : \(V_P=-2\ \text{V}\), \(I_{DSS}=2\ \text{mA}\), \(\lambda=0\). Q8.1 \(g_m\). Q8.2 \(A_v\). Q8.3 \(A_i\). Q8.4-8.5 Résistances de sortie et d'entrée.
💡 Méthode et raisonnement

Deux circuits différents : en continu, le condensateur est ouvert, toute la résistance de source compte (\(R_{S1}+R_{S2}=350\ \Omega\)) ; en alternatif, \(C_S\) court-circuite \(R_{S2}\), il ne reste que \(R_{S1}\).

Effet de \(R_{S1}\) : le courant de drain la traverse et crée une tension qui s'oppose à \(v_{gs}\) (contre-réaction) :

\(v_{gs}=\dfrac{v_i}{1+g_mR_{S1}}\)le gain est divisé par \(1+g_mR_{S1}\)
✅ Correction détaillée
Polarisation (préalable)
  1. Autopolarisation avec \(350\,\mathrm{\Omega }\)
    \[\begin{gathered}V_{GS}=-0{,}35\,I_D\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=2\,(1-0{,}175\,I_D)^2\\ &\Longrightarrow\ 0{,}0613\,I_D^2-1{,}7\,I_D+2=0\end{aligned}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}I_D&=\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &=\frac{1{,}7\pm1{,}549}{0{,}1225}\\ &=26{,}5\ \text{mA}\ (>I_{DSS},\ \text{rejeté})\\ &\text{ou}\ 1{,}23\ \text{mA}\end{aligned}\]
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_{GS}&=-(R_{S1}+R_{S2})\,I_D\\ &=-0{,}35\times1{,}23\\ &=-0{,}43\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}V_{DS}&=V_{DD}-I_D\,(R_D+R_{S1}+R_{S2})\\ &=20-1{,}23\times8{,}35\\ &=9{,}7\ \text{V}\\ &>\ V_{GS}-V_P=1{,}57\ \text{V}\ ✓\end{aligned}\end{gathered}\]
Q8.1 — Transconductance
  1. Dérivée de la loi quadratique
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}g_m&=\frac{2I_{DSS}}{|V_P|}\left(1-\frac{V_{GS}}{V_P}\right)\\ &=2\ \text{mS}\times(1-0{,}215)\\ &=1{,}57\ \text{mS}\end{aligned}\\[4pt] \left(\text{contrôle} :\ \frac{2\sqrt{I_{DSS}\,I_D}}{|V_P|}=\frac{2\sqrt{2\times1{,}23}}{2}=1{,}57\ ✓\right)\end{gathered}\]
Q8.2 — Gain en tension
  1. Mailles petits signaux
    \[\begin{gathered}v_i=v_{gs}\,(1+g_mR_{S1})\\[4pt] v_o=-g_m\,v_{gs}\,(R_D\parallel R_L)\\[4pt] A_v=-\frac{g_m\,(R_D\parallel R_L)}{1+g_mR_{S1}}\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}R_D\parallel R_L=\frac{R_DR_L}{R_D+R_L}=\frac{8\times4}{12}=2{,}67\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}A_v&=-\frac{g_m\,(R_D\parallel R_L)}{1+g_mR_{S1}}\\ &=-\frac{1{,}57\times2{,}67}{1{,}157}\\ &=-3{,}6\end{aligned}\end{gathered}\]
Q8.3 à Q8.5 — Gain en courant et résistances
  1. Gain en courant

    La grille ne consomme rien : le courant d'entrée passe entièrement dans \(R_G\).

    \[\begin{gathered}i_i=\frac{v_i}{R_G}\\[4pt] i_o=\frac{v_o}{R_L}\\[4pt] A_i=A_v\,\frac{R_G}{R_L}=-3{,}6\times\frac{50}{4}=-45\end{gathered}\]
  2. Résistances

    Entrée : \(R_i=R_G=50\ \text{k}\Omega\) (la grille est isolée). Sortie : \(R_0=R_D=8\ \text{k}\Omega\) (\(\lambda=0\) : la source \(g_mv_{gs}\) est idéale).

Réponses\(g_m\approx1{,}57\ \text{mS}\) ; \(A_v\approx-3{,}6\) ; \(A_i\approx-45\) ; \(R_i=50\ \text{k}\Omega\) ; \(R_0=8\ \text{k}\Omega\).
Remarques sur l'énoncéLe poly l'appelle « amplificateur suiveur », mais la sortie est prise sur le drain : c'est un source commune (gain négatif). Les notations sont inversées : la Q8.4 demande la résistance de sortie sous le nom \(R_i\) et la Q8.5 la résistance d'entrée sous le nom \(R_0\).
Ex 8.4

MOSFET polarisé par contre-réaction drain-grille

ES8.1-8.2
\(V_{DD}=15\ \text{V}\), \(R_D=15\ \text{k}\Omega\), \(R_G=10\ \text{M}\Omega\) entre drain et grille, source à la masse, charge \(R_L=5\ \text{k}\Omega\). MOSFET : \(V_{Th}=1{,}5\ \text{V}\), \(K_n=0{,}25\ \text{mA/V}^2\) avec \(I_D=\tfrac12K_n(V_{GS}-V_{Th})^2\), \(V_A=50\ \text{V}\). ES8.1 Point de polarisation. ES8.2 Gain en tension et résistance d'entrée.
💡 Méthode et raisonnement

Polarisation : aucun courant de grille, donc aucune chute dans \(R_G\) : \(V_G=V_D\). Le transistor est automatiquement en saturation (\(V_{DS}=V_{GS}>V_{GS}-V_{Th}\)). Maille de drain + loi quadratique ⟹ second degré.

Dynamique : attention à la convention \(\tfrac12K_n\) : \(g_m=K_n(V_{GS}-V_{Th})\). Ici \(\lambda\neq0\) : il faut tenir compte de \(r_0=\tfrac{V_A}{I_D}\).

Résistance d'entrée : \(R_G\) relie l'entrée à la sortie, qui varie en sens inverse. C'est l'effet Miller :

\(i_i=\dfrac{v_i-v_o}{R_G}=\dfrac{v_i\,(1-A_v)}{R_G}\ \Longrightarrow\ R_i=\dfrac{R_G}{1-A_v}\)\(R_G\) vue de l'entrée est divisée par \(1-A_v\)
✅ Correction détaillée
ES8.1 — Polarisation
  1. Mise en équation
    \[\begin{gathered}V_{GS}=V_D=15-15\,I_D\\[4pt]\begin{aligned}I_D&=\frac12K_n\,(V_{GS}-V_{Th})^2\\ &=\frac12\times0{,}25\times(V_{GS}-1{,}5)^2\\ &=\frac18\,(13{,}5-15\,I_D)^2\end{aligned}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}8\,I_D&=182{,}25-405\,I_D+225\,I_D^2\\0&=225\,I_D^2-413\,I_D+182{,}25\end{aligned}\]
  2. Racines
    \[\begin{aligned}I_D &= \frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a}\\ &= \frac{413\pm\sqrt{6544}}{450}\\ &= \frac{413\pm80{,}9}{450}\\ &= 1{,}10\ \text{mA}\ \text{ou}\ 0{,}74\ \text{mA}\end{aligned}\]

    \(1{,}10\,\mathrm{mA}\) donnerait \(V_{GS}=15-15\,I_D=15-16{,}5=-1{,}5\ \text{V}<V_{Th}\) : transistor bloqué ⟹ rejeté.

  3. Point de repos
    \[\begin{gathered}I_D=0{,}74\ \text{mA}\\[4pt] V_{GS}=V_{DS}=15-15\times0{,}738=3{,}93\ \text{V}\\[4pt] V_{ov}=V_{GS}-V_{Th}=2{,}43\ \text{V}\end{gathered}\]
ES8.2 — Gain et résistance d'entrée
  1. Paramètres petits signaux
    \[\begin{gathered}g_m=K_n\,V_{ov}=0{,}25\times2{,}43=0{,}607\ \text{mS}\\[4pt] r_0=\frac{V_A}{I_D}=\frac{50}{0{,}738\ \text{mA}}=67{,}8\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
  2. Gain

    Au drain, trois résistances en parallèle : \(r_0\), \(R_D\), \(R_L\). Le courant dans \(R_G\) \((10\,\mathrm{M\Omega })\) est négligeable devant \(g_mv_{gs}\).

    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_L'&=r_0\parallel R_D\parallel R_L\\ &=67{,}8\ \text{k}\parallel15\ \text{k}\parallel5\ \text{k}\\ &=3{,}55\ \text{k}\Omega\end{aligned}\\[4pt] A_v\approx-g_m\,R_L'=-0{,}607\times3{,}55=-2{,}16\end{gathered}\]
  3. Résistance d'entrée (effet Miller)
    \[\begin{aligned}R_i &= \frac{R_G}{1-A_v}\\ &= \frac{10\ \text{M}\Omega}{3{,}16}\\ &= 3{,}17\ \text{M}\Omega\end{aligned}\]
Réponses\(I_D\approx0{,}74\ \text{mA}\), \(V_{GS}=V_{DS}\approx3{,}93\ \text{V}\) ; \(A_v\approx-2{,}16\) ; \(R_i\approx3{,}17\ \text{M}\Omega\).
Effet Miller\(R_G\) relie l'entrée à une sortie qui bouge en sens inverse (\(A_v<0\)) : vue de l'entrée, elle est divisée par \(1-A_v\). Le même effet multiplie la capacité grille-drain par \(1-A_v\) et limite la bande passante des amplificateurs. Le poly retient la bonne racine sans le justifier et donne une valeur « \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\) » sans objet pour un MOSFET à enrichissement.
TD 9 · Poly \(p\). 91-100

Logique CMOS

Une porte CMOS statique calcule toujours \(Y=\overline{f}\). Réseau \(N\) (pull-down, nMOS, conduit quand l'entrée vaut 1) : il réalise \(\overline{Y}=f(A,B,\dots)\) avec ET = série, OU = parallèle. Réseau \(P\) (pull-up, pMOS, conduit quand l'entrée vaut 0) : c'est le dual (série ↔ parallèle), il réalise \(Y=f(\overline A,\overline B,\dots)\). Règle de conception : écrire \(\overline Y\) sans complément sur les entrées ; sinon, il faut des inverseurs. Revoir le cours (ch. 7)

Ex 9.1

\(Y=\overline{A+B}+\overline A\cdot\overline C\) en logique CMOS

AD9.1-9.2
Soit \(Y=\overline{A+B}+\overline A\cdot\overline C\). AD9.1 Dessiner le circuit en portes logiques, sans simplifier. AD9.2 Donner la structure CMOS.
💡 Méthode et raisonnement

Pourquoi deux réseaux ? La sortie doit être reliée soit à \(V_{DD}\) (\(Y=1\)) par le réseau \(P\), soit à la masse (\(Y=0\)) par le réseau \(N\), jamais aux deux (court-circuit) ni à aucun (sortie flottante). Donc le réseau \(N\) doit conduire exactement quand \(\overline Y=1\), et le réseau \(P\) exactement quand \(Y=1\).

Pourquoi série = ET ? Deux interrupteurs en série ne laissent passer le courant que si les deux sont fermés ; en parallèle, il suffit d'un seul.

Démarche : exprimer \(Y\) en fonction des entrées complémentées (réseau \(P\), car un pMOS conduit sur un 0) et \(\overline Y\) en fonction des entrées directes (réseau \(N\)). Outil : les lois de De Morgan.

\(\overline{A+B}=\overline A\cdot\overline B\qquad\overline{A\cdot B}=\overline A+\overline B\)lois de De Morgan
✅ Correction détaillée
AD9.1 — Circuit en portes logiques
  1. Traduction directe

    Une porte NOR\((A,\,\allowbreak B)\) ; deux inverseurs pour \(\overline A\) et \(\overline C\) suivis d'une porte ET ; une porte OU qui combine les deux résultats. Soit 5 portes.

AD9.2 — Structure CMOS
  1. Réseau \(P\) : \(Y\) avec les entrées complémentées
    \[\begin{aligned}Y &= \overline A\,\overline B+\overline A\,\overline C\\ &= \overline A\,\big(\overline B+\overline C\big)\end{aligned}\]

    Lecture : pMOS \(A\) en série avec (pMOS \(B\) en parallèle avec pMOS \(C\)).

  2. Réseau \(N\) : \(\overline Y\) avec les entrées directes
    \[\begin{aligned}\overline Y &= \overline{\overline A\,(\overline B+\overline C)}\\ &= A+\overline{\overline B+\overline C}\\ &= A+B\,C\end{aligned}\]

    Lecture : nMOS \(A\) en parallèle avec (nMOS \(B\) en série avec nMOS \(C\)). C'est bien le dual du réseau \(P\).

  3. Bilan

    6 transistors (3 pMOS, 3 nMOS), aucun inverseur, en une seule porte complexe. En portes séparées, il en aurait fallu 4 (NOR) \(+2\,\times \,2\) (inverseurs) + 6 (ET) + 6 (OU) = 20.

Réponse\(Y=\overline{A+BC}\) : pMOS \(A\) série \((B\,\parallel \,C)\) ; nMOS \(A\,\parallel\) (\(B\) série \(C\)).
Coquille du polyLe poly développe \(\overline Y=(A+B)(A+C)\) et écrit « \(AA+AC+BA=BC\) » : il faut lire \(AA+AC+BA+BC=A+BC\).
Ex 9.2

Reverse-engineering d'un layout

AD9.3-9.5
Layout d'une porte à 4 entrées \(A,\,\allowbreak B,\,\allowbreak C,\,\allowbreak D\) (figure 9.1). AD9.3 Retrouver la structure des réseaux \(P\) et \(N\). AD9.4 En déduire l'équation logique. AD9.5 Proposer un circuit utilisant le moins de portes logiques.
💡 Méthode et raisonnement

Sur un layout, un transistor est une bande de polysilicium (la grille) qui croise une zone de diffusion. Pour lire les connexions :

  • deux transistors voisins sont en série s'ils partagent une zone de diffusion qui ne va nulle part ailleurs (pas de contact) ;
  • ils sont en parallèle si leurs deux côtés sont reliés aux mêmes nœuds (par des contacts et du métal).

On suit la diffusion \(P\) (en haut, vers \(V_{DD}\)), puis la diffusion \(N\) (en bas, vers la masse).

✅ Correction détaillée
  1. AD9.3 — Lecture des diffusions

    Réseau \(P\) : pMOS \(A,\,\allowbreak B,\,\allowbreak C\) en série, l'ensemble en parallèle avec pMOS \(D\). Réseau \(N\) : nMOS \(A,\,\allowbreak B,\,\allowbreak C\) en parallèle, l'ensemble en série avec nMOS \(D\). Les deux réseaux sont bien duaux.

  2. AD9.4 — Équation depuis chaque réseau
    \[\begin{gathered}\text{réseau P} :\ Y=\overline A\,\overline B\,\overline C+\overline D\\[4pt]\begin{gathered}\text{réseau N} :\ \overline Y=D\,(A+B+C)\\\[2pt] \Longrightarrow\ \ Y=\overline{D\,(A+B+C)}\end{gathered}\end{gathered}\]

    Vérification par De Morgan : \(\overline{D(A+B+C)}=\overline D+\overline{A+B+C}=\overline D+\overline A\,\overline B\,\overline C\) ✓. C'est une porte OAI31 (OR-AND-Invert) à 8 transistors.

  3. AD9.5 — Circuit minimal en portes

    \(Y=\overline{D\,(A+B+C)}\) : un OU3\((A,\,\allowbreak B,\,\allowbreak C)\) puis un NAND2 avec \(D\), soit 2 portes. L'autre écriture \(\overline A\,\overline B\,\overline C+\overline D\) demanderait 4 inverseurs, un ET3 et un OU2, soit 6 portes.

Réponse\(Y=\overline{D(A+B+C)}=\overline A\,\overline B\,\overline C+\overline D\) ; 2 portes (OU3 + NAND2), ou une seule porte complexe de 8 transistors.
À retenirCe sont les deux écritures d'une même fonction (De Morgan). En CMOS, la meilleure réalisation est souvent une seule porte complexe : ici 8 transistors, sans aucun inverseur.
Ex 9.3

Porte XOR en CMOS

AD9.6
Donner le schéma CMOS d'un OU exclusif à deux entrées : \(\text{OUT}=A\oplus B\).
💡 Méthode et raisonnement

Le XOR s'écrit \(\overline A\,B+A\,\overline B\) : il contient à la fois des entrées directes et complémentées. Aucune écriture ne permet de s'en passer : il faudra des inverseurs pour produire \(\overline A\) et \(\overline B\). Ensuite on applique la règle habituelle (réseau \(P\) pour OUT, réseau \(N\) pour \(\overline{\text{OUT}}\)).

✅ Correction détaillée
  1. Réseau \(P\) (conduit quand \(OUT=1\))

    Un pMOS commandé par \(X\) conduit quand \(X=0\). Pour le terme \(\overline A\,B\), il faut un pMOS commandé par \(A\) (conduit si \(A=0\)) en série avec un pMOS commandé par \(\overline B\) (conduit si \(B=1\)).

    \[\begin{gathered}\text{OUT}=\overline A\,B+A\,\overline B\\[3pt] \Longrightarrow\ (\text{pMOS }A\ \text{série pMOS }\overline B)\ \parallel\ (\text{pMOS }\overline A\ \text{série pMOS }B)\end{gathered}\]
  2. Réseau \(N\) (conduit quand \(OUT=0\))
    \[\begin{gathered}\overline{\text{OUT}}=A\,B+\overline A\,\overline B\\[3pt] \Longrightarrow\ (\text{nMOS }A\ \text{série nMOS }B)\ \parallel\ (\text{nMOS }\overline A\ \text{série nMOS }\overline B)\end{gathered}\]
  3. Bilan

    Porte : 8 transistors ; plus 2 inverseurs (\(\overline A\), \(\overline B\)) : 4 transistors. Total : 12 transistors.

Réponse12 transistors : porte complexe à 8 transistors + 2 inverseurs.
Pour aller plus loinLe XOR n'est pas une fonction « inverseuse » en toutes ses entrées : il faut toujours les compléments. Des réalisations à portes de transmission n'utilisent que 6 transistors ; c'est une brique de base des additionneurs.
Ex 9.4

Coupes et vues de dessus des transistors MOS

AD9.7-9.9
Dessiner et légender la coupe transversale et la vue de dessus d'un nMOS, puis d'un pMOS.
💡 Méthode et raisonnement

Un MOS, c'est un condensateur (grille / oxyde / silicium) posé entre deux réservoirs de porteurs (source et drain). Une tension de grille suffisante attire sous l'oxyde des porteurs du même type que la source et le drain : un canal se forme et relie les deux. Le substrat doit donc être de type opposé à la source et au drain.

✅ Correction détaillée
  1. Coupe d'un nMOS
    • substrat \(P\) (relié à la masse) ;
    • deux îlots \(N^{+}\) : source et drain ; entre eux, la zone du canal (longueur \(L\)) ;
    • au-dessus du canal : oxyde de grille SiO₂ très fin (quelques nm), puis grille en polysilicium ;
    • autour : oxyde épais d'isolation (sépare les transistors voisins) ; contacts métal sur source, drain et grille.

    Une grille positive attire les électrons du substrat sous l'oxyde : le canal \(N\) se forme.

  2. Coupe d'un pMOS

    Même empilement, mais îlots \(P^{+}\) dans un caisson \(N\) (\(N\)-well) creusé dans le substrat \(P\), caisson relié à \(V_{DD}\). Il faut un caisson \(N\) parce que tous les transistors d'une puce CMOS partagent le même substrat \(P\) : les pMOS ont besoin d'une région \(N\) locale.

  3. Vue de dessus

    Un rectangle de zone active (diffusion) traversé par une bande de polysilicium : le transistor est l'intersection. Sa largeur \(W\) est la dimension le long de la bande de poly, sa longueur \(L\) la largeur de la bande. Des carrés de contact de part et d'autre relient source et drain au métal. Pour le pMOS, le tout est entouré du contour du caisson \(N\).

Point cléLe polysilicium doit déborder de la zone active (sinon source et drain seraient reliés par une bande de silicium non contrôlée par la grille) : c'est l'une des erreurs du layout de l'Ex 10.5.
Ex 9.5

Lire six circuits CMOS

Q9.1-9.2 · non corrigé dans le poly
Six schémas (a) à \((f)\) de la figure 9.2. Q9.1 Donner l'équation de chaque circuit à partir de son réseau \(P\). Q9.2 Même chose à partir du réseau \(N\).
💡 Méthode et raisonnement
  • Réseau \(P\) : écrire les conditions de conduction avec les entrées complémentées (un pMOS conduit sur un 0), série = ET, parallèle = OU : on obtient directement \(Y\).
  • Réseau \(N\) : même lecture avec les entrées directes : on obtient \(\overline Y\).
  • Vérification : les deux résultats doivent être compléments l'un de l'autre (De Morgan).
✅ Correction détaillée
  1. Lecture des schémas

    (a) pMOS \(A\) et \(B\) en série, en parallèle avec pMOS \(C\) ; nMOS \(C\) en série avec \((A\,\parallel \,B)\). \((b)\) et \((c)\) : NOR et NAND classiques. \((d)\colon 3\) pMOS en parallèle, 3 nMOS en série. \((e)\) deux paires de pMOS en parallèle mises en série ; deux paires de nMOS en série mises en parallèle. \((f)\) pMOS \(A\,\parallel\) (\(D\) série \(E\)), en série avec \((B\,\parallel \,C)\) ; côté \(N\), branche \(A\) série \((D\,\parallel \,E)\) en parallèle avec la branche \(B\) série \(C\).

  2. Équations
    \[\begin{array}{c|c|c|l}&\text{Réseau P (Q9.1)}&\text{Réseau N (Q9.2)}&\text{Fonction}\\\hline(a)&\overline A\,\overline B+\overline C&C\,(A+B)&\text{OAI21}\\(b)&\overline A\,\overline B&A+B&\text{NOR2}\\(c)&\overline A+\overline B&A\,B&\text{NAND2}\\(d)&\overline A+\overline B+\overline C&A\,B\,C&\text{NAND3}\\(e)&(\overline A+\overline B)(\overline C+\overline D)&A\,B+C\,D&\text{AOI22}\\(f)&(\overline A+\overline D\,\overline E)(\overline B+\overline C)&A\,(D+E)+B\,C&\text{AOI}\end{array}\]

    La colonne \(P\) donne \(Y\), la colonne \(N\) donne \(\overline Y\).

  3. Exemple de vérification \((e)\)
    \[\begin{aligned}\overline{AB+CD} &= \overline{AB}\cdot\overline{CD}\\ &= (\overline A+\overline B)(\overline C+\overline D)\ ✓\end{aligned}\]
Vocabulaire\(AOI\) = AND-OR-Invert (ET puis OU puis NON), \(OAI\) = OR-AND-Invert. Les chiffres donnent la taille des groupes : AOI22 = deux ET à 2 entrées.
Ex 9.6

\(e=\overline{a+b\,c+d}\) : structure et layout

Q9.3-9.4 · non corrigé dans le poly
Q9.3 Donner la structure CMOS de \(e=\overline{a+b\,c+d}\). Q9.4 Dessiner un layout dont les zones actives (diffusions \(N\) et \(P\)) sont continues.
💡 Méthode et raisonnement

Structure : la fonction est déjà sous la forme NON(…) avec des entrées directes : le réseau \(N\) se lit directement sur \(\overline e\).

Layout sans cassure : on veut une seule bande de diffusion \(N\) et une seule de diffusion \(P\), traversées par les bandes de poly dans le même ordre. Il faut un ordre des entrées qui parcoure chaque transistor une fois, en passant de nœud en nœud, dans le réseau \(N\) et dans le réseau \(P\) : c'est un chemin d'Euler commun aux deux graphes (nœuds = équipotentielles, arêtes = transistors).

✅ Correction détaillée
Q9.3 — Structure
  1. Deux réseaux duaux
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}\overline e&=a+b\,c+d\\ &\Rightarrow\ \text{N} :\ a\parallel(b\ \text{série}\ c)\parallel d\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}e&=\overline a\,(\overline b+\overline c)\,\overline d\\ &\Rightarrow\ \text{P} :\ a\ \text{série}\ (b\parallel c)\ \text{série}\ d\end{aligned}\end{gathered}\]

    8 transistors.

Q9.4 — Layout à zones actives continues
  1. Chercher un ordre commun

    Dans le réseau \(P\), les éléments en série peuvent être placés dans n'importe quel ordre : on choisit a, puis \(d\), puis \((b\,\parallel \,c)\). On essaie l'ordre \(a,\,\allowbreak d,\,\allowbreak c,\,\allowbreak b\) :

    \[\begin{aligned}\text{réseau N} :&\ \ \text{GND}\xrightarrow{a}e\xrightarrow{d}\text{GND}\xrightarrow{c}X\xrightarrow{b}e\\\text{réseau P} :&\ \ V_{DD}\xrightarrow{a}P_1\xrightarrow{d}P_2\xrightarrow{c}e\xrightarrow{b}P_2\end{aligned}\]

    (\(X\) : nœud entre \(b\) et \(c\).) Chaque transistor est parcouru une seule fois, sans saut : c'est un chemin d'Euler dans les deux graphes ✓.

  2. Dessin

    Quatre bandes verticales de poly dans l'ordre \(a,\,\allowbreak d,\,\allowbreak c,\,\allowbreak b\), qui traversent la diffusion \(P\) (en haut) et la diffusion \(N\) (en bas). Entre les bandes : diffusion \(N\to\) GND \(|\,e|\) GND | (\(X\), sans contact) | \(e\) ; diffusion \(P\to\) \(V_{DD}\) \(|\,(P_{1})|\,(P_{2})|\,e|\,P_{2}\). Les deux zones \(P_{2}\) sont reliées par du métal, les deux zones GND aussi, et les zones \(e\) forment la sortie.

PourquoiChaque rupture de la zone active coûte de la surface (espacements minimaux) et ajoute de la capacité parasite : un seul ruban continu est plus compact et plus rapide.
Ex 9.7

Circuit à portes de transmission : le multiplexeur

ES9.1-9.3
Un inverseur produit \(\overline z\) à partir de \(z\) ; deux portes de transmission relient les entrées \(x\) et \(y\) à la sortie \(s\) (figure 9.3). ES9.1 Rôle de chaque porte de transmission. ES9.2 Table de vérité. ES9.3 Équation et fonction réalisée.
💡 Méthode et raisonnement

Une porte de transmission est un nMOS et un pMOS en parallèle, commandés par des signaux complémentaires : c'est un interrupteur bidirectionnel. Le nMOS transmet bien les 0, le pMOS transmet bien les 1 : ensemble, ils transmettent les deux niveaux sans perte. Elle est fermée quand la grille du nMOS est à 1 (et celle du pMOS à 0).

✅ Correction détaillée
  1. ES9.1 — Commande de chaque porte

    Porte de \(x\) : nMOS commandé par \(z\), pMOS par \(\overline z\) ⟹ passante si \(z=1\). Porte de \(y\) : nMOS commandé par \(\overline z\), pMOS par \(z\) ⟹ passante si \(z=0\). Une seule porte est passante à la fois : la sortie n'est jamais reliée aux deux entrées en même temps.

  2. ES9.2 et ES9.3 — Table et équation
    \[\begin{gathered}z=0\ \Rightarrow\ s=y\\[4pt] z=1\ \Rightarrow\ s=x\\[4pt] \Longrightarrow s=\overline z\,y+z\,x\end{gathered}\]

    C'est un multiplexeur 2 vers 1 : \(z\) est l'entrée de sélection.

RéponseMultiplexeur : \(s=\overline z\,y+z\,x\) (6 transistors avec l'inverseur, contre 14 avec des portes NAND).
Erreur du polySa table de vérité est juste (\(s=y\) quand \(z=0\)), mais son équation « \(s=\overline z\,x+z\,y\) » est inversée : c'est \(s=\overline z\,y+z\,x\).
Ex 9.8

Du schéma logique à la porte CMOS

ES9.4-9.5
Schéma logique : deux portes ET (\(x_1x_2\) et \(x_3x_4\)) suivies d'une porte NOR à trois entrées (la troisième étant \(x_5\)). ES9.4 Équation de \(m\). ES9.5 Structure CMOS.
💡 Méthode et raisonnement

Écrire \(m\), repérer la forme NON(somme de produits) : c'est directement le réseau \(N\) (produit = série, somme = parallèle). Le réseau \(P\) est son dual.

✅ Correction détaillée
  1. ES9.4 — Équation
    \[\begin{aligned}m &= \overline{x_1x_2+x_3x_4+x_5}\\ &= (\overline{x_1}+\overline{x_2})(\overline{x_3}+\overline{x_4})\,\overline{x_5}\end{aligned}\]
  2. ES9.5 — Structure

    Réseau \(N\) : \((x_1\ \text{série}\ x_2)\parallel(x_3\ \text{série}\ x_4)\parallel x_5\). Réseau \(P\) : \((x_1\parallel x_2)\) série \((x_3\parallel x_4)\) série \(x_5\).

    10 transistors en une seule porte, contre \(2\,\times \,6\) (ET = NAND + inverseur) + 6 (NOR3) = 18 avec des portes séparées. Et un seul temps de propagation au lieu de deux.

RéponsePorte AOI221 de 10 transistors.
Ex 9.9

De la table de vérité au circuit minimal

ES9.6-9.7
\(f(x,y,z)\) vaut 0 uniquement pour \((x,y,z)=(0,1,0)\), \((0,1,1)\) et \((1,1,0)\). ES9.6 Équation simplifiée. ES9.7 Circuit CMOS avec le moins de transistors possible.
💡 Méthode et raisonnement

Il y a seulement 3 zéros : il est plus court d'écrire \(\overline f\) (somme des 3 cas) puis de simplifier. En CMOS, \(\overline f\) est justement ce que réalise le réseau \(N\).

✅ Correction détaillée
ES9.6 — Équation
  1. Somme des cas où \(f=0\)
    \[\begin{aligned}\overline f&=\overline x\,y\,\overline z+\overline x\,y\,z+x\,y\,\overline z\\&=\overline x\,y\,(\overline z+z)+x\,y\,\overline z=\overline x\,y+x\,y\,\overline z\\&=y\,(\overline x+x\,\overline z)=y\,(\overline x+\overline z)\end{aligned}\]
    \[f=\overline y+x\,z\]

    Lecture : \(f=1\) si \(y=0\), ou si \(x=z=1\).

ES9.7 — Circuit minimal
  1. Solution du poly

    Porte complexe avec réseau \(N\) : \(y\) série \((\overline x\parallel\overline z)\), ce qui demande deux inverseurs pour \(\overline x\) et \(\overline z\) : \(6+4=10\) transistors.

  2. Mieux : NAND-NAND
    \[\begin{gathered}\text{NAND}(x,z)=\overline x+\overline z\\[4pt]\begin{aligned}\text{NAND}\big(y,\ \overline x+\overline z\big)&=\overline y+\overline{\overline x+\overline z}\\ &=\overline y+x\,z\\ &=f\ ✓\end{aligned}\end{gathered}\]

    2 portes NAND\(2=8\) transistors, sans inverseur.

Réponse\(f=\overline y+xz=\text{NAND}\big(y,\text{NAND}(x,z)\big)\) : 8 transistors.
Complément au polyLa question demande « le moins de transistors possible » : la forme NAND-NAND fait mieux que la solution proposée (8 contre 10).
Ex 9.10

\(m=\overline{x\,(y\,z+z\,w)}\) : structure et layout

ES9.8-9.9
ES9.8 Structure CMOS de \(m=\overline{x\,(y\,z+z\,w)}\). ES9.9 Layout à zones actives continues.
💡 Méthode et raisonnement

Factoriser d'abord : chaque variable qui apparaît deux fois coûterait deux transistors. Puis construire les réseaux et chercher un chemin d'Euler commun (voir Ex 9.6).

✅ Correction détaillée
  1. ES9.8 — Factorisation et réseaux
    \[\begin{gathered}\begin{gathered}y\,z+z\,w=z\,(y+w)\\\[2pt] \Longrightarrow\ \ \overline m=x\,z\,(y+w)\end{gathered}\\[4pt] m=\overline x+\overline z+\overline y\,\overline w\end{gathered}\]

    Réseau \(N\colon x\) série \(z\) série \((y\,\parallel \,w)\). Réseau \(P\colon x\,\parallel \,z\,\parallel\) (y série \(w\)). 8 transistors (au lieu de 10 sans factoriser).

  2. ES9.9 — Chemin d'Euler commun : ordre \(x,\,\allowbreak z,\,\allowbreak w,\,\allowbreak y\)
    \[\begin{aligned}\text{réseau N} :&\ \ \text{GND}\xrightarrow{x}n_1\xrightarrow{z}n_2\xrightarrow{w}m\xrightarrow{y}n_2\\\text{réseau P} :&\ \ m\xrightarrow{x}V_{DD}\xrightarrow{z}m\xrightarrow{w}p_1\xrightarrow{y}V_{DD}\end{aligned}\]

    Les bandes de poly sont placées dans l'ordre \(x,\,\allowbreak z,\,\allowbreak w,\,\allowbreak y\) sur deux diffusions continues.

Réponse8 transistors ; ordre des grilles \(x,\,\allowbreak z,\,\allowbreak w,\,\allowbreak y\).
AstucePlusieurs ordres conviennent (\(x,\,\allowbreak z,\,\allowbreak y,\,\allowbreak w\) marche aussi) : l'essentiel est que le même ordre parcoure les deux graphes.
TD 10 · Poly \(p\). 101-109

Performances des circuits CMOS

Modèle du cours : chaque surface d'une équipotentielle apporte une capacité \(C=C_\square\times\text{aire}\) ; le délai d'une porte vaut \(\tau=\dfrac{(R_N+R_P)\,C_{OUT}}{2}\), où \(R_N\) et \(R_P\) sont les résistances du chemin le plus défavorable (transistors en série : les résistances s'ajoutent). Délai d'un circuit : le plus long des chemins (chemin critique). Miniaturisation à tension constante (facteur \(S\)) : \(\tau'=\tfrac{\tau}{S^2}\), \(f'=f\,S^2\), \(P'=\tfrac PS\). Revoir le cours (ch. 7)

Ex 10.1

Capacité de sortie et délai d'une porte NAND

Q10.1-10.3 · non corrigé dans le poly
Masque d'une NAND2 (figure 10.1), 1 carreau = \(2\lambda\) ; capacités surfaciques : diffusion \(N\,0{,}14\), diffusion \(P\,0{,}11\), poly 0,01, métal 0,01, contact \(0{,}5\,\mathrm{pF}/\lambda ^{2}\) ; \(R_N=7{,}5\ \text{k}\Omega\), \(R_P=15\ \text{k}\Omega\) par transistor. Q10.1 Capacité de sortie \(C_{OUT}\). Q10.2 Circuit électrique équivalent. Q10.3 Délai de la porte.
💡 Méthode et raisonnement

D'où vient le délai ? Quand la sortie bascule, un réseau de transistors doit charger ou décharger toutes les capacités parasites reliées à la sortie, à travers la résistance des transistors qui conduisent. C'est un circuit RC : le temps de basculement est de l'ordre de \(R\,C\).

Quelle capacité ? Celle de l'équipotentielle de sortie : toutes les surfaces reliées électriquement à la sortie (drain commun des pMOS, drain du nMOS du haut de la pile, métal, contacts). Les grilles (poly) appartiennent aux entrées, pas à la sortie.

\(C=\sum_{\text{couches}}C_\square\times\text{aire}\qquad1\ \text{carreau}=(2\lambda)^2=4\lambda^2\)on compte les carreaux de chaque couche
✅ Correction détaillée
Q10.1 — Capacité de sortie
  1. Diffusions reliées à la sortie
    \[\begin{aligned}\text{diffusion P} :&\ \ 8\ \text{carreaux}=32\lambda^2\ \Rightarrow\ 32\times0{,}11=3{,}52\ \text{pF}\\\text{diffusion N} :&\ \ 6\ \text{carreaux}=24\lambda^2\ \Rightarrow\ 24\times0{,}14=3{,}36\ \text{pF}\end{aligned}\]
  2. Métal et contacts

    Métal 1 : 4 (sur le contact \(P\)) + 4 (descente) + 16 (barre horizontale) + 4 (descente) + 4 (sur le contact \(N\)) = 32 carreaux.

    \[\begin{aligned}\text{métal} :&\ \ 32\ \text{carreaux}=128\lambda^2\ \Rightarrow\ 128\times0{,}01=1{,}28\ \text{pF}\\\text{contacts} :&\ \ 2\times4\lambda^2\times0{,}5=4{,}0\ \text{pF}\end{aligned}\]
  3. Total
    \[C_{OUT}=\sum_i C_i\approx3{,}52+3{,}36+1{,}28+4{,}0\approx12{,}2\ \text{pF}\]

    Si l'on prend, comme dans l'exemple de l'amphi, des contacts de \(\lambda\times\lambda\), la part des contacts tombe à \(1\,\mathrm{pF}\) et \(C_{OUT}\approx9{,}2\ \text{pF}\). Le via vers le métal 2 n'est pas compté (aucune valeur donnée).

Q10.2 et Q10.3 — Circuit équivalent et délai
  1. Schéma

    Deux pMOS en parallèle entre \(V_{DD}\) et la sortie, deux nMOS en série entre la sortie et la masse, et un condensateur \(C_{OUT}\) entre la sortie et la masse. Chaque transistor passant est remplacé par sa résistance.

  2. Résistances du pire cas et délai

    Descente : les deux nMOS doivent conduire, ils sont en série. Montée : le cas le plus lent est celui où un seul pMOS conduit.

    \[\begin{gathered}R_N=2\,R_n=2\times7{,}5=15\ \text{k}\Omega\\[4pt] R_P=R_p=15\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}\tau&=\frac{(R_N+R_P)\,C_{OUT}}{2}\\ &=15\ \text{k}\Omega\times12{,}2\ \text{pF}\approx0{,}18\ \mu\text{s}\end{aligned}\end{gathered}\]
Réponses\(C_{OUT}\approx12{,}2\ \text{pF}\) (convention : contacts d'un carreau) ; \(\tau\approx0{,}18\ \mu\text{s}\).
Ce qu'il faut retenirLe résultat dépend des conventions de comptage (taille des contacts, diffusion sous le métal) : à l'examen, écrire la convention avant de compter. Les ordres de grandeur du poly (\(pF\) par \(\lambda ^{2}\)) sont pédagogiques ; en technologie réelle, on parle de femtofarads.
Ex 10.2

Chemin critique d'un circuit logique

Q10.4-10.5 · non corrigé dans le poly
Délais : inverseur 1, NAND 2, NOR 3. Circuit (figure 10.2) : niveau 1 : inverseur I1, NOR N1, NAND A1 ; niveau 2 : NOR N2 (I1, N1) et NAND A2 (I1, A1) ; niveau 3 : NOR N3, inverseur I2, NOR N4 et NAND A3 (alimentés par N2 et/ou A2) ; niveau 4 : inverseur I3 après N4 ; sorties : NAND A4 (N3, I3), NOR N5 (I2, I3), NAND A5 (I3, A3). Q10.4 Délai du circuit. Q10.5 Nombre minimal de portes à accélérer (délai divisé par 2) pour descendre à 10.
💡 Méthode et raisonnement

Une porte ne peut produire sa sortie définitive qu'après avoir reçu sa dernière entrée. On propage donc les instants d'arrivée de gauche à droite :

\(t_{\text{sortie}}=\max\big(t_{\text{entrées}}\big)+\text{délai de la porte}\)entrées primaires à \(t=0\)

Le délai du circuit est le maximum sur les sorties ; le chemin qui y mène est le chemin critique. Pour accélérer le circuit, il faut raccourcir ce chemin et tous ceux qui dépasseraient la cible.

✅ Correction détaillée
Q10.4 — Délai
  1. Propagation niveau par niveau
    \[\begin{aligned}\text{niveau 1} :&\ \ I_1=1,\ N_1=3,\ A_1=2\\\text{niveau 2} :&\ \ N_2=\max(1,3)+3=6,\ \ A_2=\max(1,2)+2=4\\\text{niveau 3} :&\ \ N_3=6+3=9,\ \ I_2=4+1=5,\ \ N_4=6+3=9,\ \ A_3=6+2=8\\\text{niveau 4} :&\ \ I_3=9+1=10\\\text{sorties} :&\ \ A_4=\max(9,10)+2=12,\ \ N_5=\max(5,10)+3=13,\ \ A_5=\max(10,8)+2=12\end{aligned}\]
  2. Chemin critique
    \[\text{délai}=13 :\ \ N_1\to N_2\to N_4\to I_3\to N_5\quad(3+3+3+1+3=13)\]
Q10.5 — Portes à accélérer
  1. Une porte ne suffit pas

    Il faut gagner 3 unités sur le chemin critique. Accélérer une porte divise son délai par 2 : le meilleur gain est 1,5 (un NOR). Une seule porte ne suffit donc pas.

  2. Choisir deux NOR bien placés

    Deux NOR du chemin critique font gagner 3 unités, mais il faut aussi que les chemins vers \(A_4\) et \(A_5\) (12 unités) passent sous 10. Ces chemins passent par \(N_2\) (ou \(N_1\)) et \(N_4\), mais pas par \(N_5\). Avec \(N_2\) et \(N_4\) accélérés (1,5 chacun) :

    \[\begin{gathered}N_2=4{,}5,\ N_4=6,\ I_3=7,\ N_3=7{,}5,\ A_3=6{,}5\\\[2pt] \Rightarrow\ \ A_4=9{,}5,\ \ N_5=\max(5,7)+3=10,\ \ A_5=9\\\[2pt] \Rightarrow\ \ \text{délai }10\ ✓\end{gathered}\]

    \(N_1\) et \(N_4\) conviennent aussi. Toutes les combinaisons de deux portes ont été vérifiées : aucune autre ne descend à 10.

RéponsesDélai = 13 ; il suffit d'accélérer 2 portes (\(N_2\) et \(N_4\), ou \(N_1\) et \(N_4\)).
PiègeAccélérer \(N_5\) (la dernière porte) ne suffit pas avec une autre : les chemins vers \(A_4\) et \(A_5\) (12 unités) passent par \(N_4\) et \(I_3\) mais pas par \(N_5\). On accélère ce qui est commun au plus grand nombre de chemins longs.
Ex 10.3

Délai d'un circuit CMOS à deux étages

Q10.6 · non corrigé dans le poly
Figure 10.3 : étage 1, réseau \(P=(C\,\parallel \,D)\) série \(A\) série \(B\), réseau \(N\) = (\(C\) série \(D\)) \(\parallel \,A\,\parallel \,B\), sortie \(X\) ; étage 2, réseau \(P\) = pMOS \(X\) série \((B\,\parallel \,C\,\parallel \,D)\), réseau \(N=X\,\parallel\) (\(B\) série \(C\) série \(D\)), sortie OUT. \(R_N=7{,}5\ \text{k}\Omega\), \(R_P=15\ \text{k}\Omega\), \(5\,\mathrm{pF}\) sur chaque sortie. Q10.6 Délai du circuit.
💡 Méthode et raisonnement

Pour chaque étage : trouver le chemin le plus résistant dans chaque réseau (le plus grand nombre de transistors en série qui peuvent être seuls à conduire), puis \(\tau=\dfrac{(R_N+R_P)\,C}{2}\). Les étages sont en cascade : leurs délais s'additionnent le long du chemin critique.

✅ Correction détaillée
  1. Fonctions réalisées
    \[X=\overline{A+B+C\,D}\qquad\text{OUT}=\overline{X+B\,C\,D}\]
  2. Étage 1

    Réseau \(N\) : le pire cas est le chemin \(C\) série \(D\) (deux nMOS). Réseau \(P\) : toujours trois pMOS en série (\(A,\,\allowbreak B\), et \(C\) ou \(D\)).

    \[\begin{gathered}R_N=2\,R_n=2\times7{,}5=15\ \text{k}\Omega\\[4pt] R_P=3\,R_p=3\times15=45\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}\tau_1&=\frac{R_N+R_P}{2}\,C\\ &=\frac{15+45}{2}\ \text{k}\Omega\times5\ \text{pF}\\ &=150\ \text{ns}\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Étage 2

    Réseau \(N\) : pire cas \(B\) série \(C\) série \(D\) (trois nMOS). Réseau \(P\colon X\) en série avec un seul des pMOS \(B,\,\allowbreak C,\,\allowbreak D\).

    \[\begin{gathered}R_N=3\,R_n=3\times7{,}5=22{,}5\ \text{k}\Omega\\[4pt] R_P=2\,R_p=2\times15=30\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}\tau_2&=\frac{R_N+R_P}{2}\,C\\ &=\frac{22{,}5+30}{2}\ \text{k}\Omega\times5\ \text{pF}\\ &=131\ \text{ns}\end{aligned}\end{gathered}\]
  4. Délai total

    Le chemin le plus long traverse les deux étages (entrées \(\to X\to OUT\)) :

    \[\tau=\tau_1+\tau_2=150+131\approx281\ \text{ns}\]
Réponse\(\tau\approx281\ \text{ns}\).
Leçon de conceptionLes pMOS sont deux fois plus résistants que les nMOS : empiler trois pMOS en série (étage 1) coûte cher. On compense en élargissant ces transistors (\(W\) plus grand ⟹ \(R\) plus faible) ou en réorganisant la logique pour mettre les séries du côté \(N\).
Ex 10.4

Résistance d'une liaison en polysilicium

ES10.1-10.4
Métal \(1\colon 0{,}1\,\mathrm{\Omega }/\square\) ; contact : \(5\,\mathrm{\Omega }\) ; poly : \(20\,\mathrm{\Omega }/\square\) ; maillage de \(1\,\mu m\). ES10.1 Résistance de \(A\) à \(B\). ES10.2 Pourquoi préférer des pistes courtes en métal ? ES10.3 Effet de la température. ES10.4 Effet de la tension.
💡 Méthode et raisonnement

Résistance par carré : pour une couche d'épaisseur fixe \(e\), une piste de longueur \(L\) et de largeur \(W\) contient \(\tfrac LW\) « carrés », chacun de résistance \(R_\square\) quelle que soit sa taille :

\(R=\dfrac{\rho\,L}{W\,e}=R_\square\,\dfrac LW\)on compte des carrés, pas des \(\mu m\)
  • découper la piste en tronçons de largeur constante et compter \(\tfrac LW\) pour chacun ;
  • des éléments côte à côte (contacts, branches) sont en parallèle : 3 contacts identiques donnent \(\tfrac R3\) ;
  • additionner les tronçons en série.
✅ Correction détaillée
ES10.1 — Résistance de \(A\) à \(B\)
  1. Décomposition (celle du poly)
    \[\begin{aligned}R_{M1}&=\tfrac23R_{\square M}=0{,}07\ \Omega&R_{C1}&=\tfrac{R_C}{3}=1{,}7\ \Omega\\R_{P1}&=\tfrac13R_{\square P}=6{,}7\ \Omega&R_{P2}&=\tfrac13\left(\tfrac13\parallel1\parallel\tfrac13\right)R_{\square P}=\tfrac{20}{21}=0{,}9\ \Omega\\R_{P3}&=4\,R_{\square P}=80\ \Omega&R_{P4}&=\tfrac12R_{\square P}=10\ \Omega\\R_{P5}&=\tfrac14R_{\square P}=5\ \Omega&R_{P6}&=\left(\tfrac52+\tfrac12\cdot\tfrac13\right)R_{\square P}=53{,}3\ \Omega\\R_{P7}&=2\,R_{\square P}=40\ \Omega&R_{C2}&=5\ \Omega,\ \ R_{M2}=0{,}1\ \Omega\end{aligned}\]
  2. Somme
    \[R_{AB}\approx202{,}8\ \Omega,\ \text{dont}\approx196\ \Omega\ \text{de polysilicium (97 \%)}\]
ES10.2 à ES10.4 — Questions qualitatives
  1. ES10.2 — Le délai est proportionnel à \(R\,C\)

    Le polysilicium est 200 fois plus résistif que le métal 1 (20 contre \(0{,}1\,\mathrm{\Omega }/\square\)). Une longue piste ajoute à la fois de la résistance (\(\tfrac LW\) carrés) et de la capacité (surface) : son délai croît comme \(L^2\). On relie donc les portes en métal, par le chemin le plus court.

  2. ES10.3 — Température

    La résistance du métal augmente avec \(T\). Celle du polysilicium dépend de son dopage (elle diminue pour un poly peu dopé, varie peu pour un poly très dopé). Le poly suppose qu'elle diminue et conclut à un délai plus court. Nuance importante : dans une porte CMOS, c'est surtout la mobilité des porteurs qui baisse quand \(T\) monte ; les transistors conduisent moins et, en pratique, les circuits sont plus lents à chaud.

  3. ES10.4 — Tension

    Pour une simple résistance chargeant une capacité, \(\tau=RC\) ne dépend pas de l'amplitude. Pour une porte, augmenter \(V_{DD}\) augmente le courant des transistors (\(\propto(V_{DD}-V_{Th})^2\)) plus vite que la charge à fournir (\(C\,V_{DD}\)) : le délai diminue, au prix d'une consommation en \(C\,V_{DD}^2\,f\).

Réponse\(R_{AB}\approx203\ \Omega\), presque entièrement dans le polysilicium.
Remarques sur le polyLe texte renvoie à « la figure 7.3 » : il s'agit de la figure 10.4. \(R_{M1}=\tfrac{L}{W}\,R_\square=\tfrac23\times0{,}1=0{,}07\ \Omega\) (le poly arrondit à 0,1).
Ex 10.5

Layout maladroit d'un inverseur

ES10.5-10.8
À partir du layout d'un inverseur : ES10.5 dessiner la coupe transverse ; ES10.6 étapes de fabrication du pMOS ; ES10.7 nombre de couches de métal ; ES10.8 relever quatre erreurs de conception.
💡 Méthode et raisonnement

Chaque couleur du layout est un masque de fabrication. Pour la coupe, on superpose les couches dans l'ordre où elles sont fabriquées (de bas en haut). Pour trouver les erreurs, on vérifie les règles de base : débordements, recouvrements, prises de substrat et de caisson.

✅ Correction détaillée
  1. ES10.5-10.6 — Coupe et étapes (pMOS)
    1. caisson \(N\) (implantation dans le substrat \(P\)) ;
    2. oxyde de grille mince ;
    3. dépôt et gravure du polysilicium (grille) ;
    4. implantation \(P^{+}\) source-drain, auto-alignée sur la grille ;
    5. oxyde isolant ; ouverture des contacts ;
    6. dépôt et gravure du métal.

    Chaque étape utilise un masque (photolithographie). « Auto-alignée » : la grille elle-même sert de masque à l'implantation, ce qui place source et drain exactement de part et d'autre du canal.

  2. ES10.7 — Couches de métal

    2 couches : le métal 2 passe au-dessus du métal 1, et les deux sont reliés par des vias.

  3. ES10.8 — Quatre erreurs
    • le via doit être entièrement recouvert par le métal 2 ;
    • il manque le contact de polarisation du substrat (corps du nMOS) ;
    • le polysilicium ne déborde pas des zones actives : une bande de silicium relie source et drain sans passer sous la grille (canal non contrôlé) ;
    • les prises de corps n'ont pas le bon type de dopage (\(P^{+}\) pour le substrat \(P,\,\allowbreak N^{+}\) pour le caisson \(N\)).
Pourquoi ces règlesCe sont des règles de dessin (design rules) vérifiées automatiquement par le logiciel (DRC, Design Rule Check) : recouvrements minimaux, débordements, espacements. Un corps mal polarisé peut déclencher le « latch-up », un court-circuit destructeur entre \(V_{DD}\) et la masse.
Ex 10.6

Fabrication d'un nMOS

ES10.9-10.13
ES10.9 Type du substrat. ES10.10 Les différents « siliciums » du transistor. ES10.11 Pourquoi un oxyde de grille mince ? ES10.12-10.13 Étapes restantes de fabrication.
💡 Méthode et raisonnement

Un nMOS a une source et un drain \(N^{+}\) ; pour qu'ils soient isolés l'un de l'autre au repos (deux jonctions PN tête-bêche), le substrat doit être de type \(P\). La grille est un condensateur : sa capacité par unité de surface commande la quantité de charges attirées dans le canal.

✅ Correction détaillée
  1. ES10.9 et ES10.10 — Substrat et « siliciums »

    Substrat dopé \(P\) (dopant accepteur, par exemple le bore) ; source et drain \(N^{+}\). Trois « siliciums » : le substrat (silicium monocristallin faiblement dopé \(P\)), la grille (polysilicium très dopé, donc bon conducteur) et l'isolant (dioxyde de silicium SiO₂).

  2. ES10.11 — Oxyde de grille mince
    \(C_{ox}=\dfrac{\varepsilon_{ox}}{t_{ox}}\)capacité par unité de surface ; \(t_{ox}\) : épaisseur de l'oxyde

    Plus l'oxyde est fin, plus \(C_{ox}\) est grande : pour une même tension de grille, plus de charges dans le canal, donc un courant plus fort. Ailleurs, on veut au contraire un oxyde épais, qui isole et réduit les capacités parasites.

  3. ES10.12-10.13 — Étapes restantes

    Implantation \(N^{+}\) source-drain ; oxyde isolant ; ouverture des contacts ; dépôt du métal ; gravure du métal.

Erreur du polyÀ l'ES10.10, il écrit que « le silicium du substrat est intrinsèque » alors qu'il vient de dire (ES10.9) qu'il est dopé \(P\) : c'est bien un substrat \(P\) faiblement dopé.
Ex 10.7

Ordres de grandeur, miniaturisation et coûts

ES10.14-10.18
ES10.14 Surface et masse de \(10^8\) transistors de \(1\,\mathrm{cm}^{2}\) et \(1\,\mathrm{g}\) chacun. ES10.15 Nombre de transistors de \(10\,\mathrm{nm}\) sur une bactérie. ES10.16 Circuit à \(100\,\mathrm{MHz}\) et \(0{,}5\,\mathrm{W}\) miniaturisé de \(1\,\mu m\) à \(0{,}8\,\mu m\). ES10.17-10.18 Coût de trois méthodologies de conception pour 2 000 circuits, puis selon la quantité produite.
💡 Méthode et raisonnement

Miniaturisation : le facteur d'échelle est \(S=\dfrac{\text{ancienne dimension}}{\text{nouvelle dimension}}\). À tension constante (table du cours), les capacités diminuent et les courants augmentent : le délai est divisé par \(S^2\), la fréquence multipliée par \(S^2\).

Coûts : coût total = coût fixe (conception : heures \(\times\) taux horaire + outils) + coût unitaire \(\times\) quantité. Chaque méthodologie donne une droite ; on compare les droites et on cherche leurs intersections.

✅ Correction détaillée
ES10.14 à ES10.16 — Ordres de grandeur et miniaturisation
  1. Transistors « à l'ancienne » et bactérie
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}N\,S_1&=10^8\times1\ \text{cm}^2\\ &=10^8\ \text{cm}^2\\ &=10^4\ \text{m}^2\ \text{(un hectare)}\end{aligned}\\[4pt] N\,m_1=10^8\times1\ \text{g}=100\ \text{tonnes}\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}\frac{1\ \mu\text{m}}{10\ \text{nm}}=100\ \text{transistors alignés}\\[3pt] \Rightarrow\ 100\times100=10^4\ \text{sur la surface d'une bactérie}\end{gathered}\]

    Un processeur actuel contient \(10^{10}\) transistors sur quelques \(cm^{2}\) : sans l'intégration, il serait impossible à construire.

  2. Miniaturisation
    \[\begin{gathered}S=\frac{L}{L'}=\frac{1}{0{,}8}=1{,}25\\[4pt] f'=f\,S^2=100\times1{,}5625=156\ \text{MHz}\\[4pt] P'=\frac PS=\frac{0{,}5}{1{,}25}=0{,}4\ \text{W}\end{gathered}\]
ES10.17-10.18 — Coûts
  1. Coûts fixes et totaux pour 2 000 circuits
    \[\begin{aligned}\text{manuel} :&\ \ 200\times100+5000=25\,000\ \text{fixe}&+\ 2000\times1&=27\,000\\\text{semi-auto} :&\ \ 60\times80+1500=6300\ \text{fixe}&+\ 2000\times3&=12\,300\\\text{automatisé} :&\ \ 10\times60+900=1500\ \text{fixe}&+\ 2000\times12&=25\,500\end{aligned}\]

    Pour 2 000 circuits, la méthode semi-automatisée est la moins chère.

  2. Seuils de rentabilité

    On égale les coûts totaux deux à deux (\(x\) = nombre de circuits) :

    \[\begin{gathered}1500+12x=6300+3x\ \Rightarrow\ x=533\\[4pt] 6300+3x=25\,000+x\ \Rightarrow\ x=9350\end{gathered}\]

    Automatisé jusqu'à ~533 circuits (peu de conception, fabrication chère), semi-automatisé jusqu'à 9 350, manuel au-delà (conception très chère, mais amortie sur un grand volume).

Réponses1 ha et \(100\,t\) ; ~\(10^4\) transistors ; \(156\,\mathrm{MHz}\) et \(0{,}4\,\mathrm{W}\) ; semi-automatisé pour 2 000 circuits.
RemarquesL'énoncé imprime « 1 5000 » : il faut lire 1 500 unités (valeur utilisée dans le calcul). Culture : dans la loi de Dennard « à champ constant », la tension baisse aussi, la fréquence gagne \(\times\)\(S\) et la puissance par transistor baisse de \(S^2\) ; depuis ~2005, la tension ne baisse plus, d'où le « mur de la puissance » et le passage aux processeurs multicœurs.
TD 11 · Poly \(p\). 110-126

Révisions : BJT, FET, diodes, mémoire

Exercices de synthèse : on enchaîne polarisation (sources continues, condensateurs ouverts) puis dynamique (sources continues à la masse, condensateurs fermés), en choisissant pour chaque transistor le bon modèle (BJT : \(r_\pi=\dfrac{\beta V_T}{I_C}\), \(g_m=\dfrac{I_C}{V_T}\) ; JFET : \(g_m=\dfrac{2\sqrt{I_{DSS}I_D}}{|V_P|}\)). Revoir le cours (ch. 5-6)

Ex 11.1

JFET qui polarise un PNP

Q11.1 · non corrigé dans le poly
\(V_{CC}=24\ \text{V}\). Q1 (JFET canal \(N\)) : drain à \(V_{CC}\), grille à la masse par \(R_G=1\ \text{M}\Omega\), source reliée à \(R_S\) (vers la masse) et à la base de Q2 ; \(I_D=0{,}5\ \text{mA}\), \(V_P=-8\ \text{V}\), \(I_{DSS}=2\ \text{mA}\). Q2 (PNP) : émetteur relié à \(V_{CC}\) par \(R_E\), collecteur à la masse, \(I_C=2\ \text{mA}\), \(V_{EB}=0{,}7\ \text{V}\), \(\beta=100\). Calculer \(R_S\) et \(R_E\).
💡 Méthode et raisonnement
  1. Le courant voulu dans le JFET impose \(V_{GS}\) (loi quadratique inversée). La grille est à \(0\,\mathrm{V}\), donc le potentiel de la source est \(V_S=-V_{GS}\).
  2. Ce nœud est aussi la base de Q2. Loi des nœuds : attention au sens du courant de base d'un PNP, il sort de la base. Il arrive donc au nœud et s'ajoute au courant de source dans \(R_S\).
  3. Côté Q2 : l'émetteur d'un PNP est au-dessus de la base (\(V_E=V_B+V_{EB}\)), puis loi d'Ohm sur \(R_E\).
✅ Correction détaillée
  1. \(V_{GS}\) du JFET
    \[\begin{gathered}0{,}5=2\left(1+\frac{V_{GS}}{8}\right)^2\\[3pt] \Rightarrow\ 1+\frac{V_{GS}}8=0{,}5\\[3pt] \Rightarrow\ V_{GS}=-4\ \text{V}\\[3pt] \Rightarrow\ V_S=V_{B2}=+4\ \text{V}\end{gathered}\]
  2. \(R_S\) par la loi des nœuds

    \(I_{B2}=\tfrac{I_C}\beta=20\ \mu\text{A}\) sort de la base de Q2 et entre dans le nœud :

    \[\begin{aligned}R_S &= \frac{V_S}{I_D+I_{B2}}\\ &= \frac{4}{0{,}52\ \text{mA}}\\ &= 7{,}7\ \text{k}\Omega\end{aligned}\]

    Si on avait oublié \(I_{B2}\) (ou pris le mauvais sens), on aurait \(8\,\mathrm{k\Omega }\) ou \(8{,}3\,\mathrm{k\Omega }\).

  3. \(R_E\)
    \[\begin{gathered}V_{E2}=V_{B2}+V_{EB}=4{,}7\ \text{V}\\[4pt] I_{E2}=I_C+I_B=2{,}02\ \text{mA}\\[4pt] R_E=\frac{V_{CC}-V_{E2}}{I_{E2}}=\frac{24-4{,}7}{2{,}02\ \text{mA}}=9{,}55\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]

    Contrôle : \(V_{EC}=V_E-V_C=4{,}7-0=4{,}7\ \text{V}>V_{EC,\text{sat}}\), le PNP est bien en régime actif.

Réponses\(R_S\approx7{,}7\ \text{k}\Omega\) ; \(R_E\approx9{,}55\ \text{k}\Omega\).
Ex 11.2

Émetteur commun suivi d'un JFET suiveur

Q11.2-11.5 · non corrigé dans le poly
\(V_{CC}=24\ \text{V}\). Q1 (NPN, \(\beta=200\), \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), \(V_T=25\ \text{mV}\), \(V_A=\infty\)) : \(R_C=2{,}2\ \text{k}\Omega\) ; polarisation collecteur-base par \(R_{B2}=70\ \text{k}\Omega\) (côté collecteur) + \(R_{B1}=200\ \text{k}\Omega\) (côté base), leur point commun découplé par \(C_B\) ; source \(v_g\) de résistance \(R_g=100\ \text{k}\Omega\) sur la base. Liaison capacitive du collecteur vers la grille de Q2 (JFET : \(R_F=1\ \text{M}\Omega\) vers la masse, drain à \(V_{CC}\), \(R_S=4{,}7\ \text{k}\Omega\) ; \(V_P=-8\ \text{V}\), \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\), \(r_0=50\ \text{k}\Omega\)), sortie sur la source. Q11.2 Résistance d'entrée. Q11.3 Résistance de sortie. Q11.4 Gain en tension. Q11.5 Retrouver le gain avec les modèles de quadripôles.
💡 Méthode et raisonnement

Deux schémas différents pour \(R_{B1}\) et \(R_{B2}\) :

  • en continu, \(C_B\) est ouvert : \(R_{B1}+R_{B2}=270\ \text{k}\Omega\) relient la base au collecteur. C'est une contre-réaction de polarisation (si \(I_C\) monte, \(V_C\) baisse, donc \(I_B\) baisse) ;
  • en alternatif, \(C_B\) met leur point commun à la masse : \(R_{B1}\) se retrouve entre base et masse, \(R_{B2}\) entre collecteur et masse. La contre-réaction disparaît pour le signal.

Ensuite : étage 1 = émetteur commun (gain \(-g_mR\)), étage 2 = drain commun (suiveur, gain < 1), et on enchaîne.

✅ Correction détaillée
Polarisation (préalable)
  1. Q1 : maille \(V_{CC}\) → \(R_C\) \(\to 270\,\mathrm{k\Omega }\to\) base → émetteur

    \(R_C\) est traversée par \(I_C+I_B=(\beta+1)I_B\) (le courant de base passe aussi par \(R_C\)) :

    \[\begin{gathered}24=R_C\,(\beta+1)\,I_B+270\ \text{k}\,I_B+0{,}7\\[3pt]\begin{aligned}\Rightarrow\ \ I_B&=\frac{V_{CC}-V_{BE}}{R_B+(\beta+1)R_C}\\ &=\frac{23{,}3}{270\ \text{k}+201\times2{,}2\ \text{k}}\\ &=32{,}7\ \mu\text{A}\end{aligned}\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}I_C=6{,}54\ \text{mA}\\[4pt] V_C=9{,}5\ \text{V}\\[4pt] g_{m1}=\frac{I_C}{V_T}=0{,}262\ \text{S}\\[4pt] r_\pi=\frac{\beta}{g_{m1}}=764\ \Omega\end{gathered}\]
  2. Q2 : autopolarisation (\(V_G=0\))
    \[\begin{gathered}V_{GS}=-4{,}7\,I_D\\[3pt] \Rightarrow\ I_D=12\,(1-0{,}5875\,I_D)^2\\[3pt] \Rightarrow\ 4{,}14\,I_D^2-15{,}1\,I_D+12=0\end{gathered}\]
    \[\begin{gathered}I_D=1{,}17\ \text{mA}\ \ (\text{l'autre racine, }2{,}48\ \text{mA, donne }V_{GS}<V_P)\\[4pt] V_{GS}=-4{,}7\,I_D=-4{,}7\times1{,}17=-5{,}5\ \text{V}\\[4pt]\begin{aligned}g_{m2}&=\frac{2\sqrt{I_{DSS}\,I_D}}{|V_P|}\\ &=\frac{2\sqrt{12\times1{,}17}}{8}\\ &=0{,}94\ \text{mS}\end{aligned}\end{gathered}\]
Q11.2 et Q11.3 — Résistances d'entrée et de sortie
  1. Entrée (base de Q1)

    Émetteur à la masse : le transistor présente \(r_\pi\) entre base et masse, en parallèle avec \(R_{B1}\) (ramenée à la masse par \(C_B\)).

    \[R_i=R_{B1}\parallel r_\pi=200\ \text{k}\parallel764=761\ \Omega\]
  2. Sortie (source de Q2)

    Sur la source d'un suiveur, le transistor présente \(\tfrac1{g_m}\), en parallèle avec \(R_S\) et \(r_0\).

    \[\begin{gathered}\frac1{g_{m2}}=1{,}07\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}R_0&=R_S\parallel r_0\parallel\frac1{g_{m2}}\\ &=4{,}7\ \text{k}\parallel50\ \text{k}\parallel1{,}07\ \text{k}\\ &=855\ \Omega\end{aligned}\end{gathered}\]
Q11.4 — Gain en tension
  1. Étage 1 (émetteur commun)

    Au collecteur, le courant \(g_{m1}v_{be}\) traverse \(R_C\), \(R_{B2}\) et l'entrée de l'étage 2 (\(R_F\)), en parallèle :

    \[\begin{gathered}R_C\parallel R_{B2}\parallel R_F=2{,}13\ \text{k}\Omega\\[4pt]\begin{aligned}A_{v1}&=-g_{m1}\,(R_C\parallel R_{B2}\parallel R_F)\\ &=-g_{m1}\times2{,}13\ \text{k}\Omega\\ &=-557\end{aligned}\end{gathered}\]
  2. Étage 2 (drain commun) et total
    \[\begin{gathered}R'=R_S\parallel r_0=4{,}3\ \text{k}\Omega\\[4pt] A_{v2}=\frac{g_{m2}R'}{1+g_{m2}R'}=\frac{4{,}03}{5{,}03}=0{,}80\\[4pt] A_v=A_{v1}\,A_{v2}=-557\times0{,}80=-446\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}\text{depuis le générateur} :\ \ \frac{v_o}{v_g} &= A_v\,\frac{R_i}{R_g+R_i}\\ &= -446\times\frac{761}{100\,761}\approx-3{,}4\end{aligned}\]
Q11.5 — Par les quadripôles
  1. Chaque étage en boîte

    Étage 1 à vide : \(Z_{i1}=761\ \Omega\), \(A_{v1,0}=-g_{m1}(R_C\parallel R_{B2})=-558\), \(Z_{o1}=2{,}13\ \text{k}\Omega\). Étage 2 : \(Z_{i2}=R_F=1\ \text{M}\Omega\), \(A_{v2}=0{,}80\), \(Z_{o2}=855\ \Omega\).

    \[\begin{aligned}A_v &= A_{v1,0}\times\frac{Z_{i2}}{Z_{i2}+Z_{o1}}\times A_{v2}\\ &= -558\times0{,}998\times0{,}80\\ &= -446\ ✓\end{aligned}\]
Réponses\(R_i\approx761\ \Omega\) ; \(R_0\approx855\ \Omega\) ; \(A_v\approx-446\) (\(\approx -3{,}4\) depuis le générateur).
Ce que montre l'exerciceLe gain « interne » est énorme (−446) mais, vu d'un générateur de \(100\,\mathrm{k\Omega }\), il ne reste que −3,4 : l'impédance d'entrée d'un émetteur commun (quelques centaines d'ohms) est bien trop faible. Il faudrait un étage d'entrée à forte impédance (un JFET, justement). L'énoncé écrit « \(V_{EB}\) » pour Q1, qui est un NPN : il s'agit de \(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\).
Ex 11.3

Caractéristique de transfert d'un limiteur à diodes

ES11.1
\(v_i\) (de 0 à \(15\,\mathrm{V}\)) → \(R=100\ \Omega\) → sortie \(v_0\). La diode \(D_1\) (\(0{,}7\,\mathrm{V}\), \(r_D=10\ \Omega\)) relie un nœud \(M\) (anode) à la sortie (cathode) ; \(M\) est relié à \(V_S=15\ \text{V}\) par \(R_S=150\ \Omega\) et à la masse par la Zener \(D_2\) (\(8{,}2\,\mathrm{V}\), \(R_Z=10\ \Omega\)). Tracer \(v_0(v_i)\).
💡 Méthode et raisonnement

Deux diodes, donc 4 combinaisons d'états. Pour chacune : remplacer les diodes par leur modèle, calculer, vérifier la cohérence. On garde les combinaisons possibles et on trouve les valeurs de \(v_i\) où l'on passe de l'une à l'autre (les cassures de la courbe).

Simplification : quand la Zener conduit, \(V_S\), \(R_S\) et la Zener \((8{,}2\,\mathrm{V}+10\,\mathrm{\Omega })\) forment un dipôle qu'on remplace par son Thévenin vu depuis \(M\). Pour deux sources qui alimentent un même point, on utilise le théorème de Millman :

\(V=\dfrac{\sum_k E_k/R_k}{\sum_k 1/R_k}\)moyenne des sources pondérée par les conductances
✅ Correction détaillée
  1. Thévenin vu depuis \(M\) (Zener conductrice)
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_M&=\frac{R_S\,V_Z+R_Z\,V_S}{R_S+R_Z}\\ &=\frac{150\times8{,}2+10\times15}{160}\\ &=8{,}625\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] R_M=R_S\parallel R_Z=9{,}4\ \Omega\end{gathered}\]
  2. Les deux diodes bloquées : impossible

    Sans courant, \(M\) serait à \(V_S=15\ \text{V}>8{,}2\ \text{V}\) : la Zener conduirait. Cette combinaison n'existe pas.

  3. \(D_1\) bloquée, Zener conductrice (grands \(v_i\))

    Aucun courant dans \(R\) : \(v_0=v_i\). \(D_1\) reste bloquée tant que \(V_M-v_i<0{,}7\ \text{V}\), soit \(v_i>8{,}625-0{,}7=7{,}925\ \text{V}\).

  4. \(D_1\) et Zener conductrices (valeurs moyennes)

    Côté \(M\) : une source \(V_{eq}=V_M-V_{D1}=8{,}625-0{,}7=7{,}925\ \text{V}\) derrière \(R_{eq}=R_M+r_{D1}=9{,}4+10=19{,}4\ \Omega\). Côté entrée : \(v_i\) derrière \(R=100\ \Omega\). Par Millman :

    \[\begin{aligned}v_0 &= \frac{R_{eq}\,v_i+R\,V_{eq}}{R+R_{eq}}\\ &= \frac{19{,}4\,v_i+792{,}5}{119{,}4}\\ &= 0{,}162\,v_i+6{,}64\end{aligned}\]
  5. \(D_1\) conductrice, Zener bloquée (petits \(v_i\))

    Si \(v_i\) est petit, le courant qui part vers l'entrée est grand et fait chuter \(V_M\) sous \(8{,}2\,\mathrm{V}\) : la Zener se bloque. Il reste une maille \(V_S\) → \(R_S\) → \(D_1\) → \(R\) → \(v_i\) :

    \[\begin{gathered}i=\frac{15-0{,}7-v_i}{150+10+100}\\[4pt] v_0=v_i+R\,i=0{,}615\,v_i+5{,}5\end{gathered}\]

    La Zener reste bloquée tant que \(V_M=15-150\,i<8{,}2\ \text{V}\), soit \(i>45{,}3\ \text{mA}\), c'est-à-dire \(v_i<2{,}51\ \text{V}\).

  6. Synthèse
    \[v_0=\begin{cases}0{,}615\,v_i+5{,}5&\text{si }v_i<2{,}51\ \text{V}\\0{,}162\,v_i+6{,}64&\text{si }2{,}51\ \text{V}\leq v_i\leq7{,}925\ \text{V}\\v_i&\text{si }v_i>7{,}925\ \text{V}\end{cases}\]

    Contrôle de continuité à \(2{,}51\,\mathrm{V}\) : \(v_0(2{,}51)=0{,}615\times2{,}51+5{,}5=7{,}04\ \text{V}\) et \(v_0(2{,}51)=0{,}162\times2{,}51+6{,}64=7{,}05\ \text{V}\) ✓.

CaractéristiqueTrois segments continus : pente 0,615 jusqu'à \(v_i=2{,}5\ \text{V}\) (\(v_0\approx7{,}0\ \text{V}\)), pente 0,16 jusqu'à \(7{,}9\,\mathrm{V}\), puis \(v_0=v_i\).
Erreur du polyDans le cas 2, sa formule générale se termine par « \(-V_{D0}\) » en trop : \(v_0=\dfrac{(r_D+R_S)\,v_i+R\,(V_S-V_{D0})}{r_D+R_S+R}\), ce qui donne bien les valeurs numériques de sa conclusion (\(0{,}615\,v_i+5{,}5\)).
Ex 11.4

Montage collecteur commun - base commune (appelé « push-pull »)

ES11.2-11.5
\(V_{CC}=15\ \text{V}\) ; pont \(R_1=100\ \text{k}\Omega\), \(R_2=33{,}3\ \text{k}\Omega\), \(R_3=100\ \text{k}\Omega\) entre \(V_{CC}\) et la masse ; base de Q1 (NPN, \(R_C=5\ \text{k}\Omega\) au collecteur) au point \(R_1\)-\(R_2\), découplée par \(C_B\) ; base de Q2 (PNP, collecteur à la masse) au point \(R_2\)-\(R_3\), attaquée par \(v_i\) via \(R_S=500\ \Omega\) ; émetteurs reliés entre eux ; sortie au collecteur de Q1 vers \(R_L=1\ \text{k}\Omega\). \(\beta=150\), \(|V_{BE}|=0{,}6\ \text{V}\), \(V_T=25\ \text{mV}\). ES11.2 Polarisation. ES11.3 Gain. ES11.4-11.5 Résistances d'entrée et de sortie.
💡 Méthode et raisonnement

Polarisation : entre les deux bases, \(R_2\) porte exactement les deux jonctions \(V_{BE1}+V_{EB2}\) (maille base \(Q_{1}\to\) émetteurs → base Q2). Cela fixe le courant dans \(R_2\). Le même courant traverse les deux transistors (émetteurs reliés, sans autre chemin).

Dynamique : \(C_B\) met la base de Q1 à la masse. Le signal entre sur la base de Q2 ; Q2 (collecteur commun) transmet la variation aux émetteurs, et Q1 (base commune) la convertit en courant de collecteur. Le courant d'émetteur de l'un est celui de l'autre : \(i_{b1}=-i_{b2}\).

✅ Correction détaillée
ES11.2 — Polarisation
  1. Courant dans \(R_2\), puis courants des transistors
    \[\begin{gathered}R_2\,I_2=V_{BE1}+V_{EB2}=1{,}2\ \text{V}\\[3pt] \Rightarrow\ I_2=\frac{V_{BE1}+V_{EB2}}{R_2}=\frac{1{,}2}{33{,}3\ \text{k}}=36\ \mu\text{A}\end{gathered}\]

    Le courant de base de Q1 sort du pont au-dessus de \(R_2\), celui de Q2 y rentre en dessous ; avec des courants égaux, \(R_1\) et \(R_3\) sont traversées par \(I_2+I_B\) :

    \[\begin{gathered}V_{CC}-1{,}2=(R_1+R_3)(I_2+I_B)\\\[2pt] \Rightarrow\ \ I_2+I_B=\frac{13{,}8}{200\ \text{k}}=69\ \mu\text{A}\\\[2pt] \Rightarrow\ \ I_B=33\ \mu\text{A},\ \ I_C=4{,}95\ \text{mA}\end{gathered}\]
ES11.3 — Gain en tension
  1. Paramètres petits signaux et schéma d'entrée
    \[\begin{aligned}r_{\pi1} &= r_{\pi2}\\ &= \frac{\beta V_T}{I_C}\\ &= \frac{150\times25\ \text{mV}}{4{,}95\ \text{mA}}\\ &= 758\ \Omega\end{aligned}\]

    Base de Q1 à la masse : \(R_1\) disparaît et la base de Q2 voit \(R_B=R_2\parallel R_3=25\ \text{k}\Omega\) vers la masse. Entre la base de Q2 et la masse, le signal traverse \(r_{\pi2}\) puis \(r_{\pi1}\) (même courant) : \(v_{b2}=(r_{\pi1}+r_{\pi2})\,i_{b2}\).

    \[\begin{gathered}v_{th}=v_i\,\frac{R_B}{R_B+R_S}=0{,}980\,v_i\\[4pt] R_{th}=R_B\parallel R_S=490\ \Omega\\[4pt] i_{b2}=\frac{0{,}980\,v_i}{R_{th}+r_{\pi1}+r_{\pi2}}=\frac{0{,}980\,v_i}{2005}\end{gathered}\]
  2. Sortie
    \[\begin{gathered}v_0=\beta\,i_{b2}\,(R_C\parallel R_L)\\[4pt]\begin{aligned}A_v&=\frac{\beta\,(R_C\parallel R_L)\times0{,}980}{R_{th}+r_{\pi1}+r_{\pi2}}\\ &=\frac{150\times833\times0{,}980}{2005}\approx+61\end{aligned}\end{gathered}\]

    Gain positif : une hausse de \(v_i\) réduit le courant du PNP, donc celui du NPN, et le collecteur de Q1 monte.

ES11.4-11.5 — Résistances
  1. Entrée et sortie
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}R_i&=R_B\parallel(r_{\pi1}+r_{\pi2})\\ &=25\ \text{k}\parallel1{,}52\ \text{k}\\ &=1{,}43\ \text{k}\Omega\ \ (1{,}93\ \text{k}\Omega\text{ avec }R_S)\end{aligned}\\[4pt] R_0=R_C=5\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]
Réponses\(I_C\approx4{,}95\ \text{mA}\) ; \(A_v\approx+61\) ; \(R_i\approx1{,}43\ \text{k}\Omega\) ; \(R_0=5\ \text{k}\Omega\).
Erreurs du poly1) En ES11.3, il oublie \(r_{\pi1}\) au dénominateur (il l'avait pourtant écrit dans la maille, et le réutilise en ES11.4) : d'où \(A_v\approx98{,}8\) au lieu de \(\approx 61\). 2) Il prend \(R_1\parallel R_3\) comme résistance de polarisation vue par Q2 : avec \(C_B\), c'est \(R_2\parallel R_3\) (effet numérique faible ici). 3) En ES11.4, « \(R_i=\tfrac{v_i}{i_{B2}}\) » n'est pas une résistance d'entrée (elle inclut \(R_S\) et ignore le courant dans \(R_B\)). Enfin, ce montage n'est pas un « push-pull » (étage de sortie classe \(B\)) mais une association collecteur commun + base commune, proche d'un étage différentiel.
Ex 11.5

Impact d'un ion lourd sur une cellule SRAM (SEU)

ES11.5-11.10
Un inverseur de cellule SRAM est dans l'état \(\{V_1,V_2\}=\{1,0\}\). Un ion lourd frappe le PMOS (bloqué) et injecte dans le nœud de sortie le courant \(I_{\text{ion}}(t)=\dfrac{Q_{\text{gen}}}{\tau_{\text{ion}}}\,e^{-(t-t_i)/\tau_{\text{ion}}}\) pour \(t>t_i\) ; \(Q_{\text{gen}}=60\ \text{fC}\), \(\tau_{\text{ion}}=10\ \text{ps}\), \(t_i=10\ \text{ps}\) ; \(R_{ON}(n)=131\ \Omega\), \(V_{dd}=1{,}2\ \text{V}\), \(C_{out}=21\ \text{fF}\). Établir \(V_2(t)\), son maximum, et la condition de basculement de la cellule (SEU).
💡 Méthode et raisonnement

Modèle électrique : \(V_1=1\), donc le NMOS est passant (résistance \(R_{ON}\) vers la masse) et le PMOS bloqué (interrupteur ouvert). L'ion injecte un courant dans le nœud de sortie ; ce courant se partage entre \(R_{ON}\) (qui l'évacue vers la masse) et \(C_{out}\) (qui se charge).

\(I_{\text{ion}}(t)=\dfrac{V_2}{R_{ON}}+C_{out}\,\dfrac{dV_2}{dt}\)loi des nœuds : équation \(\mathrm{d}u\,1^{\text{er}}\) ordre, \(\tau=R_{ON}C_{out}\)

Le second membre est exponentiel : la solution est la somme de deux exponentielles (constantes \(\tau\) et \(\tau_{\text{ion}}\)).

✅ Correction détaillée
  1. Constante de temps du nœud
    \[\begin{aligned}\tau &= R_{ON}\,C_{out}\\ &= 131\times21\cdot10^{-15}\\ &= 2{,}75\ \text{ps}\ \ (<\tau_{\text{ion}} =10\ \text{ps})\end{aligned}\]
  2. Solution de l'équation

    On pose \(u=t-t_i\). On cherche une solution particulière de la forme \(A\,e^{-u/\tau_{\text{ion}}}\), puis on ajoute la solution homogène \(B\,e^{-u/\tau}\). La condition \(V_2(t_i)=0\) (condensateur déchargé) impose \(B=-A\) :

    \[\begin{gathered}V_2(u)=A\left(e^{-u/\tau_{\text{ion}}}-e^{-u/\tau}\right)\\[4pt]\begin{aligned}A&=\frac{Q_{\text{gen}}\,R_{ON}}{\tau_{\text{ion}}-\tau}\\ &=\frac{60\cdot10^{-15}\times131}{7{,}25\cdot10^{-12}}\\ &=1{,}08\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. Maximum

    On annule la dérivée : \(\dfrac{e^{-u/\tau_{\text{ion}}}}{\tau_{\text{ion}}}=\dfrac{e^{-u/\tau}}{\tau}\).

    \[\begin{gathered}u_{\max}=\frac{\ln(\tau/\tau_{\text{ion}})}{1/\tau_{\text{ion}}-1/\tau}=\frac{\ln0{,}275}{0{,}1-0{,}364}=4{,}9\ \text{ps}\\[3pt] \Rightarrow\ t_{\max}=14{,}9\ \text{ps}\end{gathered}\]
    \[\begin{aligned}V_{\max} &= 1{,}08\times\left(e^{-0{,}49}-e^{-1{,}78}\right)\\ &= 1{,}08\times(0{,}613-0{,}169)\approx0{,}48\ \text{V}\end{aligned}\]
  4. Allure et interprétation

    \(V_2\) monte vite (constante \(\tau=2{,}75\ \text{ps}\) : le condensateur se charge) puis redescend lentement en suivant le courant de l'ion (constante \(\tau_{\text{ion}}=10\ \text{ps}\)). Si l'ion frappait le NMOS, l'impulsion aurait la même forme mais serait négative.

  5. Condition de SEU

    Dans une SRAM, deux inverseurs sont rebouclés. Si l'impulsion sur \(V_2\) (nœud à « 0 ») dépasse la marge de bruit statique en maintien, l'autre inverseur bascule et la boucle verrouille le nouvel état : la cellule a changé de valeur.

    \[\text{SEU si}\ \ \text{SNM}_{\text{hold}}<V_{\max}\approx0{,}48\ \text{V}\ \ \text{(impact sur le PMOS bloqué)}\]
Réponses\(\tau=2{,}75\ \text{ps}\) ; \(t_{\max}\approx14{,}9\ \text{ps}\) ; \(V_{\max}\approx0{,}48\ \text{V}\) ; basculement si \(\text{SNM}_{\text{hold}}<0{,}48\ \text{V}\).
Erreur du polyIl annonce \(\tau=27{,}5\ \text{ps}\) et « \(\tau>\tau_{\text{ion}}\) » : \(\tau=RC=131\ \Omega\times21\ \text{fF}=2{,}75\ \text{ps}\), donc \(\tau<\tau_{\text{ion}}\). Ses résultats \(t_{\max}=14{,}9\ \text{ps}\) et \(V_{\max}=0{,}48\ \text{V}\) correspondent bien à \(2{,}75\,\mathrm{ps}\) (avec \(27{,}5\,\mathrm{ps}\) on trouverait \(0{,}16\,\mathrm{V}\)). Plusieurs renvois (« Q1\(-Q_{3}\) », « figure 11.5 » pour la cellule) sont des restes d'une ancienne version.
CultureLes SEU (Single Event Upsets) sont un vrai problème pour l'électronique spatiale, aéronautique et même au sol (neutrons atmosphériques). Parades : mémoires avec codes correcteurs (ECC), cellules durcies à plus de transistors, triplication avec vote majoritaire.
Ex 11.6

Cascode JFET sur BJT

ES11.11
\(V_{CC}=16\ \text{V}\) ; pont \(R_{B1}=82\ \text{k}\Omega\), \(R_{B2}=24\ \text{k}\Omega\) sur la base de Q2 (NPN, \(\beta=180\), \(R_E=1{,}6\ \text{k}\Omega\)) ; grille de Q1 (JFET, \(V_P=-6\ \text{V}\), \(I_{DSS}=12\ \text{mA}\)) reliée à ce même point par \(R_G=1\ \text{M}\Omega\) ; source de Q1 sur le collecteur de Q2, drain relié à \(V_{CC}\) par \(R_D=2{,}7\ \text{k}\Omega\). Calculer \(V_D\) et \(V_C\).
💡 Méthode et raisonnement
  1. Le BJT du bas fixe le courant (polarisation par pont + \(R_E\), Thévenin de la base).
  2. Ce courant traverse aussi le JFET (empilés) : \(I_D=I_C\). D'où \(V_D\).
  3. Le JFET a donc un courant connu : on en déduit \(V_{GS}\). Sa grille est au potentiel de la base (pas de chute dans \(R_G\)), et sa source est le collecteur de Q2 : \(V_C=V_G-V_{GS}\).
✅ Correction détaillée
  1. Courant fixé par le BJT
    \[\begin{gathered}E_{th}=V_{DD}\,\frac{R_2}{R_1+R_2}=16\times\frac{24}{106}=3{,}62\ \text{V}\\[4pt] R_{th}=R_1\parallel R_2=82\ \text{k}\parallel24\ \text{k}=18{,}6\ \text{k}\Omega\end{gathered}\]

    (\(V_{BE}=0{,}7\ \text{V}\), non précisé dans l'énoncé.)

    \[\begin{aligned}I_E &= \frac{E_{th}-V_{BE}}{R_E+\dfrac{R_{th}}{\beta+1}}\\ &= \frac{2{,}92}{1600+103}\\ &= 1{,}72\ \text{mA}\approx I_C =I_D\end{aligned}\]
  2. Potentiels de drain et de grille
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_D&=V_{DD}-R_D\,I_D\\ &=16-2{,}7\ \text{k}\times1{,}72\ \text{mA}\\ &=11{,}4\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt]\begin{aligned}V_B&=V_G\\ &=E_{th}-\frac{R_{th}\,I_E}{\beta+1}\\ &=3{,}62-0{,}18\\ &=3{,}44\ \text{V}\end{aligned}\end{gathered}\]
  3. \(V_{GS}\) du JFET et potentiel du collecteur
    \[\begin{gathered}\begin{aligned}V_{GS}&=V_P\left(1-\sqrt{\frac{I_D}{I_{DSS}}}\right)\\ &=-6\left(1-\sqrt{\frac{1{,}72}{12}}\right)\\ &=-3{,}73\ \text{V}\end{aligned}\\[4pt] V_C=V_S=V_G-V_{GS}=3{,}44+3{,}73=7{,}2\ \text{V}\end{gathered}\]
  4. Vérifications

    JFET : \(V_{DS}=V_D-V_S=11{,}4-7{,}2=4{,}2\ \text{V}>V_{GS}-V_P=2{,}3\ \text{V}\) ⟹ saturé ✓. BJT : \(V_E=R_E\,I_E=1{,}6\ \text{k}\times1{,}72\ \text{mA}=2{,}75\ \text{V}\), \(V_{CE}=V_C-V_E=7{,}2-2{,}75=4{,}4\ \text{V}\) ⟹ actif ✓.

Réponses\(V_D\approx11{,}4\ \text{V}\) ; \(V_C\approx7{,}2\ \text{V}\).
Intérêt du cascodeLe JFET fixe le potentiel du collecteur de Q2 : le BJT ne « voit » pas les variations de la sortie, ce qui supprime l'effet Miller et élargit la bande passante. Coquille du poly : « \(V_{GS}=V_G+V_C\) » doit se lire \(V_G-V_C\).
De l'Atome à la Puce · Corrigés du poly de TD 2026-2027 ← Retour au cours
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